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Un lien entre pollution automobile et cancer du sein?

Automobiles
Photo: iStockphoto, Archives

Les femmes qui habitent dans des zones urbaines où la circulation routière est très intense courent deux fois plus de risques de recevoir un diagnostic de cancer du sein, montre une étude québécoise.

La mauvaise qualité de l'air a déjà été associée à des problèmes de santé, comme l'asthme et les problèmes cardiaques.

Une étude menée conjointement par des chercheurs des universités McGill et de Montréal montre que les femmes qui habitent dans des zones urbaines où la circulation routière est très intense courent deux fois plus de risques de recevoir un diagnostic de cancer du sein.

Le dioxyde d'azote, gaz produit par les véhicules, pourrait être en cause dans l'augmentation du risque de développer ce cancer, qui est la deuxième principale cause de décès lié au cancer chez la femme.

Nous constatons, depuis quelque temps, que les taux de cancer du sein augmentent. Personne ne sait véritablement pourquoi, et seulement un tiers des cas sont associés à des facteurs de risque connus.

Dr Mark Goldberg, CUSM

Des cartes détaillées de la pollution de l'air dans diverses parties de la ville de Montréal, en 1996 et 10 ans plus tôt, ont été utilisées pour étudier le lien entre la pollution atmosphérique et le cancer du sein.

Les chercheurs ont ensuite jumelé ces cartes à l'emplacement du domicile des femmes ayant reçu un diagnostic de cancer du sein et ayant participé à une étude menée en 1996-1997.

Les résultats sont clairs : l'incidence de cancer du sein était nettement supérieure dans les zones où la pollution atmosphérique était plus élevée.

La Société canadienne du cancer estime à 23 200 le nombre de femmes qui recevront un diagnostic de cancer du sein en 2010 et à 5 300 le nombre de celles qui en mourront.

Nous avons découvert un lien entre le cancer du sein après la ménopause et l'exposition au dioxyde d'azote (NO2), qui est un marqueur de la pollution de l'air liée à la circulation routière.

Dr Mark Goldberg

Précautions

Le Dr Goldberg appelle à la prudence. Selon lui, ces données doivent être interprétées avec beaucoup de précautions, puisqu'elles ne signifient pas que le NO2 cause le cancer du sein.

En fait, ce gaz n'est pas le seul polluant que génèrent les automobiles et les camions. Le dioxyde d'azote n'est qu'un marqueur et non l'agent cancérigène en tant que tel, note-t-il. Le NO2 est également associé à d'autres gaz, particules et composés reliés à la circulation automobile, dont certains sont connus comme étant cancérigènes.

D'autres détails peuvent aussi influer sur les résultats, qui ne sont pas à l'abri d'erreurs.

Par exemple, nous ne savons pas dans quelle mesure les femmes qui ont participé à l'étude ont été exposées à la pollution à leur domicile ou au travail; dépendant de la nature de leurs activités quotidiennes, du temps consacré à l'extérieur et ainsi de suite.

Dr Mark Goldberg

Ce n'est pas la première étude qui tend à montrer un lien entre le cancer et la pollution atmosphérique, mais les chercheurs ne peuvent toujours pas établir avec certitude que la pollution atmosphérique conduit à l'apparition du cancer du sein.

Les chercheurs veulent toutefois examiner plus en détail ce lien éventuel puisqu'il aurait des retombés importantes sur la santé publique. Si ce lien est confirmé, les autorités devront certainement adopter des mesures pour réduire la pollution atmosphérique liée à la circulation routière dans les zones résidentielles.

Ces travaux publiés dans la revue Environmental Health Perspectives ont été menés conjointement par des chercheurs de l'Institut de recherche du CUSM, de l'Université McGill et de l'Université de Montréal. Ils ont été financés par la Société canadienne du cancer et par les Instituts de recherche en santé du Canada.