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Les centrales au charbon inquiètent Greenpeace

Une centrale thermique au coeur de Pékin.
Une centrale thermique au charbon à Pékin. Photo: AFP / Frederic J. Brown

La pollution générée par les centrales au charbon chinoises serait beaucoup plus importante que ne l'admettent les autorités du pays, selon une étude de Greenpeace.

Le gouvernement chinois sous-estimerait la pollution atmosphérique que génèrent les 1400 centrales thermiques au charbon sur son territoire, selon Greenpeace.

Selon un rapport déposé mercredi par l'organisme à Pékin, les centrales thermiques chinoises rejettent dans l'atmosphère l'équivalent d'une piscine olympique de cendres toxiques toutes les deux minutes et demie.

La Chine, qui est le pays le plus peuplé du monde, tire 70 % de son énergie électrique de la combustion du charbon. Ce qui fait de ce pays le plus important producteur de gaz à effet de serre, mais aussi le plus gros générateur de cendres toxiques appelées carbocendres.

Plus grande consommatrice de charbon du monde, la Chine produit actuellement, selon Greenpeace, 375 millions de tonnes de carbocendres par an, soit 2,5 fois plus qu'en 2002.

Greenpeace en vient à ces conclusions après des prélèvements effectués pendant neuf mois sur les sites de 14 centrales thermiques réparties dans le pays.

Les analyses d'échantillons ont révélé la présence de plus de 20 contaminants toxiques dans l'air, l'eau, les cultures agricoles et chez les animaux d'élevage des régions environnantes. Parmi ces contaminants, des métaux lourds, dont le cadmium, le plomb, le mercure, et de l'arsenic.

Cette menace environnementale est minimisée par le gouvernement chinois, déplore Greenpeace dans son rapport. « Hélas, le gouvernement sous-estime grandement la quantité de cendres de charbon dans l'environnement, en grande partie par le taux annoncé de recyclage de 60 % des carbocendres qui est très exagéré », écrit l'organisme dans son rapport.

En dépit du discours rassurant des autorités chinoises, Greenpeace estime que la combustion de charbon constitue « la première menace environnementale en Chine et la première source de déchets solides dans le pays », et ce, loin devant les déchets domestiques urbains.

Selon le rapport de l'ONG, la combustion de quatre tonnes de charbon génère une tonne de cendres. Ces cendres qui s'échappent dans l'air par les fours et les cheminées des industries et des centrales thermiques sont en partie récupérées à la sortie des cheminées. On les récupère sous forme de boues ou de résidus secs.

Une partie de ces cendres toxiques est recyclée. Mais, loin des 60 % de recyclage annoncé par Pékin, le taux réel de récupération des cendres de charbon serait en fait de moins de 30 %, selon le document de Greenpeace.

En Chine, la combustion de charbon sert essentiellement à produire de l'électricité pour suffire à la demande énergétique constante dans le pays. La demande est telle qu'il s'est construit en moyenne une centrale thermique par semaine en Chine au cours des huit dernières années.

Avec les informations de Agence France-Presse