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Entre colonisation et négociations

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas

Photo : AFP / Lionel Bonaventure

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Tandis que la construction recommence dans des colonies juives de Cisjordanie, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, affirme que les Palestiniens décideront de poursuivre ou non les négociations de paix après le 4 octobre.

Au lendemain de la fin du moratoire de 10 mois sur la colonisation israélienne en Cisjordanie, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, affirme que les Palestiniens décideront de la poursuite ou non des négociations directes avec Israël après le 4 octobre, à l'issue de consultations entre l'Autorité palestinienne et les pays arabes.

De passage à Paris, Mahmoud Abbas a réaffirmé son souhait qu'Israël « prolonge de trois ou quatre mois » le moratoire sur la colonisation en Cisjordanie, faute de quoi les négociations directes entre Israël et les Palestiniens, qui ont repris le 2 septembre sous l'égide des États-Unis, seraient en péril.

Sur le terrain, des bulldozers s'activaient, notamment dans l'implantation d'Adam, dans le nord de la Cisjordanie, où une trentaine de logements doivent être construits, a constaté un photographe de l'Agence France Presse.

À Hébron, les colons avaient l'intention de poser lundi la première pierre d'un jardin d'enfants à Avraham Avinu, l'une des colonies nichées au milieu de maisons palestiniennes, dans l'entrelacs de rues étroites de la vieille ville.

« Aucun gel artificiel, aucune négociation sur une paix imaginaire ne pourront priver les juifs de leur droit le plus élémentaire : vivre dans la ville d'Abraham », a affirmé David Wilder, porte-parole des colons d'Hébron, dans un communiqué annonçant la nouvelle construction.

La colonisation doit cesser, dit Sarkozy

À l'issue d'une rencontre avec M. Abbas, le président français Nicolas Sarkozy a estimé lundi que la colonisation israélienne en Cisjordanie devait cesser et a déploré la fin du moratoire.

« Nous avons regretté que les appels unanimes afin de prolonger le moratoire israélien sur la colonisation n'aient pas été entendus. Je le déplore », a déclaré M. Sarkozy.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et son homologue français Nicolas Sarkozy lors d'une rencontre à l'Élysée le 27 septembre 2010Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et son homologue français Nicolas Sarkozy lors d'une rencontre à l'Élysée le 27 septembre 2010

Photo : AFP / Lionel Bonaventure

« Il fallait le maintenir pour donner toutes ses chances à la négociation. Je le dis devant le président Abbas : la colonisation doit cesser », a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse avec le président de l'Autorité palestinienne.

M. Sarkozy a indiqué avoir pris bonne note des déclarations du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou appelant les colons « à faire preuve de retenue et de responsabilité aujourd'hui et à l'avenir », mais les a jugées « insuffisantes ». « Elles vont dans le bon sens, même si elles ne suffisent pas », a-t-il déclaré.

Le président français a ajouté qu'il téléphonerait en soirée au premier ministre Nétanyahou pour lui demander de « donner plus de garanties au président de l'Autorité palestinienne ».

Abbas doit cesser les négociations, selon le Hamas

De son côté, le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, a demandé lundi au président Abbas de cesser de négocier avec Israël.

« Je demande à mes frères de l'Autorité palestinienne, qui avaient déclaré ne pas vouloir reprendre les pourparlers avec l'ennemi [israélien] si ce dernier poursuivait la colonisation, de tenir leurs promesses », a déclaré à Damas le chef du mouvement islamiste palestinien, lors d'une réunion d'une commission du Parlement arabe, un organe de la Ligue arabe.

Khaled Mechaal a par ailleurs estimé que des progrès « sérieux » avaient été réalisés lors de discussions vendredi à Damas avec le mouvement palestinien rival, le Fatah, en vue d'une réconciliation.

Vague de déception

Au même titre que la France, de nombreux pays ont pris acte de la non-reconduction du moratoire en exprimant leur déception et leur inquiétude pour la suite du dialogue au Proche-Orient.

L'administration Obama, qui avait relancé les pourparlers, a exprimé ses regrets sans ambages. « Nous sommes déçus [par la fin du moratoire], mais nous restons concentrés sur nos objectifs à long terme », a indiqué le porte-parole de la Maison-Blanche, Philip Crowley. Il a par ailleurs salué « la retenue » du président palestinien Mahmoud Abbas.

L'ONU et l'Union européenne, impliquées dans le processus à travers le Quartette pour le Proche-Orient (États-Unis, ONU, Russie et Union européenne), ont manifesté la même déception.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'est dit « préoccupé par des actes de provocation qui ont lieu sur le terrain », selon un de ses porte-parole. Le chef de l'ONU a rappelé que la colonisation dans les territoires palestiniens occupés était illégale en vertu de la loi internationale.

Au Moyen-Orient, la Turquie et la Jordanie ont indiqué que la reprise des constructions entravait les efforts de paix.

Plusieurs responsables, à commencer par la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, déploient actuellement des efforts diplomatiques pour sauver le processus de paix.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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