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Rapport accablant de l'Église belge

Archevêque André-Joseph Léonard et pédopsychiatre Peter Adrianssens

Le pédopsychiatre Peter Adrianssens (à droite) a piloté une commission sur des sévices sexuels commis par des membres de l'Église catholique de Belgique, enquête demandée par l'Église. On le voit ici en présence de l'archevêque André-Joseph Léonard, lors d'une conférence de presse le 23 avril 2010.

Photo : La Presse canadienne / AP/Yves Logghe

Radio-Canada

Un rapport choc demandé par l'Église elle-même dévoile 124 témoignages de gens agressés quand ils étaient enfants par des membres de l'Église. Treize personnes se seraient également suicidées.

L'Église catholique de Belgique a publié vendredi des centaines de témoignages l'accusant de sévices sexuels et d'être responsable du suicide de 13 personnes.

Le pédopsychiatre indépendant Peter Adriaenssens, qui a dirigé la Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans une relation pastorale, mise sur pied par l'Église, a écouté les témoignages de 488 personnes qui auraient été agressées à partir de la petite enfance ou vers 12 ans. Le rapport final contient 124 témoignages.

« C'est le dossier Dutroux de l'Église », a commenté aux médias Peter Adriaenssens.

La majorité des plaintes a été reçue en avril juste après la démission de l'évêque de Bruges, Roger Vangheluwe, qui a avoué avoir agressé son neveu de 1973 à 1986.

La Commission a mis l'accent sur la santé mentale et physique fortement atteinte des enfants agressés, devenus aujourd'hui adultes.

Certains sont atterrés du nombre de suicides révélé. « C'est extrêmement grave. La mentalité est en train de changer et je crois que les autorités dans l'Église sont prêtes aussi à agir dans ce changement », a indiqué aux journalistes l'évêque de Tournai (Ouest) Guy Harpigny.

Rapports de pouvoir

Les sévices ont eu lieu des années 1950 aux années 1980. Les agresseurs travaillaient pour l'Église ou des pastorales, qu'ils soient prêtre, père, frère, actif ou non. On apprend que 102 agresseurs étaient membres d'une congrégation religieuse dans 29 congrégations.

« On peut dire qu'aucune congrégation n'échappe à l'abus sexuel de mineurs par un ou plusieurs de ses membres », écrivent les auteurs du rapport.

On peut lire dans le rapport de la commission l'épreuve vécue par une femme alors âgée de 17 ans, qui a tenté de confier à un évêque en 1983 les abus dont elle était victime. « Il a répondu : "Cessez de le regarder, il vous laissera tranquille" », mentionne-t-elle.

« Les victimes attendent et méritent une Église courageuse qui ne craint pas d'être confrontée à sa vulnérabilité, de la reconnaître, de coopérer à la recherche de réponses équitables », estime la commission, qui s'est dissoute fin juin lorsque la justice a récupéré ses dossiers.

L'Église a annoncé qu'elle dévoilerait lundi prochain une « initiative » pour poursuivre l'accompagnement des victimes.

In memoriam

La commission a publié en ligne (Nouvelle fenêtre) les témoignages anonymes qu'elle a recueillis.