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Le site de la mosquée Babri sera divisé

Des milliers de militaires et de policiers ont été mobilisés dans plusieurs grandes villes du pays en prévision de l'annonce du verdict de la Cour.

Des milliers de militaires et de policiers ont été mobilisés dans plusieurs grandes villes du pays en prévision de l'annonce du verdict de la Cour.

Photo : AFP / Punit Paranjpe

Radio-Canada

La Haute Cour de l'État de l'Uttar Pradesh a décidé de diviser en trois le site de la mosquée Babri, lieu de sanglantes disputes religieuses entre hindous et musulmans.

La Haute Cour de l'État de l'Uttar Pradesh a décidé jeudi que le complexe religieux de la ville d'Ayodhya serait divisé en trois parties, l'une pour les musulmans, l'autre pour un temple hindou et la dernière partie pour une organisation hindoue.

Ce site sacré, qui abrite les ruines d'une mosquée construite au 16e siècle, est l'objet d'une âpre dispute entre les musulmans et les hindous dans le nord de l'Inde.

Dans les minutes qui ont suivi le verdict, une organisation hindoue a annoncé qu'elle entendait porter le jugement en appel.

« La Cour a respecté la croyance hindoue, mais nous porterons l'affaire devant la Cour suprême, car le combat n'est pas fini », a déclaré Nritya Gopaldas Maharaj, président de l'Hindu Ram Janam Bhoomi.

L'avocat d'une organisation musulmane, le Comité d'action pour la mosquée Babri, a aussi déclaré qu'il ferait appel de la décision.

Une dispute historique

Selon les nationalistes hindous, la mosquée Babri, construite en 1528 par l'empereur moghol Babar, serait située sur les lieux de la naissance du dieu Rama, principale figure mythologique de leur religion.

En 1859, les Britanniques avaient divisé le site pour permettre aux deux communautés d'y avoir leur lieu de culte. Mais les tensions sont demeurées. Le site a été l'objet de multiples accrochages et violences religieuses au cours de l'histoire du pays.

La situation s'est gravement détériorée en 1992, lorsque des extrémistes hindous ont incendié la mosquée Babri. Plus de 2000 personnes avaient trouvé la mort au cours des violences qui ont suivi.

Plus de 2000 autres personnes ont été tuées en 2002 à la suite d'une seconde flambée de violence déclenchée cette fois par la mort de 59 pèlerins hindous qui rentraient d'Ayodhya. Les pèlerins avaient péri lors d'un incendie à bord d'un train attribué à des extrémistes musulmans. Une enquête avait conclu en 2005 que l'incendie était accidentel.

Craignant que le verdict du tribunal ne déclenche de nouvelles émeutes sanglantes, le gouvernement indien a dépêché plusieurs dizaines de milliers de policiers et de soldats dans la région d'Ayodhya.

Toute la journée, des personnalités du monde politique, économique et culturel ont multiplié les appels au calme dans la région et plaidé pour une « Inde unie dans la diversité ». Parmi ces voix se trouvaient entre autres celles de l'écrivain Salman Rushdie, de Sonia Gandhi, du président du groupe automobile Bajaj, Rahul Bajaj, ainsi que de l'acteur mythique Amitabh Bachchan.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters