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Le BAPE bienvenu

Opposants aux gaz de schiste

Opposants aux gaz de schiste

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les représentants des agriculteurs et des municipalités saluent la décision de Québec de tenir des audiences publiques. Le PQ et Québec Solidaire estiment cependant nécessaire un moratoire sur l'exploration.

Aussitôt après que le gouvernement Charest eut annoncé qu'il mandatera le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) pour se pencher sur l'industrie des gaz de schiste au Québec, des réactions, favorables pour la plupart, se sont faites entendre.

L'Union des producteurs agricoles (UPA), la Fédération des municipalités du Québec (FQM) et l'Union des municipalités du Québec (UMQ) ont accueilli positivement la décision de Québec.

Elles considèrent que des audiences publiques permettront de mettre au jour des informations essentielles sur cette industrie, ce qui permettra aux Québécois de prendre des décisions éclairées.

« Comme tous les acteurs dans ce dossier, les producteurs agricoles sont un peu pris de court par la rapidité avec laquelle les projets se multiplient alors que des questions importantes demeurent sans réponses, notamment au niveau des impacts sur l'environnement », affirme le président général de l'UPA, Christian Lacasse.

Marc Gascon, président de l'UMQ, affirme pour sa part que l'annonce du gouvernement « vient répondre aux préoccupations des municipalités du Québec qui disposent pour le moment de trop peu d'informations pour être certaines que ces activités ne porteront pas atteinte aux intérêts des citoyens de leur territoire ».

Le président de la FMQ, Bernard Généreux, croit aussi qu'un grand nombre d'interrogations subsistent. « Il faudra absolument [y] répondre si l'on veut assurer un développement durable et au bénéfice des communautés de cette nouvelle filière énergétique. »

Les trois organisations ont tenu à préciser qu'elles ne sont pas réfractaires à l'exploitation des gaz de schiste, mais qu'elles souhaitent que le développement de l'industrie se fasse prudemment. Selon elles, tous les intervenants devraient pouvoir en connaître les impacts réels sur l'environnement et sur la sécurité publique des citoyens.

Un moratoire exigé

Le député péquiste Scott McKayAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le député péquiste Scott McKay

Tant le Parti québécois que Québec Solidaire déplorent que Québec n'ait pas imposé un moratoire aux activités d'exploration, le temps que le BAPE conduise ses travaux.

Le député péquiste Scott McKay, porte-parole en matière des mines, est déçu que Québec laisse ces activités se poursuivre « comme si de rien n'était ». Il se dit cependant « agréablement surpris » par la décision du gouvernement Charest de mandater le BAPE.

Plus troublé, le député solidaire Amir Khadir s'interroge sur l'ensemble des orientations de Québec en matière énergétique. Il y voit le signe que le gouvernement est plus soucieux « des intérêts des lobbys privés proches du Parti libéral que des droits des citoyens et de l'intérêt du Québec ».

La porte-parole du regroupement citoyen « Mobilisation gaz de schiste », Lucie Sauvé, est elle aussi sceptique quant aux intentions de Québec.

« La phase d'exploration, que le gouvernement laisse dans un flou, c'est une phase très importante. C'est là que l'infrastructure est mise en place et c'est à ce moment que les plus gros problèmes environnementaux peuvent survenir, à cause de la fracturation et la refracturation des puits », soutient Lucie Sauvé.

Elle a par ailleurs peu d'espoir que les consultations du BAPE changent quelque chose à la donne, estimant que « les recommandations du BAPE sont très rarement suivies ».

En ce moment, environ 600 permis d'exploration ont été octroyés, selon ce regroupement citoyen.

L'indépendance du BAPE remise en question

L'écologiste Daniel Breton, porte-parole du groupe Maître chez nous au 21e siècle, ajoute lui aussi un bémol en remettant en cause l'indépendance du BAPE. Il affirme qu'il peut être intéressant de tenir des consultations sur industrie des gaz de schiste, mais seulement à condition que le BAPE ait les moyens de convoquer des experts indépendants.

« Dans les dernières années, toutes les audiences du BAPE n'ont pas été aussi indépendantes qu'on a voulu le laisser entendre. Je peux parler par exemple du BAPE sur Rabaska, où [pour] les études indépendantes que les citoyens avaient demandées, les commissaires n'avaient pas les moyens de faire venir des experts indépendants et se sont fiés à la parole des promoteurs », affirme-t-il.

Des citoyens qui ont assisté à l'annonce des ministres Nathalie Normandeau et Pierre Arcand au parc national du Mont-Saint-Bruno n'ont pas paru rassurés par l'annonce du gouvernement. Ils ont réitéré leur demande d'un moratoire sur le forage de puits de gaz de schiste et ont appelé le gouvernement à plutôt investir ses ressources pour permettre l'exploitation d'énergies renouvelables.

Selon le calendrier établi par le gouvernement, le rapport du BAPE devra être déposé avant le 4 février prochain et le projet de loi sur les hydrocarbures sera déposé au printemps 2011.

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