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Les fonctionnaires poussés vers le privé

Des travailleurs cubains de la construction dans un édifice de La Havane

Des travailleurs cubains de la construction dans un édifice de La Havane

Photo : AFP / AP/Franklin Reyes

Radio-Canada

Cuba licenciera au moins 500 000 fonctionnaires d'ici mars 2011 et tentera d'intégrer la plupart d'entre eux au secteur privé. Il s'agit du plus vaste transfert d'emplois de l'État vers l'économie privée depuis 1968.

Cuba va supprimer plus de 500 000 emplois dans le secteur public d'ici le mois de mars prochain, a annoncé lundi la Centrale des travailleurs de Cuba (CTC).

Les autorités tenteront de transférer la plupart d'entre eux au secteur privé, dans le cadre d'une réforme visant à accroître l'efficacité de l'État.

Les licenciements se feront graduellement et auront un impact sur tous les secteurs de l'économie, a précisé le syndicat unique dans un communiqué.

« Notre État ne peut pas et ne doit pas continuer à entretenir des entreprises et des services dont les effectifs sont en surnombre et où les pertes sont contre-productives », a ajouté la CTC.

Selon la Centrale des travailleurs, La Havane promet d'assouplir les règles qui encadrent l'économie privée pour que les personnes concernées puissent retrouver du travail ou créer leur entreprise.

Des sources proches du Parti communiste affirment que les autorités cubaines prévoient d'octroyer 250 000 permis de travail à titre indépendant d'ici fin 2011, soit près du double du nombre actuel, et créer 200 000 autres emplois dans le secteur privé.

La définition gouvernementale du travail indépendant inclut beaucoup de petites entreprises comme les restaurants, les garages et plusieurs emplois du bâtiment.

L'efficacité de l'État en cause

Cette mesure fait partie d'un programme de rationalisation du travail dans les entreprises lancé par le président Raul Castro. La réforme a pour but d'augmenter la productivité, qui a diminué de 1,1 % en 2009 dans l'île communiste, où le gouvernement contrôle 95 % de l'économie.

Raul Castro avait annoncé il y a un an qu'il voulait transférer plus d'un million d'employés sur les 4,9 millions de travailleurs du pays qui compte 11,2 millions d'habitants. Mais il n'avait pas détaillé son plan pour réduire la main-d'oeuvre dans la fonction publique.

L'économie cubaine, qui dépend des importations, est rongée par la corruption qui alimente un important marché noir, une bureaucratie excessive et l'embargo américain, en vigueur depuis 1962.

Le gouvernement assure aux chômeurs jusqu'à 60 % de leur salaire dans l'attente d'un nouvel emploi.

Mais la CTC a aussi indiqué lundi qu'elle « modifierait l'actuel traitement professionnel et salarial » des chômeurs, qui ne pourront « plus profiter d'un régime de protection et de subvention de forme indéfinie ».

Il s'agit d'un transfert d'emplois en direction de l'économie privée sans précédent depuis la nationalisation en 1968 de toutes les PME, 58 000 au total, qui employaient en moyenne de 5 à 8 personnes, selon l'économiste cubaine Juan Triana.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters