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Visite guidée d'une potence vitrée

Salle d'exécutions

Salle d'exécutions du Centre de détention de Tokyo.

Photo : La Presse canadienne / CP

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'une des seules démocraties industrialisées à appliquer la peine de mort, le Japon, fait visiter sa chambre d'exécution afin de susciter le débat sur la question.

Personnellement opposée à la peine capitale, la ministre de la Justice nippone, Keiko Chiba, a fait visiter la chambre d'exécution des condamnés à mort aux médias. Mme Chiba a procédé à cette première dans le but de susciter un débat au sein de la société nippone, qui appuie massivement la peine de mort, selon les sondages.

Les médias japonais ont ainsi pu, durant une demi-heure vendredi, visiter la salle où se déroulent les pendaisons au centre de détention de Tokyo.

Un carré rouge, au centre duquel est tracée une croix de la même couleur, marque le plancher d'une salle vitrée afin d'indiquer l'emplacement de la trappe. Le condamné, qui n'est averti de la date de son exécution que quelques heures avant l'événement, prend place sur cette croix. Les mains menottées dans le dos et les yeux bandés. Le condamné est installé sur la trappe en attendant que celle-ci se dérobe sous lui.

Dans une pièce contiguë, trois gardiens appuient simultanément sur un bouton-poussoir fixé au mur. Un seul déclenche l'ouverture de la trappe, mais les gardiens ignorent lequel.

Les familles ne sont averties qu'une fois l'exécution terminée.

Cette occasion offerte aux médias va fournir des éléments au débat public sur le système de la peine de mort.

Keiko Chiba

Malgré ses convictions personnelles, la ministre Chiba a avalisé l'exécution de deux criminels en juillet dernier. Elle a maladroitement tenté de justifier son geste en expliquant qu'elle avait « de nouveau senti profondément le besoin d'une discussion d'ampleur sur la sentence capitale ».

Difficultés politiques

Amnistie internationale dénonce les conditions de détention des condamnés à mort japonais. Ceux-ci vivent ainsi dans l'attente de l'annonce fatidique pendant des années, parfois des décennies, sachant que chaque jour peut être leur dernier. Certains en perdent la raison, selon l'organisme.

La peine capitale

  • Les États-Unis et le Japon sont les deux seules démocraties industrialisées à maintenir la peine de mort.
  • 107 condamnés à mort attendent présentement dans les couloirs de la mort au Japon.
    Keiko ChibaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

    La ministe de la Justice Keiko Chiba

    Photo : La Presse canadienne / Junji Kurokawa

    Le gouvernement japonais explique le maintien de la peine capitale par l'adhésion de la population à cette mesure. Un sondage a démontré en février dernier que 85 % des Japonais appuyaient la peine de mort.

    Le Parti démocrate du Japon (PDJ) avait promis d'encourager un débat national sur la question avant d'accéder au pouvoir en septembre 2009. Mais la défaite du PDJ aux récentes élections sénatoriales, combinée à l'impopularité du gouvernement, a relégué la question de la peine capitale aux oubliettes.

    « L'environnement nécessaire pour que tous les partis discutent de cette question est en train de se dégrader », affirme l'ancien parlementaire et opposant à la peine de mort Nobuto Hosaka. « C'est très difficile à l'heure actuelle. » Ce dernier craint que Mme Chiba, battue aux élections sénatoriales de juillet dernier, soit remplacée par un ministre favorable à la peine capitale.

    Avec les informations de Agence France-Presse

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