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  • Exclusif
  • Des fissures à un endroit névralgique

    Le Stade olympique

    Des problèmes ont été décelés dans la structure du stade, révèle Radio-Canada. La situation inquiète ses concepteurs, surtout en raison du projet d'un nouveau toit fixe et rigide pesant plus de 3500 tonnes.

    Alors que la Régie des installations olympiques (RIO) s'apprête à accorder le contrat pour l'installation d'un nouveau toit fixe au Stade olympique de Montréal, on a décelé des problèmes dans la structure, a appris une équipe de l'émission Enquête, de Radio-Canada.

    Des documents techniques de la RIO révèlent que des fissures apparaissent dans des pièces de béton précontraintes, situées dans un endroit névralgique pour le maintien de la structure.

    Des voussoirs fissurés

    Au sommet de chacune des poutres en porte-à-faux, on trouve d'immenses cubes de béton appelés « voussoirs de tête ». Ils font la jonction avec les consoles du stade. Tout tient en place grâce à la tension de câbles d'acier qui traversent ces voussoirs.

    Les concepteurs du stade s'inquiètent de son état, surtout en raison du projet de nouveau toit fixe et rigide pesant plus de 3500 tonnes. Avec ce nouveau toit, le mât devra être renforcé, de même que les 34 consoles en porte-à-faux.

    L'architecte du stade, Roger Taillibert, estime qu'un examen complet de la structure est nécessaire.

    « Il y a dans le stade une expertise totale à faire, afin de voir combien il y a eu de destruction avec le toit Birdair qui a tiré des câbles dans tous les sens et qui a provoqué des dérèglements des consoles. Et ces dérèglements ont provoqué des fissures », dit-il.

    La situation préoccupe aussi Claude Phaneuf, l'ingénieur qui était responsable du chantier olympique. « Sans ce voussoir-là, explique-t-il, ça tombe. Si ça débarque, tout part. »

    Ça m'inquiète parce que ces fissures-là sont dans la pièce la plus sollicitée
    , où il y a de la précontrainte dans les deux sens.

    L'ingénieur Claude Phaneuf, qui était responsable du chantier olympique

    SNC-Lavalin et la RIO se veulent rassurantes

    Siège de SNC-LavalinSiège de SNC-Lavalin

    La firme d'ingénierie montréalaise SNC-Lavalin, qui est privilégiée par la RIO pour le contrat de remplacement du toit, soutient qu'il n'y a rien d'alarmant. Ces fissures seront réparées lors des travaux pour l'installation d'un toit fixe en acier, nous dit-on.

    « Ce sont des fissures superficielles qui ont été décelées au niveau du voussoir en tête. [On] nous demande dans le cahier de charge d'en tenir compte et de renforcer ces parois-là », soutient le vice-président principal de l'entreprise, Charles Chebl.

    Lorsqu'on lui demande si la situation l'inquiète, il répond : « Non, on sait quoi faire. »

    Un des rivaux de SNC-Lavalin, François Delaney, président et fondateur de Laboratoire CFD, partisan d'un nouveau toit rétractable, estime pourtant que les choses ne sont pas si simples et que la facture risque d'être élevée.

    « Ça va être très coûteux. Ils vont faire un renforcement de toutes les consoles et nécessairement les voussoirs de tête qui sont fissurés vont disparaître. Ils vont probablement les remplacer », croit-il.

    Mais la RIO tente elle aussi de se faire rassurante. « Si le contrat de toit fixe est accordé à SNC-Lavalin, dit un porte-parole, elle exigera que la structure soit renforcée et les voussoirs réparés. »

    Fin juin, la RIO a publié un avis d'intention dans lequel elle réclamait du gouvernement du Québec l'autorisation de conclure une entente avec la firme d'ingénierie montréalaise. En vertu de cette entente, SNC-Lavalin concrétiserait la soumission faite en 2007 à la RIO pour donner au stade montréalais un toit fixe et rigide.

    Comme la RIO a modifié les modalités de paiements destinés à la firme choisie, d'autres soumissionnaires ont notamment été invités à se manifester.

    L'échéance pour le dépôt de projets concurrents à celui de SNC-Lavalin est fixée à vendredi prochain.

    En juin dernier, Radio-Canada révélait le contenu d'un document qui illustrait à quel point le toit actuel était vulnérable. La toile a perdu 45 % de sa résistance, et elle subit chaque année jusqu'à une soixantaine de déchirures. Les spécialistes jugent donc impératif de remplacer le toit.

    Depuis quatre ans, la RIO a investi 3,5 millions de dollars en études diverses pour trouver une solution aux problèmes récurrents du toit du stade olympique.

    D'après un reportage d'Alain Gravel