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Au pied du mur, les conservateurs persistent

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton.

Le chef néo-démocrate démontrait de l'assurance lorsqu'il s'est présenté devant les médias.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Disant qu'il a assez de votes au sein de son parti pour défaire le projet de loi C-391 sur l'abolition du registre des armes d'épaule, le chef du NPD propose aux conservateurs de trouver un compromis. Mais ceux-ci rejettent catégoriquement l'offre.

L'opposition à la Chambre des communes détient désormais suffisamment de votes pour rejeter le projet de loi de la députée conservatrice Candice Hoeppner sur l'abolition du registre des armes d'épaule.

C'est du moins ce qu'a déclaré jeudi le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, en conférence de presse. Après avoir laissé planer le doute sur les intentions de ses députés en refusant d'imposer la discipline de parti, M. Layton a lancé jeudi un ultimatum au premier ministre Harper.

Accusant le chef conservateur de vouloir instaurer la division parmi les Canadiens, Jack Layton l'a assuré qu'il détenait désormais le pouvoir de défaire le projet de loi privé C-391.

Stephen, tu n'as pas les votes pour faire passer le projet de loi. Mais tu as le pouvoir de nous aider à corriger le registre et renforcer le contrôle des armes à feu.

Jack Layton

« Si vous êtes sérieux dans votre désir de protéger les Canadiens, surtout lorsqu'il s'agit de lacunes dans le registre [des armes à feu] nous pouvons le faire lors de cette session. Nous pouvons arrêter les jeux politiques », a poursuivi Jack Layton, s'adressant au gouvernement conservateur.

Le chef du NPD a poursuivi en affirmant qu'il avait des propositions et des solutions pour répondre aux préoccupations notamment des habitants des zones rurales, qui sont nombreux au pays à réclamer l'abolition de la partie du registre concernant les armes d'épaule.

Jack Layton a ajouté que les modifications que proposait son parti allaient au-delà des amendements déjà proposés. Des modifications qui pourraient, selon lui, réconcilier plusieurs opposants au registre en rendant la réglementation « moins intrusive » pour les citoyens.

Pas de compromis, répète Ottawa

Le ministre Christian Paradis

Le ministre Christian Paradis

Malgré la possibibilité de voir le projet de loi défait, les conservateurs n'ont pas l'intention de reculer.

Le ministre des Ressources naturelles et lieutenant politique de Stephen Harper au Québec, Christian Paradis, a catégoriquement rejeté la proposition de M. Layton de trouver un compromis.

« Nous ça a toujours été clair. C'est un engagement électoral voulant que le registre d'armes d'épaule, on l'éliminerait purement et simplement », a-t-il déclaré en entrevue avec Anne-Marie Dussault à l'émission 24 heures en 60 minutes.

Un vote très attendu

Le vote parlementaire sur le projet de loi privé C-391, sur l'abolition du registre des armes d'épaule, aura lieu mercredi prochain, dès la reprise des travaux à la Chambre des communes. Le NPD faisait l'objet d'intenses pressions de la part des bloquistes et des libéraux depuis quelques jours.

Le vote s'annonce si serré que plusieurs craignaient que la dissidence de quelques députés néo-démocrates suffise pour permettre au gouvernement Harper de remporter le vote et d'abolir ce qui constitue la majeure partie du registre des armes à feu.

Jack Layton, de son côté, refusait d'imposer la discipline de parti à ses députés, divisés sur la question. La députée d'Algoma-Manitoulin-Kapuskasing, Carol Hughes, est d'ailleurs devenue, au cours des dernières heures, la cinquième de 12 néo-démocrates, au départ en faveur du C-391, à changer son vote et à se rallier à la position majoritaire au sein du NPD.