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Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton et le président palestinien Mahmoud Abbas à l'ouverture des pourparlers de paix à Washington

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton et le président palestinien Mahmoud Abbas à l'ouverture des pourparlers de paix à Washington

Photo : AFP / Jewel Samad

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a remercié le président palestinien Mahmoud Abbas et le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou pour « leur courage et leur engagement » jeudi à Washington, à l'ouverture du premier dialogue israélo-palestinien direct en 20 mois.

La chef de la diplomatie américaine a assuré que l'administration Obama était déterminée à trouver un accord d'ici un an. Mme Clinton a affirmé que les États-Unis seront un partenaire de premier plan durant les négociations de paix, mais n'imposeront pas de solution au conflit israélo-palestinien.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a quant à lui encouragé le président palestinien Mahmoud Abbas, qu'il a appelé un « partenaire pour la paix », à reconnaître Israël comme l'État-nation du peuple juif. Selon lui, la paix ne sera possible que si des concessions difficiles sont faites des deux côtés.

De son côté, Mahmoud Abbas a exhorté Israël à mettre fin aux colonies juives en Palestine et à lever le blocus de la bande de Gaza.

Les négociations se font en présence du président de l'Égypte, Hosni Moubarak, et du roi de Jordanie, Abdallah II.

Par ailleurs, Le Hamas a promis jeudi, par voie de communiqué, de poursuivre ses opérations antiisraéliennes en Cisjordanie malgré la vague d'arrestations de ses sympathisants dans ce territoire menée par les forces de l'Autorité palestinienne en coopération avec Israël.

« Le véritable représentant du peuple palestinien, ce sont les forces de la résistance », a lancé le responsable du Hamas, opposé aux négociations de paix engagées jeudi à Washington.

Obama appelle à la paix

Mercredi, le président américain Barack Obama a appelé les deux parties à « saisir » l'occasion qui leur est donnée de faire la paix. « Ce moment risque de ne pas se représenter de sitôt », a-t-il soutenu.

Mahmoud Abbas et Barack Obama
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Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, est reçu par le président américain, Barack Obama.

Photo : AFP / CHRIS KLEPONIS

Les leaders israélien et palestinien croient pouvoir en arriver à un accord de paix d'ici un an, a ajouté M. Obama, après avoir rencontré tour à tour le premier ministre Nétanyahou, puis le président Abbas.

Après sa rencontre avec M. Abbas, l'hôte américain a affirmé que des progrès avaient été accomplis, sans toutefois donner plus de détails.

Le porte-parole de Mahmoud Abbas, Nabil Abou Roudeina, a néanmoins confié à l'Agence France Presse que les deux dirigeants s'étaient « engagés à oeuvrer à l'établissement d'un État palestinien le plus rapidement possible ». Mais il a aussi ajouté que « les quatre prochaines semaines seront cruciales [...]. Soit il y aura des progrès, soit nous reviendrons encore à la case départ ».

Le président Barack Obama et le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, s'adressent à la presse.
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Le président Barack Obama et le premeir ministre israélien, Benjamin Netanyahou, s'adressent à la presse.

Photo : La Presse canadienne / Le président Barack Obama et le premeir ministre israélien, Benjamin Netanyahou, s'adressent à la p

Plus tôt au cours de la journée, Barack Obama avait reçu le premier ministre israélien pendant 90 minutes. Après cette rencontre, le président américain a déclaré que les extrémistes ne parviendront pas à saborder le dialogue de paix direct. Il a par ailleurs qualifié de « massacre absurde » l'attaque perpétrée la veille et revendiqué par le Hamas, qui a tué quatre colons juifs en Cisjordanie. Quelque 150 membres du Hamas ont d'ailleurs été arrêtés par la police palestinienne jeudi.

Barack Obama a aussi rencontré en après-midi le roi Abdallah II et, par la suite, le président Moubarak.

Au cours de la soirée, un dîner a rassemblé les cinq dirigeants et le représentant du quartette pour le Proche-Orient, l'ancien premier ministre britannique Tony Blair.

À cette occasion, Mahmoud Abbas est revenu à la charge pour appeler les Israéliens à geler toute construction dans les colonies. Faisant référence aux attentats survenus en Cisjordanie, il a en outre appelé à la fin de l'effusion de sang. Pour sa part, Benyamin Nétanyahou a affirmé que les « terroristes » n'empêcheraient pas de progresser vers la paix.

De nombreux obstacles malgré un vent d'optimisme

Les pourparlers directs formels sont les premiers entre Israéliens et Palestiniens depuis un an et demi. L'administration Obama croit qu'un accord sera conclu sous peu.

Il n'en reste pas moins qu'un climat de scepticisme entoure la rencontre. Avant même que ne débutent les négociations, qui ont été suspendues en 2008, dans la foulée de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, un profond fossé sépare les positions israéliennes et palestiniennes.

Pour parvenir à une entente, les parties devront trouver une solution à d'épineux problèmes comme la question des réfugiés et le statut de Jérusalem. La partie orientale de la ville a été annexée par Israël, qui la considère comme étant sa capitale indivisible.

La question de l'arrêt de la colonisation israélienne en Cisjordanie demeure également un obstacle de taille. Le moratoire de dix mois décrété par le premier ministre Nétanyahou sur le développement des colonies expirera le 26 septembre prochain. Ces derniers jours, il a répété à plusieurs reprises qu'il n'avait pas l'intention de le prolonger.

Les représentants de l'Autorité palestinienne ont pour leur part averti qu'ils n'hésiteront pas à quitter Washington si Israël autorise de nouveau l'implantation de colonies en Cisjordanie.

Les Américains demeurent positifs et disent voir dans cette rencontre une réelle chance de relancer le processus de paix. « Après 20 mois sans dialogue, après 62 ans de conflit et plusieurs échecs retentissants, l'Amérique croit aujourd'hui à une conjonture favorable pour une solution à deux États dans le délai imparti d'un an », a déclaré mardi l'émissaire américain pour le Proche-Orient, George Mitchell.

La reprise des pourparlers directs avait été annoncée en août dernier.

Les grands rendez-vous israélo-palestiniens

Depuis une vingtaine d'années, les négociations entre les deux parties n'ont jamais mené à la conclusion d'un traité global mettant fin à un conflit qui dure depuis plus de 60 ans.

1993 Accord d'Oslo

Le 13 septembre 1993 à Washington, un accord conduit à la création de l'Autorité palestinienne chargée d'administrer la Cisjordanie et la bande de Gaza, dans le cadre d'une autonomie limitée.

Cet accord a été conclu après plusieurs rencontres secrètes à Oslo.

1997 Accord d'Hébron - 1998 Memorandum de Wye River

Palestiniens et Israéliens parviennent à conclure deux accords. Le premier, le 17 janvier 1997, concerne la ville d'Hébron et conduit au retrait des forces israéliennes de la majeure partie de cette cité de Cisjordanie.

Le 23 octobre 1998, le Mémorandum de Wye River prévoit de nouveaux redéploiements de l'armée israélienne et avance l'année 1999 comme date butoir en vue d'un accord définitif.

2000 Sommet de Camp David

Le président Clinton invite Yasser Arafat et le premier ministre israélien Ehoud Barak à sa résidence de Camp David en juillet 2000.

Après deux semaines d'âpres tractations à l'initiative du président américain Bill Clinton, aucun accord n'est conclu.

Principale point de blocage, le statut de la ville de Jérusalem. Les Israéliens la considèrent comme leur capitale éternelle et les Palestiniens la veulent aussi comme capitale de leur futur État.

2003 La « feuille de route »

Le Quartette des médiateurs internationaux au Proche-Orient établit en avril 2003 une « feuille de route » destinée à rétablir la paix.

Ce document appelle les Palestiniens à renoncer à la violence, demande la reprise de la coopération entre Israël et les Palestiniens en matière de sécurité et exige la fin de la colonisation juive dans les territoires occupés.

Le président américain George Bush organise un sommet avec les premiers ministres israélien et palestinien, Ariel Sharon et Mahmoud Abbas. Les Palestiniens acceptent le document, comme les Israéliens, qui émettent cependant des réserves sur 14 points.

2007 Conférence d'Annapolis

Le président Bush invite le président palestinien Mahmoud Abbas et le premier ministre israélien Ehoud Olmert à Annapolis, dans le Maryland, pour lancer une nouvelle série de négociations de paix.

Abbas et Olmert se rencontrent à plusieurs reprises. Les deux parties disent être parvenues à un accord sur la plupart des grands dossiers, mais les discussions sont interrompues par la chute d'Olmert, chassé du pouvoir en 2009 par des accusations de corruption.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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