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Répondre à une demande grandissante

Le kiosque de Total Canada au Congrès mondial de l'énergie

Le kiosque de Total Canada au Congrès mondial de l'énergie

Photo : Daniel Bordeleau

Louis-André Bertrand

Réunis jusqu'à jeudi à Montréal, les acteurs du secteur énergétique devront trouver des solutions mondiales afin de répondre à la croissance de la demande des deux prochaines décennies, notamment avec les croissances chinoise et indienne.

Le Congrès mondial de l'énergie s'est ouvert avec une première table ronde sur les enjeux liés à la demande énergétique mondiale, une demande qui doit croître de 40 % à 50 % au cours des 20 prochaines années.

Des infrastructures manquantes

Daniel Yergin, président de la firme IHS Cambridge Energy Research Associates, a rappelé que la capacité de répondre à cette croissance de la demande, une croissance alimentée par le nombre grandissant de Chinois et d'Indiens qui gagnent la classe moyenne, doit être une source de préoccupation pour l'industrie.

Rappelant que le scénario de croissance ne suit pas les courbes traditionnelles, M. Yergin a insisté sur le fait que les infrastructures nécessaires à la réponse énergétique de 2030 ne sont toujours pas construites, d'où la nécessité de l'actuelle rencontre.

Nécessité de se diversifier et d'investir

Malgré l'intérêt grandissant pour les énergies vertes, Jean-Jacques Guilbaud, secrétaire général de Total France, a affirmé que le pétrole restera la source principale d'énergie dans le monde au cours des 25 prochaines années.

Mais comme la production maximale devrait atteindre 95 millions de barils de pétrole par jour, les entreprises devront additionner toutes les sources d'énergie afin de répondre à la demande globale, ajoute M. Guilbaud.

À ceux qui craignent une utilisation abusive des ressources, il répond qu'il n'existe pas d'antagonisme entre l'environnement et l'énergie, dans la mesure où les deux sont complémentaires.

James Turley, PDG de la division américaine d'Ernst & Young, est d'avis que d'importants investissements sont nécessaires pour répondre à la future demande énergétique.

Il juge cependant que les entreprises manquent de vision. Bien que les fonds nécessaires sont disponibles, les entreprises ne pensent pas aux bénéfices à long terme de ces investissements, se concentrant plutôt sur l'absence de rendement à court terme des sommes investies.

L'importance des énergies traditionnelles

Khalid Al-Falih, PDG du géant saoudien Saudi Aramco, et de Peter Voser, DG de la division néerlandaise de Shell, sont revenus sur la dépendance des diverses économies aux sources d'énergie fossiles que sont le charbon, le pétrole et le gaz naturel.

Pour M. Al-Falih, la situation est relativement simple : bien qu'il faut encourager l'implantation et l'exploitation des énergies renouvelables, la demande énergétique est telle - 2 milliards de personnes n'ont pas accès à des sources d'énergie stables, tandis que 2 autres milliards n'y ont qu'un accès limité - que les énergies traditionnelles continueront de dominer le spectre énergétique puisque la progression des technologies vertes est limitée.

Au cours des prochaines années, la part du charbon, du pétrole et du gaz naturel va reculer pour atteindre 80 % de l'offre énergétique, prédit M. Al-Falih. Cependant, la quantité d'énergie produite à partir de ces sources traditionnelles va tout de même progresser de façon absolue.

Le PDG de Saudi Aramco conclut que, en raison des faibles progrès des énergies renouvelables, qui sont plus rapides dans l'industrie de la production que celle du transport, il faut améliorer l'accès aux hydrocarbures et les rendre plus efficaces.

Le gaz naturel à la rescousse

De son côté, Peter Voser juge que le gaz naturel est la solution pour répondre à la croissance de demande en énergie. Avec une entrée dans le marché asiatique, principalement en Chine, la demande en gaz naturel aura progressé, par rapport aux niveaux actuels, de 20 % en 2020 et de 50 % en 2030, prédit M. Voser.

Le trou énergétique formé par les fermetures prochaines de mines de charbon pourra être comblé par le gaz de naturel, dont le gaz de schiste. En réponse aux craintes des environnementalistes, M. Voser a indiqué que l'extraction des gaz de schiste se fait de façon sécuritaire et ne met pas en danger la nappe phréatique. Reste que la production et la livraison d'énergie ne sont pas sans risques, concède-t-il.

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Le CME en bref

Le Conseil mondial de l'énergie est une organisation internationale fondée en 1923 qui regroupe de grands industriels de l'énergie, des fournisseurs, des ministres et des experts. Reconnue par l'ONU, c'est l'une des plus anciennes organisations internationales. Sa mission est de promouvoir la sécurité énergétique tout en assurant un développement durable. Les 94 pays membres, dont le Canada, ont tous des comités nationaux.

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