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La boue toxique atteint le Danube

Une écume blanche à la surface de la rivière Raab, un affluent du Danube

Une écume blanche à la surface de la rivière Raba, un affluent du Danube

Photo : AFP / Attila Kisbenedek

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La marée causée par un accident industriel atteint le deuxième fleuve d'Europe, tandis que l'écosystème d'une petite rivière à proximité de l'usine est anéanti.

La marée de boue toxique causée par un accident industriel, lundi, a atteint le Danube, deuxième fleuve d'Europe après la Volga.

Les dernières mesures effectuées par les Services des eaux révèlent que le taux alcalin au confluent de la rivière Raab avec le Danube a augmenté à 9,4, alors que la normale se situe entre 6 et 8. S'il reste au-dessous de 10, estiment les experts, la catastrophe écologique pourrait épargner le Danube.

Quant à la rivière Marcal, située à proximité de l'usine où s'est produit l'accident, tout son écosystème a été détruit. « Le taux alcalin très élevé a tout tué », a déclaré le chef régional des services anticatastrophes à l'agence de presse nationale MTI. Tibor Dobson a ajouté que « la Marcal a reçu sa ''peine de mort'' quand la boue rouge y a déferlé par le ruisseau Torna ».

Le Danube traverse la Croatie, la Serbie, la Roumanie, la Bulgarie, l'Ukraine et la Moldavie avant de se jeter dans la mer Noire. S'il est pollué par la marée de boue, cela pourrait avoir des conséquences écologiques étendues.

Le porte-parole de l'Union européenne, qui craint que la boue toxique ne provoque une catastrophe écologique dans d'autres pays d'Europe, a indiqué que les membres de l'union étaient prêts à aider la Hongrie à contenir la catastrophe.

Les autorités hongroises tentent toujours de circonscrire l'inondation

« Les travaux d'assainissement se poursuivent avec 500 personnes aujourd'hui, nous nettoyons les rues et les maisons avec des jets d'eau à haute pression sous la direction du Service de santé national », a expliqué la porte-parole des services anticatastrophes, Timea Petroczi. Le nettoyage des rivières est également toujours en cours. Mardi, les autorités ont déversé des tonnes de plâtre dans le fleuve Marcal afin de réduire la toxicité de la boue.

Le réservoir d'où la boue s'est déversée ne fuit désormais plus. Un triple mur de protection est tout de même en cours de construction autour de la section endommagée du réservoir.

« Le dernier bilan est de quatre morts, trois personnes disparues, 123 blessés, dont 61 hospitalisées, surtout pour des brûlures causées par la boue toxique. »

— Une citation de  Timea Petroczi, porte-parole des services anticatastrophes

« Pire catastrophe écologique » en Hongrie

L'accident industriel est survenu lundi, après la rupture d'une digue entourant un bassin de rétention d'eaux usées appartenant à la société MAL, une usine d'aluminium à Ajka, à environ 165 kilomètres à l'ouest de Budapest.

Au total, environ 1,1 million de mètres cubes de boue se sont répandus dans sept villages des environs. Les dommages sont évalués à plus de 5 millions d'euros.

L'accident, qualifié de pire catastrophe écologique en Hongrie par le secrétaire d'État à l'Environnement, Zoltan Illès, menace sérieusement la faune et la flore autour du Danube.

« C'est difficile de trouver les mots. Si cela s'était produit en pleine nuit, il n'y aurait pas un seul survivant », a déclaré le premier ministre hongrois, Viktor Orban. Il a réaffirmé que le drame était probablement dû à une erreur humaine, et jugé inutile de déblayer les ruines de la partie ravagée du village de Kolontar, la vie y étant désormais impossible.

L'origine exacte de l'accident reste encore à déterminer. La société MAL dit avoir respecté toutes les règles de sécurité et évoque un problème technique, mais le secrétaire Illès croit que l'usine pourrait avoir entreposé trop de boue rouge dans son réservoir.

Une enquête de la police fédérale hongroise pour déterminer l'origine de la catastrophe est en cours.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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