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Une tâche ardue attend les conservateurs

Le premier ministre élu David Alward

Le premier ministre élu David Alward est conscient de l'ampleur de la tâche qui l'attend.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Au lendemain de leur victoire, les conservateurs de David Alward sont conscients que les attentes de la population sont élevées. De son côté, le premier ministre sortant Shawn Graham prend l'entière responsabilité de la défaite des libéraux.

Au lendemain de leur victoire, les conservateurs de David Alward sont conscients que les attentes de la population sont élevées. De son côté, le premier ministre sortant Shawn Graham prend l'entière responsabilité de la défaite des libéraux et souligne que gouverner en temps de récession n'était pas chose facile.

Il faut rappeler qu'une grande vague bleue a déferlé lundi soir sur le Nouveau-Brunswick, décimant les libéraux du gouvernement sortant de Shawn Graham. Le nouveau premier ministre, David Alward, a fait élire 42 députés contre 13 seulement pour les libéraux.

Les conservateurs ont recueilli 49 % des votes et remporté des sièges dans toutes les régions du Nouveau-Brunswick. Ils ont maintenant le double du nombre de sièges qu'ils avaient lors de la dissolution du précédent gouvernement, c'est-à-dire 42 sièges contre 21 à la dissolution.

Les défis qui attendent les conservateurs

Après cette victoire écrasante, de grands défis attendent les conservateurs. En effet, les attentes de la population envers eux seront grandes, car ils ont promis d'éliminer la dette de plus de 8 milliards de dollars et le déficit de 750 millions de dollars en quatre ans. Ils ont d'autant plus promis de le faire sans hausser les impôts et sans réduire radicalement les dépenses. Ils ont aussi promis de geler pour trois ans les tarifs d'électricité.

David Alward a également promis de réduire le prochain cabinet à 15 ministres. Avec 42 élus conservateurs, il aura l'embarras du choix pour choisir ses ministres.

Je suis tellement fier d'avoir conduit notre équipe à la victoire et je m'engage, ce soir, à mettre le Nouveau-Brunswick d'abord pour le changement.

David Alward, premier ministre du Nouveau-Brunswick

Le chef conservateur dit vouloir suivre l'exemple de Richard Hatfield, l'ancien premier ministre conservateur qui a mis en vigueur la loi reconnaissant le français et l'anglais comme les langues officielles du Nouveau-Brunswick.

Il y a dix députés conservateurs francophones et selon deux anciens ministres sous Bernard Lord réélus lundi soir, les intérêts des francophones seront bien représentés par le gouvernement de David Alward.

Il faut cependant rappeler que le gouvernement libéral avait éliminé l'unique régie de santé francophone de la province, et ce, même s'il y avait 10 ministres francophones dans le cabinet de Shawn Graham.

Le président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick, Jean-Marie Nadeau, affirme qu'il n'est pas mauvais de changer d'interlocuteur. Il croit que les choses iront bien avec le nouveau gouvernement.

Jean-Marie Nadeau souligne que David Alward a rapidement appris le français et qu'il s'est engagé, par écrit, à garder une régie de santé francophone. Il affirme qu'il faudra tout de même que les organismes acadiens restent vigilants.

Shawn GrahamAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Shawn Graham, lors de son discours après sa défaite

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

La source de la grogne envers les libéraux

Le mécontentement des électeurs par rapport aux erreurs du gouvernement libéral prend sa source notamment dans la vente avortée d'Énergie NB à Hydro-Québec, dans la réforme de l'immersion en français et dans la réforme du système de santé.

Pour les libéraux, cette défaite est historique, car c'est la première fois qu'un gouvernement sortant du Nouveau-Brunswick n'est pas réélu pour un second mandat.

Le chef libéral Shawn Graham prend l'entière responsabilité de cette défaite et avoue avoir fait des erreurs. Il a déjà annoncé qu'il ne restera pas comme chef du parti. En revanche, il rappelle qu'il a eu un mandat difficile.

Gouverner pendant une récession, c'est toujours difficile. Notre gouvernement a pris des décisions qui n'ont pas été populaires, mais des décisions nécessaires pour faire avancer la province.

Shawn Graham, chef du Parti libéral

Le NPD déçu

Quant au Nouveau Parti démocratique (NPD) et au Parti vert, ils n'ont pas été en mesure de profiter de la grogne populaire.

Le NPD espérait au moins faire élire son nouveau chef, Roger Duguay, dans la circonscription de Tracadie-Sheila, mais les électeurs en ont décidé autrement.

Les petits partis ont toujours la vie dure dans la province, dit M. Duguay. « Il va falloir continuer et mettre les bouchées doubles, d'où l'importance de bâtir ce parti. Je continue de croire qu'il y a une place pour le NPD. »

Les conservateurs savourent leur victoire, mais le réveil risque d'être brutal, ajoute le chef du NPD.

Tous les économistes disent que si on veut équilibrer le budget dans les quatre prochaines années, il faudra probablement augmenter les impôts, les taxes et couper dans certains services.

Roger Duguay, chef du NPD

Roger Duguay affirme que les conservateurs auront fort à faire avec la dette de 8 milliards de dollars qui leur imposera des choix déchirants.

Présentation du nouveau cabinet le 12 octobre

Le premier ministre désigné dit vouloir présenter son cabinet réduit de 15 membres le 12 octobre.

Assemblée législative du Nouveau-BrunswickAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'édifice de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick (archives)

Une dizaine de députés conservateurs élus étaient ministres dans le gouvernement de Bernard Lord. Cependant, ils n'auront pas un laissez-passer automatique au cabinet Alward. Les anciens ministres amènent beaucoup d'expérience, mais les nouveaux venus aussi, souligne le chef des conservateurs.

David Alward veut rencontrer d'ici 48 h le premier ministre sortant Shawn Graham, le greffier du conseil exécutif et le vérificateur général, afin de discuter de la transition, mais aussi des finances de l'État.

D'ici le 15 octobre, le nouveau gouvernement veut créer une commission sur l'énergie afin de développer une politique énergétique pour les 10 prochaines années.

À ce sujet, David Alward aura bientôt une discussion avec le président-directeur général d'Énergie NB, afin de parler de sa promesse de suspendre la fermeture de la centrale de Dalhousie.