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Scepticisme autour du cessez-le-feu de l'ETA

Le ministre de l'Intérieur régional basque Rodolfo Ares

Le ministre de l'Intérieur régional basque Rodolfo Ares

Photo : AFP / Rafa Rivas

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La classe politique exprime des doutes concernant l'annonce d'un cessez-le-feu de l'organisation indépendantiste basque. L'ETA promet de ne plus mener « d'actions armées ».

L'annonce de la fin des actions armées de l'organisation indépendantiste basque ETA laisse le monde politique espagnol « prudent » et « sceptique ». C'est du moins ce que rapporte l'AFP en parlant de l'analyse de plusieurs médias concernant cette information.

D'ailleurs, en fin d'après-midi dimanche, le gouvernement socialiste espagnol n'avait toujours pas réagi officiellement.

Toutefois, selon Leire Pajin, numéro trois du Parti socialiste, au pouvoir, le flou qui entoure cette information fait en sorte que cette annonce est « clairement insuffisante ». Elle demande qu'ETA « abandonne les armes une fois pour toutes ».

Le ministre de l'Intérieur régional basque abonde dans le même sens. Rodolfo Ares qualifie l'annonce d'« ambiguë » et « trompeuse ».

Tout en soulignant que tout arrêt des violences est bienvenu, il rappelle, en entrevue à Radio France Internationale (RFI), que les deux cessez-le-feu précédent ont été « une occasion pour l'ETA de gagner du temps, de ruser et de se réarmer ».

En effet, l'ETA avait déjà proclamé deux cessez-le-feu, dont le dernier en mars 2006. Mais le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, avait mis fin la même année au processus de paix après un attentat commis à l'aéroport de Madrid. Deux Équatoriens avaient alors été tués.

Le principal parti d'opposition, le Parti Populaire, juge lui aussi cette annonce « insuffisante ».

Le bras politique de l'ETA a pour sa part accueilli avec une certaine réserve l'annonce faite plus tôt en journée. Batasuna, formation politique interdite, parle d'un « apport indiscutable à la paix », mais rappelle qu'elle souhaitait, pour sa part, un « cessez-le-feu permanent sous vérification internationale ».

Suspension des actions armées

Annonce de l'ETAAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Annonce de l'ETA

Photo : AFP / BBC / GARA

Plus tôt dimanche, l'organisation indépendantiste basque avait annoncé un cessez-le-feu dans une vidéo remise à la radiotélévision publique britannique BBC. Le journal indépendantiste basque Gara avait d'ailleurs confirmé l'information sur son site web.

Dans cette vidéo qui a été mise en ligne, trois personnes encagoulées, assises à une table devant une affiche représentant le symbole de l'ETA, une hache entrelacée d'un serpent, ont procédé à cette annonce.

L'ETA a affirmé qu'elle « ne mènerait plus d'actions armées » dans le cadre de sa campagne pour l'indépendance du Pays Basque. L'organisation indépendantiste a dit avoir pris cette décision il y a plusieurs mois « afin de mettre en place un processus démocratique ».

L'ETA n'a toutefois pas précisé si la fin des actions armées est définitive ou temporaire. Elle a néanmoins affirmé son engagement à trouver « une solution démocratique au conflit ».

« Dans son engagement envers le processus démocratique afin de décider librement et démocratiquement de notre avenir, par l'intermédiaire du dialogue et de la négociation, ETA est prête aujourd'hui comme hier à convenir de conditions démocratiques minimales nécessaires à la mise en place d'un processus démocratique, si le gouvernement espagnol le souhaite ».

Fondée le 31 juillet 1959, l'organisation indépendantiste basque est tenue pour responsable de la mort de plus de 800 personnes depuis son premier attentat meurtrier, le 7 juin 1968.

Le mouvement séparatiste, qui est considéré comme une organisation terroriste par l'Union européenne, les États-Unis et le Canada, a subi ces dernières années plusieurs coups de filet.

Entre 2008 et 2010, les sept plus hauts dirigeants successifs du groupe armé, soit cinq chefs militaires et deux dirigeants politiques, sont tombés aux mains de la police. L'organisation est d'ailleurs très affaiblie en raison d'une incessante traque policière.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et BBC

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