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L'ONU évoque un « génocide » en RDC

Un enfant dans un camp de réfugiés en RDC

Un enfant dans un camp de réfugiés en RDC (archives)

Photo : AFP / Roberto SCHMIDT

Radio-Canada

Dans un rapport sur les exactions commises en RDC entre 1993 et 2003, l'ONU évoque le terme « génocide » pour qualifier l'ampleur des massacres commis contre les réfugiés hutus et la population du pays.

L'Organisation des Nations unies a publié vendredi un rapport accablant sur les exactions commises contre les populations civiles et les réfugiés en République démocratique du Congo (RDC) entre 1993 et 2003.

Selon le constat de l'ONU, les troupes de plusieurs pays africains, notamment du Rwanda et de l'Ouganda, sont responsables des massacres commis en RDC.

Les auteurs du rapport vont plus loin encore. Selon eux, les crimes commis en RDC contre la population hutue sont si graves qu'ils pourraient être qualifiés de « génocide ».

« Les attaques apparemment systématiques et généralisées (...), ayant ciblé de très nombreux réfugiés hutus rwandais ainsi que des membres de la population civile hutue et causé leur mort, révèlent plusieurs éléments accablants qui, s'ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de crime de génocide », écrit l'ONU dans son rapport de 550 pages.

Pas moins de 21 groupes armés et des troupes d'au moins huit pays auraient été impliqués dans ces massacres à un moment ou à un autre au cours de ces dix années.

Le document fondé sur le travail de 33 équipes d'experts qui ont enquêté pendant un an en RDC fait état de crimes de masses graves et de la découverte d'au moins trois grands charniers dans l'est de la RDC. En tout, 617 crimes graves, qui ont fait plusieurs dizaines de milliers de morts dans l'ex-Zaïre y, sont répertoriés.

Les principales victimes des ces exactions sont d'abord les réfugiés hutus qui ont fui le Rwanda après l'arrivée au pourvoir du Front patriotique rwandais (FPR) à la suite des massacres entre Hutus et Tutsis qui ont fait 800 000 morts au Rwanda en 1994, selon les estimations de l'ONU.

« La violence en RDC était accompagnée par une apparente utilisation systématique du viol et des agressions sexuelles par toutes les forces combattantes », ajoutent les auteurs du rapport.

Selon leurs estimations, pas moins de 30 000 enfants soldats ont aussi été recrutés ou utilisés par des groupes armés pendant cette décennie de conflit en RDC. Beaucoup d'entre eux auraient connu le viol, des traitements dégradants, des privations, le travail forcé et le meurtre, déplore l'ONU.

Vives réactions des gouvernements impliqués

Au siège de l'ONU, à New York, l'ambassadeur de la RDC a réagi au dépôt du document en réclamant « justice » au nom de son pays. Les pays montrés du doigt par les auteurs du document ont pour leur part catégoriquement rejeté le rapport.

Désigné comme l'un des principaux responsables des massacres en RDC, le gouvernement rwandais de Paul Kagame a accusé l'ONU de « vouloir réécrire l'histoire et de répartir de façon inappropriée la responsabilité du génocide rwandais ». Selon Kigali, l'ONU tente de valider par ce rapport une théorie qui tente de mettre sur un pied d'égalité les massacres de réfugiés hutus rwandais dans l'ex-Zaïre et le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994.

L'Ouganda, de son côté, a qualifié le document de l'ONU de « condensé de rumeurs, profondément erroné dans sa méthodologie, ses sources et son niveau de preuve ». Kampala évoque même la possibilité de se retirer des opérations de maintien de la paix de l'Union africaine en Somalie en guise de représailles.

Les gouvernements de l'Angola et du Burundi ont aussi rejeté les conclusions du rapport et nié toute implication militaire en RDC.

Avec les informations de Agence France-Presse

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