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Quatre pays veulent partager leurs renseignements

Des soldats conduisent au tribunal deux personnes soupçonnées d'être liées à Al-Qaïda en Mauritanie. (archives)

Des soldats conduisent au tribunal deux personnes soupçonnées d'être liées à Al-Qaïda en Mauritanie. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Ahmed Mohamed

Radio-Canada

Les patrons des renseignements d'Algérie, de Mauritanie, du Niger et du Mali veulent élaborer un centre commun de renseignement. Ils se sont rencontrés à Alger en vue de discuter de la lutte contre l'augmentation des actes terroristes dans la région du Sahara-Sahel.

Les patrons des services de renseignement d'Algérie, de Mauritanie, du Niger et du Mali étaient réunis à Alger mercredi pour élaborer un centre commun de renseignement. Ils se sont rencontrés dans la plus grande discrétion en vue de discuter de la lutte contre l'augmentation des actes terroristes dans la région du Sahara-Sahel.

« Il est nécessaire de coordonner nos actions », a déclaré à l'Agence France-Presse un membre d'une délégation participant à la rencontre, dont l'identité n'a pas été révélée.

Il a ajouté que, compte tenu de l'immensité du Sahel, d'autres pays comme le Tchad, la Libye et le Maroc « doivent intégrer le club. Nous allons faire la proposition [...], mais l'Algérie a fortement insisté sur le fait que les problèmes de la zone doivent concerner essentiellement les pays de la zone. »

L'Algérie entretient notamment des relations tendues avec le Maroc à cause du problème du Sahara occidental, un enjeu de rivalité entre les deux pays.

Selon le participant à la réunion, le centre conjoint de renseignement serait basé à Alger. L'Algérie, qui a vécu une décennie sanglante durant les années 90 en raison de l'insurrection islamiste, dit avoir développé une bonne expertise en matière de lutte antiterroriste.

La Mauritanie souhaite une accélération de l'action conjointe des quatre pays sur le terrain, soulignant qu'elle avait mené, seule, une offensive militaire dans le nord du Mali pour y combattre des unités d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), du 17 au 19 septembre.

Les renseignements mauritaniens « ont une longue expérience et disposent d'une très grande documentation sur AQMI », a rapporté une source anonyme mauritanienne. Ils pourraient apporter une contribution appréciable à l'action de lutte contre le terrorisme « s'il se dégage de cette rencontre une volonté réelle de jouer franc jeu et d'accélérer la lutte », a-t-elle ajouté.

Le quotidien algérien Liberté a écrit mercredi que l'influence « des pays occidentaux, soucieux uniquement de leurs propres intérêts », pourrait être un obstacle aux efforts des quatre pays. Le journal reproche aussi à l'Occident de ne pas partager ses renseignements obtenus par des moyens technologiques sophistiqués, tel que les photos satellitaires, avec la sous-région.

La réunion sécuritaire se tient trois jours après celle des chefs militaires des quatre pays à Tamanrasset (au sud de l'Algérie), et une dizaine de jours après un nouveau rapt d'étrangers. Au Niger, cinq Français, un Malgache et un Togolais ont été enlevés. L'incident a été revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique.

Avec les informations de Agence France-Presse