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Exclusif

Le silence des frères de Sainte-Croix

Des pancartes dénonçant les pédophiles devant le Collège Notre-Dame

Des pancartes dénonçant les pédophiles devant le Collège Notre-Dame

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un reportage de l'émission Enquête révèle que plusieurs cas d'agressions sexuelles commises par des prêtres sur des élèves du Collège Notre-Dame dans les années 60 et 70 ont, à l'époque, été portés à l'attention de la Congrégation des frères de Sainte-Croix. Mais les agresseurs n'ont jamais été punis.

En mars 2009, Robert Cornellier a déposé une demande en recours collectif contre la Congrégation des frères de Sainte-Croix, qui aurait fermé les yeux sur une série d'agressions sexuelles commises par ses membres sur des élèves du Collège Notre-Dame au cours des années 60 et 70. Parmi eux, son propre frère, René Cornellier, décédé en 1997.

« Je sais très bien que ce n'est pas tous les religieux qui sont responsables de ça, que c'est une minorité. Mais ils le savaient. Ils savaient qui dans leur groupe commettaient ces gestes-là et ces abus-là. Ils les ont protégés en gardant le silence », affirme René Cornellier.

Un document interne des Sainte-Croix démontre que les frères savaient exactement ce qui se passait au Collège Notre-Dame et dans d'autres institutions qu'ils dirigeaient.

L'auteur du document, dont nous devons taire l'identité, identifie une douzaine d'agresseurs et il commente leur cas.

Parmi eux, il y a le frère François Héroux, « qui a dû quitter le Collège Saint-Césaire au beau milieu de la nuit [...] après avoir été surpris en train d'agresser un enfant », dit l'auteur du document.

Au sujet du frère Yvan Sarrazin, il écrit : « Le pire délinquant que j'ai vu [...], il agressait des personnes handicapées dont il avait la charge et donnait aux démunis de la nourriture [...] et des médailles du frère André en échange de faveurs sexuelles. »

Selon Wilson Kennedy, un ancien frère de Sainte-Croix qui a quitté la communauté religieuse en 2007, les responsables de la Communauté ont toujours fermé les yeux sur ces gestes et aucun des agresseurs n'a été puni.

L'auteur du document critique également une décision des frères de Sainte-Croix qui, en 1993, ont utilisé 250 000 $ provenant des fonds du Collège Notre-Dame pour dédommager une victime d'agression sexuelle.

« Si le scandale avait éclaté au grand jour, le Collège aurait perdu son financement public, il aurait probablement été obligé de fermer ses portes et la réputation des Sainte-Croix aurait été ternie à jamais », peut-on lire dans le document.

Pour Wilson Kennedy rien n'est plus important pour une communauté religieuse que de protéger sa réputation.

La Communauté des frères de Sainte-Croix a refusé d'accorder une entrevue à l'équipe de l'émission Enquête.

Dans un bref communiqué, elle dit « condamner vigoureusement toute forme d'inconduite par des personnes en autorité à l'endroit de mineurs ».

Elle ajoute que ses membres ont « toujours pris leurs responsabilités et collaboré pleinement avec les autorités lorsque des situations d'inconduite ont été portées à leur connaissance. »

L'émission Enquête présentera un reportage complet à ce sujet à 20 h jeudi soir.

D'après un reportage de Normand Grondin

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