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La FFQ défend sa vidéo sur « la chair à canon »

Un cliché tiré d'une vidéo de la Fédération des femmes du Québec qualifiée d'offensante par la mère d'un soldat mort en Afghanistan.

Un cliché tiré d'une vidéo de la Fédération des femmes du Québec qualifiée d'offensante par la mère d'un soldat mort en Afghanistan.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Fédération des femmes du Québec refuse de retirer une vidéo jugée offensante par la mère d'un militaire mort en Afghanistan.

La Fédération des femmes du Québec (FFQ) a rejeté la demande de la mère d'un militaire mort en Afghanistan, qui exigeait de retirer une vidéo jugée offensante sur le site YouTube.

La vidéo pour la Marche Mondiale des Femmes (du 12 au 17 octobre) met en scène une mère qui prépare le sac de sa fille soldate. « Avoir su qu'en donnant la vie j'allais fournir de la chair à canon, je n'aurais peut-être pas eu d'enfant », déclare-t-elle.

L'animation se termine avec un message : « Nous exigeons que cesse le recrutement militaire dans les établissements scolaires et que le Canada retire immédiatement ses troupes de l'Afghanistan. »

Céline Lizotte, dont le fils, le caporal Jonathan Couturier, est tombé au combat en septembre 2009, s'indigne de l'expression « chair à canon » employée dans la vidéo. « Ces gens devraient savoir comment les militaires sont perçus au Québec. Pas comme de la chair à canon, mais comme des héros. Et moi, je n'ai pas enterré un héros, mais un enfant. Si avec cette capsule, [la FFQ] essayait d'avoir les mères de soldat de leur côté, elle a manqué son coup. »

« C'est un grand manque de respect. Ils n'ont pas le droit de prendre l'image d'une mère de famille et de présumer ce qu'on pense. Je n'ai pas l'impression d'avoir mis au monde de la chair à canon. Je le prends comme une attaque personnelle », a déclaré la mère de Jonathan Couturier.

Le soldat Jonathan Couturier
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Le soldat Jonathan Couturier

Photo : La Presse canadienne / Ministère de la Défense nationale

Une « réflexion sur la guerre »

La présidente de la FFQ, Alexa Conradi, a défendu la démarche de son organisation et répété qu'elle n'avait pas l'intention de retirer la vidéo controversée. « Dans la capsule, on a voulu donner la parole à une femme qui vit une peine, une colère immense. L'idée, ce n'est pas de parler au nom de toutes les femmes, mais de mettre en lumière une incompréhension que les femmes peuvent vivre dans une situation », a-t-elle répondu.

« Nous voulions amener une réflexion sur la guerre elle-même. On voulait mettre en lumière des débats de société et se donner un espace où on peut discuter de choses difficiles qui peuvent provoquer des réactions et des débats. S'il y a des femmes qui ne sont pas d'accord avec nous, on souhaite que ça se fasse dans l'espace public », a ajouté Mme Conradi.

Lire la chronique Sur le web de Vincent Grou

Françoise David, de Québec solidaire, a été présidente de la FFQ de 1994 à 2001. Elle n'a pas voulu commenter la démarche de la Fédération, mais a accepté de livrer ses impressions sur la vidéo. « C'est un message qui m'a touchée. Je comprends les propos de la mère [comédienne], je peux penser ce qui est exprimé dans la capsule, mais une mère de militaire pourrait me contredire. Je pense que ce sont deux sentiments qui peuvent s'exprimer. Je ne blâme pas et ne délégitime pas le sentiment d'une autre femme. »

L'indignation de Mme Lizotte l'a poussée à lancer un groupe Facebook, intitulé Les militaires ne sont pas de la chair à canon, auquel une cinquantaine de membres sont déjà inscrits. « J'ai parlé avec bien des mères de militaires et elles partagent mon opinion », a-t-elle affirmé.

Avec les informations de La Presse canadienne

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