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Québec n'exclut pas la nationalisation

Pierre Arcand, ministre de l'Environnement du Québec

Le ministre Pierre Arcand en entrevue à Radio-Canada

Radio-Canada

Le gouvernement libéral ne serait pas contre la tenue d'un débat sur la nationalisation de l'industrie des gaz de schiste, soutient le ministre du Développement durable et de l'Environnement, Pierre Arcand.

Le gouvernement de Jean Charest est ouvert à l'idée de tenir un débat sur la nationalisation de l'industrie des gaz de schiste au Québec.

C'est ce qu'a indiqué mardi matin le nouveau ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, et ce même s'il possède, comme son gouvernement, un préjugé favorable à l'industrie privée pour l'exploitation de cette ressource convoitée.

En entrevue à Radio-Canada, M. Arcand a admis que la question pourrait faire l'objet de débats après les consultations du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Selon lui, la nationalisation pourrait se faire même si l'industrie possède déjà une longueur d'avance et a obtenu 147 permis d'exploitation.

Mais avant de tenir un tel débat, prévient le ministre, le gouvernement du Québec doit s'assurer de la viabilité économique et environnementale de cette industrie, encore à l'état embryonnaire.

« Si on y voit notre intérêt, certainement que le gouvernement peu l'envisager [la nationalisation]. Mais je pense que pour l'instant, comme c'est une industrie naissante, je pense qu'il faut être prudent sur ces questions-là », a expliqué Pierre Arcand.

En dépit de sa prudence dans le dossier, Québec nourrit de grandes ambitions pour l'exploitation des gaz de schiste dans la province. Plusieurs représentants de l'industrie gazière et du gouvernement ont abondamment vanté ces dernières semaines le potentiel extraordinaire des gaz de schiste.

Un potentiel tel qu'il pourrait même, selon eux, permettre au Québec de s'autosuffire en gaz naturel pendant plusieurs décennies.

Des groupes de citoyens et d'environnementalistes ont toutefois exprimé des inquiétudes quant aux conséquences environnementales du développement de cette filière. Le gouvernement Charest a annoncé dimanche qu'il confiait au BAPE le mandat d'écouter ces préoccupations et de faire des recommandations, en vue du dépôt d'un projet de loi sur les hydrocarbures, au printemps 2011.

L'annonce gouvernementale a été généralement bien reçue, même si certains ont exprimé des réserves sur le pouvoir du BAPE.

Les gaz de schiste sont des gaz naturels emprisonnés dans des formations rocheuses situées entre 1 et 3 kilomètres sous terre.