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  • Exclusif
  • Le FLQ projetait un téléthon à Radio-Canada

    Jacques Lanctôt, ex-membre du Front de libération du Québec

    Jacques Lanctôt, ex-membre du Front de libération du Québec

    Radio-Canada

    Le Front de libération du Québec planifiait de kidnapper le lieutenant-gouverneur du Québec et de prendre le contrôle des ondes de Radio-Canada pendant 24 heures pour y tenir un téléthon indépendantiste.

    L'enlèvement de l'attaché commercial britannique James Cross, le 5 octobre 1970, était le premier kidnapping politique en Amérique du Nord.

    Mais selon son principal auteur, Jacques Lanctôt, le Front de libération du Québec (FLQ) planifiait depuis deux ans une opération encore plus spectaculaire.

    À l'origine, le FLQ voulait prendre de force le contrôle des ondes de la télévision de Radio-Canada pendant 24 heures pour y tenir un téléthon indépendantiste, après avoir kidnappé le lieutenant-gouverneur du Québec.

    Dans une entrevue accordée à l'émission Tout le monde en parlait de Radio-Canada, le felquiste Jacques Lanctôt explique qu'il était prévu qu'un commando enlève à sa résidence de Québec le lieutenant-gouverneur au même moment où les felquistes entreraient à Radio-Canada.

    Le groupe armé devait alors prendre possession des ondes pour présenter une série de documentaires tournés dans différentes régions du Québec montrant l'exploitation des ouvriers québécois par les industriels anglophones. Des vols à main armée devaient financer l'opération.

    « On voulait avoir du matériel pour diffuser pendant 24 heures de temps; créer un immense téléthon », ajoute M. Lanctôt.

    Le nom de cette émission spéciale avait même été choisi : « Showtime »

    Finalement, le FLQ a plutôt occupé les ondes de Radio-Canada le temps de la lecture de son manifeste politique, l'une des sept demandes formulées en échange de la libération de James Cross.

    Cette concession du gouvernement avait néanmoins été jugée assez importante par le FLQ pour qu'elle mette presque fin à la crise d'Octobre.

    Pour nous, [la lecture du manifeste sur les ondes de Radio-Canada] a été une grande victoire et j'avoue que dans les heures qui ont suivi, on a pensé qu'on devrait peut-être libérer James Cross. On avait - on peut dire - obtenu 90 % de ce qu'on voulait.

    Jacques Lanctôt

    Mais alors que les ravisseurs de James Cross débattaient de la question, une autre cellule felquiste, le groupe de Paul Rose, décidait d'enlever le ministre du Travail Pierre Laporte, menant ainsi à l'institution de la loi des mesures de guerre et à la mort du ministre.

    D'après un reportage de Guy Gendron