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Des centaines d'illégaux expulsés dans des conditions inquiétantes

Une tente dans laquelle vivaient des immigrants au Maroc

Une tente dans laquelle vivaient des immigrants au Maroc

Photo : MSF

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des semaines de rafles dans plusieurs villes marocaines ont mené à l'expulsion de centaines d'immigrants illégaux vers la frontière algérienne. Médecins sans frontières s'inquiète de leurs conditions de vie.

Le Maroc a expulsé de 600 à 700 immigrants illégaux sahraouis vers une zone isolée à la frontière du Maroc et de l'Algérie, selon l'organisme humanitaire Médecins sans frontières (MSF). L'organisme s'inquiète du sort de ce groupe de migrants, qui comprenait des femmes et des enfants, expulsés en pleine nuit dans une zone isolée, sans eau ni nourriture.

Les forces policières marocaines ont organisé des rafles dans plusieurs villes, dont Oujda, Al-Hoceima, Nador, Tanger et Rabat, pour déporter les clandestins. Effectuées du 19 août au 10 septembre, ces rafles ont visé des campements de clandestins qui ont été détruits parfois à l'aide de bulldozers. « Le durcissement des mesures restrictives dans le cadre du contrôle migratoire au Maroc a un impact direct sur la santé et la dignité des migrants et des réfugiés », explique le chef de mission de MSF au Maroc, Jorge Martin.

MSF a soigné 186 immigrants, dont 103 pour des blessures liées à leur arrestation. « Notre équipe a été témoin des conséquences directes de ces rafles et expulsions en masse sur l'état de santé physique et mentale des migrants, a déclaré Jorge Martin. Nous avons fourni une assistance médicale à une femme qui avait accouché six jours plus tôt. Elle avait été arrêtée par la police et dû passer cinq jours dans une cellule avec son nouveau-né. Elle a ensuite été reconduite à la frontière. Elle a réussi à revenir à Oujda, mais souffre maintenant de troubles gastro-intestinaux sévères. »

Plusieurs clandestins africains transitent par le Maroc dans le but d'atteindre l'Europe.

Dans la région, les Sahraouis se retrouvent coincés au milieu du conflit entourant leur territoire. Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est toujours sans statut juridique. Les Espagnols ont quitté le territoire en 1976 laissant un vide politique. Le Maroc administre le territoire où une faction, Polisario - soutenue par l'Algérie - réclame l'indépendance du Sahara occidental. Polisario demande à l'ONU d'organiser un référendum, sous la protection de la mission des Nations unies (MINURSO), visant à doter le territoire d'un statut officiel.

Les trois options d'un éventuel référendum seraient :

  • le rattachement au Maroc;
  • l'indépendance;
  • l'autonomie sous souveraineté marocaine.

Le Maroc, qui préconise un plan d'autonomie pour le Sahara occidental, refuse toutefois d'envisager l'idée d'indépendance.

Quant à MSF, l'organisme vient en aide aux migrants subsahariens au Maroc depuis 2000. Il met en place des programmes d'assistance médicale et humanitaire à Tanger, Casablanca, Rabat et Oujda.

Avec les informations de Associated Press, et Agence France-Presse

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