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Le Canada passe au troisième tour

Réunion du Conseil de sécurité sur la situation dans la bande de Gaza, le 6 janvier

Réunion du Conseil de sécurité sur la situation dans la bande de Gaza, le 6 janvier

Photo : AFP / Don Emmert

Radio-Canada
Mis à jour le 

Après l'élection de l'Allemagne au premier tour, le Canada et le Portugal devront subir un troisième tour de vote pour obtenir la majorité nécessaire pour décrocher un siège au Conseil de sécurité des Nations unies.

Les 192 États membres de l'Organisation des Nations unies (ONU) ont élu l'Allemagne au premier tour du vote pour l'attribution des sièges non permanents au Conseil de sécurité.

La lutte pour le deuxième siège se tient maintenant entre le Canada et le Portugal qui doivent maintenant affronter un troisième tour de vote. C'est que ni le Canada, ni le Portugal n'a réuni la majorité de votes requise pour remporter le siège vacant. Lors du deuxième tour, le Portugal en a remporté 113 contre 78 pour le Canada.

Les deux sièges mis au vote aujourd'hui étaient auparavant détenus par l'Autriche et la Turquie.

Les trois autres sièges non permanents à remplacer ont déjà trouvé preneurs, dans le cadre de pré-arrangements parmi les pays concernés. Ainsi, l'Inde prendra la place du Japon pour la région de l'Asie, la Colombie prendra celle du Mexique pour l'Amérique latine et l'Afrique du Sud occupera le poste que détenait jusqu'ici l'Ouganda pour l'Afrique.

Les règles du jeu

Le Conseil de sécurité se compose de 15 membres : 10 non-permanents et cinq permanents. Les pays permanents sont la France, la Russie, la Grande-Bretagne, la Chine et les États-Unis.

Cinq des dix sièges non permanents du Conseil de sécurité sont en jeu. Les 192 membres de l'ONU ont droit à deux votes. Il faut 128 votes ou les deux tiers des votants pour obtenir un poste.

L'Allemagne a remporté son siège de justesse en récoltant 128 votes. Le Portugal s'est classé au deuxième rang avec 122 votes, alors que le Canada n'en a récolté que 114.

Des conditions moins enviables pour le Canada

Depuis 1948, le Canada a toujours siégé pendant deux ans au Conseil de sécurité à chacune de ses soumissions.

Le Canada ne possède toutefois plus la reconnaissance internationale pour ses engagements humanitaires qu'il a déjà eue par le passé.

Le manque de visibilité de la politique étrangère canadienne ne plaide pas en faveur du Canada, soutient dans une lettre ouverte Jocelyn Coulon, directeur du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix (ROP), affilié au Cérium.

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Le navire Healy brise la glace pour le Louis S. St-Laurent qui le suit dans l'océan Arctique (août 2009).

Photo : La Presse canadienne / Patrick Kelley

La dernière fois que le Canada a siégé du côté des non-permanents remonte à 1998 pour une période de deux ans. Le ministre fédéral des Affaires étrangères de l'époque, Lloyd Axworthy, parcourait alors le globe pour faire valoir sa politique de sécurité humaine, a rappelé Jocelyn Coulon.

M. Axworty avait de plus participé à un traité d'interdiction de mines antipersonnel et à un traité créant la Cour pénale internationale.

La position controversée adoptée par le Canada à Copenhague sur la lutte contre les changements climatiques en 2009 n'est pas étrangère non plus à la réserve que certains pays de l'ONU pourraient entretenir lors du vote.

Des États membres de l'ONU n'ont pas aimé non plus l'appui sans concession du Canada à Israël en 2006 lors de son attaque du Liban, ni la politique d'alignement avec les États-Unis.

Selon le politologue Jonathan Paquin, professeur au Département de science politique de l'Université Laval, Stephen Harper profiterait d'un siège à l'ONU pour faire avancer les intérêts du pays en ce qui concerne l'Arctique et l'Afghanistan.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, est à New York pour trois jours pour soutenir la candidature de l'Allemagne.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, est à New Nork pour trois jours pour soutenir la candidature de l'Allemagne.

Photo : Getty Images / Brendan Hoffman

L'Allemagne et le Portugal confiants

L'Allemagne de son côté croyait fermement à ses chances de l'emporter. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a même fait le voyage jusqu'à New York pour trois jours pour soutenir la candidature de son pays.

L'ambassadeur allemand à l'ONU souhaite ce siège pour « poursuivre une politique active de paix », a-t-il déclaré à l'AFP. « Nous avons l'expérience et les ressources pour cela, a précisé Peter Wittig. Le Canada et le Portugal sont de très bons candidats et ce sont des alliés et des amis. Le vote étant à bulletins secrets, rien n'est joué d'avance. Mais nous sommes convaincus que nous avons de très bonnes chances. »

Le Canada se veut aussi confiant. « Nous menons une campagne très active depuis plusieurs années et plus encore depuis récemment. Nous avons beaucoup de réponses positives qui nous permettent d'être confiants. Mais tout n'est pas joué et ce n'est pas acquis d'avance », affirme Safia Morsly-Sikai, porte-parole de la mission du Canada à l'ONU.

Le Portugal précise que le travail effectué depuis des années devrait porter fruit. « Bien entendu, nous avons de gros espoirs, a expliqué à l'AFP le responsable de la presse à la mission du Portugal, Manuel Pereira. Nous menons campagne pour notre candidature depuis 2000. Nous espérons bien être élus. »

Les pays élus mardi entreront en fonction le 1er janvier 2011.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Au fil des événements

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