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Exécution de Teresa Lewis

L'entrée du pénitencier de Greensville, à Jarratt (Virginie)
L'entrée du pénitencier de Greensville, à Jarratt (Virginie) Photo: AP Photo/Steve Helber
Radio-Canada

Pour la première fois en près d'un siècle dans cet État, une femme a été exécutée jeudi soir. Cette Américaine de 41 ans, qui souffre d'une déficience mentale, avait été condamnée pour avoir commandité les meurtres de son mari et de son beau-fils en 2002.

Pour la première en près d'un siècle, l'État de la Virginie a procédé jeudi soir à l'exécution d'une femme. Teresa Lewis avait été condamnée pour avoir commandité les meurtres de son mari et de son beau-fils en 2002.

Jeudi soir, à 21 h (heure locale), elle a été exécutée par injection, la Cour suprême ayant refusé de commuer sa peine. Tous ses appels ayant été épuisés, elle avait été transférée au centre pénitencier de Greensville, à Jarratt, où se tiennent les exécutions dans cet État.

Les proches parents de la condamnée, qui a deux enfants âgés d'une vingtaine d'années, étaient auprès d'elle. Cependant, ses enfants n'étaient pas autorisés à assister à l'exécution.

Depuis le rétablissement de la peine de mort en 1976, 1215 hommes et 12 femmes, en incluant Teresa Lewis, ont été mis à mort aux États-Unis, dont 107 en Virginie. C'est le Texas qui arrive en tête de ce palmarès, suivi de la Virginie. La dernière femme à avoir été exécutée en Virginie est Virginia Christian. Âgée de 17 ans, elle était morte sur la chaise électrique en 1912.

Teresa LewisTeresa Lewis Photo : AFP / VIRGINIA DEPARTMENT OF CORRECTIONS

Un symbole

Pour les abolitionnistes, cette Américaine âgée de 41 ans qui est atteinte d'une déficience mentale est le symbole de la lutte contre la peine de mort.

Avec un quotient intellectuel de 72, elle est la seule des participants au complot à avoir été condamnée à mort pour le double meurtre qu'elle n'a pas physiquement commis, mais commandé. La Cour suprême interdit les exécutions lorsque le QI est en dessous de 70.

Cité par l'AFP, son avocat, James Rocap, a déclaré qu'elle « veut vivre, mais elle est en paix avec elle-même, elle dit que quoi qu'il arrive, elle sera gagnante ». Au National Law Journal, il a dit que Teresa Lewis est « l'exemple parfait montrant que le système de la peine de mort ne fonctionne pas ».

Selon le directeur du Centre d'information sur la peine de mort, Richard Dieter, il est « extrêmement injuste que celle qui parmi les trois [auteurs du crime] est la moins dangereuse pour la société, qui n'est pas plus coupable que les autres et dont le retard intellectuel appelle à la clémence, soit la seule à mourir pour ce crime ».

Teresa Lewis, qui vivait dans une caravane, a avoué avoir laissé la porte ouverte pour que deux complices, âgés de 19 et 22 ans, aillent y tuer par balle son mari et le fils de celui-ci, un vétéran âgé de 25 ans. Le but était de récolter les assurances vie des deux hommes.

Elle avait rencontré ses deux complices au supermarché. L'un d'eux était devenu son amant. De plus, elle avait encouragé sa fille âgée de 16 ans à entamer une relation avec le plus jeune.

Tous les trois avaient plaidé coupable aux accusations de double meurtre. Les deux auteurs ont été condamnés à la prison à vie et Teresa Lewis a été condamnée à la peine capitale en tant qu'instigatrice des meurtres.

Dans une lettre écrite peu de temps après, son amant a avoué qu'il avait manipulé la femme. Elle était « exactement ce que je recherchais, une salope qui s'était mariée pour l'argent à qui j'allais faire facilement tourner la tête ». Celui-ci s'est suicidé en prison.

Avec les informations de Agence France-Presse