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Exclusif

SNC-Lavalin favorisé ?

Le Stade olympique
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'entrepreneur François Delaney, qui va soumissionner pour le remplacement du toit du Stade olympique, estime que la firme d'ingénierie montréalaise est privilégiée dans le processus d'appel d'offres.

Le processus d'appel d'offres pour le remplacement du toit du Stade olympique soulève des critiques. L'une des entreprises en lice soutient que ce processus est vicié et qu'il favorise nettement la firme SNC-Lavalin. Des voix s'élèvent aussi pour dénoncer un possible conflit d'intérêts impliquant l'ingénieur de renom Roger Nicolet.

François Delaney s'apprête à déposer, vendredi, sa proposition d'un toit amovible, en partenariat avec l'importante firme de génie-conseil québécoise Desseau et une compagnie de construction ontarienne, Ellis Don, qui a construit le Skydome à Toronto, un stade à toit ouvrant.

Mais M. Delaney se méfie de l'appel d'offres de la Régie des installations olympiques (RIO), puisque ses exigences sont maintenant calquées sur le concept de toit fixe et rigide de SNC-Lavalin.

« [Les gens de] la direction se sont comportés comme des employés de Lavalin, autrement dit pas pour l'intérêt de l'État, mais plutôt comme des employés de SNC-Lavalin », dit François Delaney.

M. Delaney soutient que l'appel de propositions, qui prend fin vendredi, est un cas typique d'appel d'offres dirigé, notamment parce que la RIO exige des entreprises soumissionnaires un dépôt de capitaux propres de 50 millions de dollars, ce qui est très élevé.

François Delaney : « Ça semble très dirigé pour décourager ou même te disqualifier dès l'entrée de jeu. »
Le journaliste Alain Gravel : « Donc, les dés sont pipés selon vous? »
François Delaney : « On peut appeler ça comme ça. »
Alain Gravel : « C'est assez évident, à votre avis? »
François Delaney : « Oui. »
Alain Gravel : « Pour Lavalin? »
François Delaney : « Oui. »

Conflit d'intérêts?

Ça va plus loin. Il serait même question d'un possible conflit d'intérêts impliquant l'ingénieur Roger Nicolet, qui est consultant de la RIO dans l'appel d'offres actuel. Or, la firme de M. Nicolet a été associée à SNC-Lavalin dans un autre projet de toit pour le Stade olympique, à la fin des années 90, et dans au moins deux autres projets de construction.

Claude Phaneuf, ingénieur responsable du chantier olympique de 1971 à 1976, est catégorique : « Ça veut dire que le gars qui fait l'appel d'offres, il recommande aujourd'hui son ancien associé. INS> »

« Vous parlez de Roger Nicolet? », lui demande le journaliste Alain Gravel. « Je parle de Roger Nicolet », répond-il.

C'est une situation que déplore aussi François Delaney, qui affirme n'avoir jamais pu rencontrer Roger Nicolet pour lui présenter son projet. « L'attitude qu'il a eue avec moi m'indique que lui aussi voulait me tenir à l'écart. Moi, j'appelle ça un conflit d'intérêts », affirme-t-il.

À la RIO, on balaie d'un revers de la main les allégations d'appel d'offres dirigé et de conflit d'intérêts, surtout que M. Nicolet ne fera pas partie du jury qui choisira la firme gagnante.

« M. Nicolet est un homme d'une grande probité, d'une grande intégrité, qui est reconnu et qui observe, j'en suis certaine, à la lettre son code d'éthique », souligne Sylvie Bastien, porte-parole de la RIO.

C'est le gouvernement du Québec qui aura le dernier mot dans cette histoire, puisque c'est lui qui paiera la facture finale évaluée à plus de 300 millions de dollars, s'il n'y a pas de dépassement de coût.

D'après le reportage d'Alain Gravel

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