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Morin-Soucy, 15 mois plus tard

Nickolas Morin-Soucy

Nickolas Morin-Soucy

Photo : Alouettes de Montréal

Guillaume Lefrançois

Nickolas Morin-Soucy n'aura pas volé son premier match chez les pros. L'ancien des Carabins pourrait en inspirer plus d'un par sa persévérance, y compris son bon ami Walter Spencer...

HAMILTON - La vie nous entraîne parfois dans des sentiers tortueux. Dans le cas de Nickolas Morin-Soucy, aussi bien parler d'un labyrinthe.

Quinze mois après être passé à quelques minutes de se tailler une place avec les Alouettes, l'ailier défensif a finalement disputé son premier match dans l'uniforme tricolore.

C'était samedi, dans une victoire de 27-6 sur les Tiger-Cats.

« C'était un bon match, explique à Radio-Canada Sports Morin-Soucy, patiemment assis sur le quai de la gare à Hamilton. J'ai fait des bons et des moyens jeux. Ça aurait vraiment pu être pire. Au moins, je vais avoir du film sur moi-même, ça va m'aider. Mes attentes étaient élevées, donc je ne suis pas satisfait. Mais je suis quand même content. »

Le numéro 88 a particulièrement aimé d'enfin renouer avec les contacts physiques.

« J'ai eu de bons contacts. Sur un retour de botté, j'ai eu un bon contact avec le 99 (Jermaine Reid). Oui, ça fait du bien. Autant qu'il y a une petite douleur, il y a aussi du stress qui sort avec cette douleur. J'étais ankylosé de ne pas avoir joué de vrais matchs. »

Les férus de statistiques chercheront longtemps le nom de Morin-Soucy sur les feuilles de match. L'homme à la crinière bouclée n'a réussi aucun plaqué. En fait, une seule colonne statistique a changé après la rencontre : celle des matchs joués. À ce point-ci, c'est la plus importante...

Genou maudit

Rappelons les faits. Les Alouettes sélectionnent Morin-Soucy au 3e tour du repêchage de mai 2009. Un mois plus tard, le Gaspésien fait sensation au camp, à un point tel qu'il convainc les entraîneurs de lui réserver une place dans la formation des 46 joueurs.

Le 23 juin 2009, lors du dernier match préparatoire, le malheur frappe. Le genou de Morin-Soucy plie dans un sens contraire aux lois de la physique. Le verdict tombe : le proverbial ligament antérieur croisé (ACL) du genou droit est foutu. Foutu, comme dans un an d'absence.

Ce n'était là que le début de ses malheurs...

« Le sixième mois après l'opération, c'est le mois crucial quand tu as un ACL. C'est le mois où t'es censé revenir à 100 %, de faire le Biodex, qui est un test qui mesure la force des deux jambes. J'étais vraiment loin derrière. J'avais beaucoup de douleur, peu de mobilité. Je ne me voyais pas retourner jouer au football avec le genou que j'avais.

« Mais les Alouettes ne m'ont jamais mis de pression. Ils ont toujours été patients avec moi, m'ont toujours fait sentir que je faisais partie de l'équipe. Ça m'a enlevé du stress pour guérir. »

Morin-Soucy est catégorique : cette blessure était bien loin dans ses pensées pendant le match de samedi.

« Je n'y ai pas pensé de la game. Je ne pourrais même pas dire auquel je me suis fait opérer! Mon genou, c'est du passé. Je souhaite juste ne plus passer par là. »

Pour Spencer

Si son genou n'était pas dans ses pensées, c'est qu'un bon ami les monopolisait. L'agression dont a été victime Walter Spencer dans un bar l'a particulièrement touché.

« Pas beaucoup de monde le sait, mais Walter est le premier joueur qui m'a appelé après mon opération, rappelle le joueur de 26 ans. Il a toujours été là pour me donner des conseils, et c'était sincère. Quand je suis arrivé dans le match, je l'avais dans ma tête, dans mon coeur, et j'ai tout donné pour lui. Et je pense que le reste de l'équipe aussi. »

Lui-même un ancien portier dans les boîtes de nuit montréalaises, Morin-Soucy en avait long à dire sur l'incident. En tant que colosses et - parfois - vedettes, les joueurs de football peuvent être ciblés par des clients aux taux d'alcoolémie et de testostérone un peu trop élevés.

« C'est plate, mais souvent, quand t'es plus grand, plus gros, les gens jettent leur surplus d'agressivité sur toi. Mais t'apprends à dealer avec ça, si t'aimes sortir. Quitte à plier et à faire : "OK le grand, t'as raison." Il ne faut pas se laisser aller dans cette vague d'agressivité. Il n'y a rien de bon qui sort de ces batailles-là. »

C'est alors que Nickolas commence à raconter son hommage à Spencer.

« J'avais ses initiales sur moi... » WWWHHHOOOOMMMM!!!

Un train traverse la gare à une vitesse complètement folle, passant à quelques centimètres des dizaines de joueurs et partisans réunis sur le quai. Et à quelques pouces du lieu de l'entrevue.

Une bête confusion de la compagnie ferroviaire, un bête oubli du chauffeur de ralentir, un rappel qu'il n'y a pas que la vie de son ami Spencer qui a été fragile cette semaine...

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