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«Les chiffres sont faux», dit Bolduc

Le ministre québécois de la Santé, Yves Bolduc (archives)

Le ministre québécois de la Santé, Yves Bolduc (archives)

Photo : La Presse canadienne / Peter McCabe

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le ministre de la Santé nie qu'il y a trop de cadres et d'employés administratifs dans les dernières années, comme le montrent des données compilées par la Fédération des médecins spécialistes du Québec.

Le ministre de la Santé du Québec, Yves Bolduc, remet en question l'interprétation des données gouvernementales compilées par la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), qui montrent une explosion du nombre de gestionnaires et d'employés de bureau dans le système de santé.

Les relevés du FMSQ indiquent que, depuis l'an 2000, le personnel administratif du réseau québécois a augmenté de 52 %, le nombre de cadres, de 30 %, et le personnel soignant, d'à peine 6 %.

En chiffres absolus, 108 000 personnes seraient affectées aux soins et 100 000 à la gestion, un ratio qui avoisine le 1 pour 1.

Selon le ministre Bolduc, la Fédération des médecins spécialistes n'a pas intégré dans son calcul les 53 000 techniciens et professionnels de la santé et des services sociaux, ni les 16 000 médecins qui travaillent en tant que professionnels indépendants.

S'appuyant sur ces omissions, il dément les conclusions tirées par la Fédération des médecins spécialistes qui, selon lui, dénigrent le réseau en affichant une disproportion erronée entre son personnel administratif et son personnel soignant.

« C'est un système qui est équilibré, et je suis très à l'aise avec la façon dont il fonctionne actuellement. »

— Une citation de  Yves Bolduc

Il a également tenu à souligner l'importance des employés administratifs en arguant qu'ils effectuent des tâches qui permettent d'alléger la charge de travail des employés affectés aux soins.

La FIQ furieuse

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a dit avoir réagi avec colère en prenant connaissance des données. Régine Laurent, qui représente 55 000 infirmières et 3000 inhalothérapeutes, a affirmé qu'elle ne s'attendait pas à un déséquilibre si important et a salué le travail de la Fédération des médecins spécialistes du Québec qui a permis de le révéler.

Elle s'est par ailleurs indignée du fait que, durant la période où le nombre de cadres a augmenté, le gouvernement a imposé aux infirmières un gel de salaire en leur faisant croire qu'il n'y avait pas d'argent à injecter dans le réseau de la santé.

« Ce qu'on ne comprend pas, c'est qu'avec cette augmentation faramineuse de cadres,
ça n'a jamais si mal été. »

— Une citation de  Régine Laurent

Au contraire de ce que soutient le ministre de la Santé, Mme Laurent affirme que le personnel administratif qui a été embauché en masse ne vient pas en renfort aux infirmières. « Si ces gens-là étaient dédiés aux soins, je comprendrais, mais ce n'est pas le cas », a-t-elle indiqué.

Pour elle, l'embauche massive d'employés au niveau administratif est un choix politique.

«  On a choisi de faire vivre un système de façon artificielle, mais on n'a pas choisi d'investir au niveau des soins. »

— Une citation de  Régine Laurent

Le président de la FMSQ, Gaétan Barette, qui dénonce également la situation, a tenu à préciser que les chiffres qui ont été publiés proviennent du gouvernement lui-même et qu'ils ont été classés selon la norme utilisée l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

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