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Terry Jones fait marche arrière

Le pasteur Terry Jones

Le pasteur Terry Jones devant sa roulotte au message on ne peut plus explicite.

Photo : AFP / Paul J. Richards

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le pasteur américain qui projetait de brûler le Coran à la mémoire des victimes du 11 septembre a répété vendredi qu'il n'avait pas l'intention de mettre son projet à exécution.

Après avoir laissé planer le doute, le pasteur Terry Jones a répété vendredi sur les ondes de la chaîne ABC qu'il n'avait pas l'intention de brûler le Coran, comme il l'avait précédement anoncé.

Interrogé lors de l'entrevue sur ce qu'il comptait faire, le pasteur de Gainsville, en Floride, s'est contenté de répondre: « Actuellement nous avons l'intention de ne pas le faire ».

Le pasteur fondamentaliste chrétien a provoqué une vague internationale d'indignation en annonçant récemment qu'il brûlerait 200 exemplaires du Coran samedi, pour marquer le 9e anniversaire des attentats du 11 septembre.

Devant le concert de protestations, le pasteur Jones a déclaré jeudi qu'il ne brûlerait pas le Coran en échange de la promesse que le projet de construction d'une mosquée près de Ground Zero, à New York, serait déplacé.

« Les musulmans ne veulent pas que nous brûlions le Coran, les Américains ne veulent pas d'une mosquée près de Ground Zero. Et nous avons fait la proposition que s'ils étaient volontaires pour déplacer la mosquée de Ground Zero, nous serions d'accord pour annuler l'événement [l'autodafé] », a affirmé le pasteur Jones.

Ce dernier avait déclaré jeudi qu'il abandonnait son controversé projet à la suite d'une entente survenue avec un envoyé du promoteur de la mosquée de New York, l'imam Feisal Abdul Rauf. Terry Jones était ensuite revenu sur sa parole peu de temps après, lorsque les responsables du projet de mosquée ont démenti tout accord avec lui.

Vendredi matin, l'imam d'Orlando, Mohammed Musri, qui agit comme intermédiaire entre le pasteur Jones et le promoteur de New York a réitéré sur les ondes de la chaîne ABC qu'il n'avait rien promis au pasteur et que ce dernier avait exagéré et déformé ses propos.

Malgré cet imbroglio, le projet d'autodafé du Coran par les disciples du pasteur Jones semble néanmoins suspendu jusqu'à nouvel ordre.

À suivre samedi...

Plutôt que de brûler des corans, le pasteur Jones doit se rendre samedi à New York pour s'entretenir avec l'imam Feisal Abdul Rauf, à l'origine du projet controversé de centre islamique.

« Nous pensons que l'imam [Musri] tiendra parole à propos de ce qu'il nous a promis jeudi », a déclaré le pasteur Jones à la chaîne ABC. « Nous pensons que sa proposition est toujours bonne. Et nous pensons que nous allons, comme il l'a dit et promis, rencontrer l'imam [Rauf] samedi, à New York », a poursuivi Terry Jones.

L'imam Feisal Abdul Rauf a cependant fait savoir qu'il n'avait aucune rencontre prévue avec le pasteur Jones. Il précise cependant être ouvert à rencontrer quiconque « est sérieusement engagé en faveur de la paix ».

Plusieurs solutions ont été proposées ces derniers jours au promoteur pour trouver une issue à cette crise. L'homme d'affaires milliardaire Donald Trump a même offert d'acheter le site du centre islamique, en payant jusqu'à 25 % de plus que le prix initial, pour mettre fin à la controverse. On lui a toutefois répondu que l'endroit n'était pas à vendre.

Une chose est certaine cependant, l'abandon de l'autodafé du Coran constitue un soulagement pour les autorités américaines, qui redoutaient les conséquences de ce geste de provocation.

Toute cette crise a néanmoins eu des répercussions sérieuses dans le monde musulman. Vendredi, au moins une personne a été tuée dans une manifestation contre le projet du pasteur Jones qui a dégénérée dans le nord de l'Afghanistan.

Des antécédents en Allemagne

Originaire du Missouri, Terry Jones a vécu de nombreuses années à Cologne, en Allemagne, où il a fondé en 1981 la Christliche Gemeinde Köln (CKG), une communauté religieuse chrétienne fondamentaliste. Selon le site Internet du magazine Spiegel, Terry Jones et sa femme dirigeaient la communauté d'une main de fer.

Affirmant être investi d'une mission de Dieu, Jones entretenait un climat de peur et de contrôle dans sa communauté de 800 à 1000 membres. Toujours selon Spiegel, le pasteur aux positions anti-islam bien arrêtées exerçait une pression particulièrement forte sur ses disciples lorsqu'il leur réclamait de l'argent.

Dépassés par le radicalisme et le discours islamophobe du pasteur Jones et de sa femme Sylvia, les membres de la Christliche Gemeinde Köln ont expulsé le couple en 2008. Selon un responsable de la CGK, Terry Jones était aussi soupçonné d'avoir commis des irrégularités financières, rapporte Spiegelonline.

C'est à son retour d'Allemagne qu'il a pris la direction de la Dove World Outreach Center, en Floride.

Interviewée jeudi par la chaîne américaine CNN, la direction de l'église allemande a pris ses distances de son ancien pasteur. « Nous avons rompu nos relations avec Terry Jones et nous nous dissocions clairement des ses actions et des ses projets aux États-Unis. Nous nous dissocions également de sa personne et regrettons profondément ce qui arrive actuellement aux États-Unis », a déclaré Stephan Baar de la communauté chrétienne de Cologne.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press

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