ICI Radio-Canada

Vous naviguez sur le nouveau site

Aide à la navigation
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le bulletin unique recalé cette année

École

Élèves en classe (archives)

Radio-Canada

La nouvelle ministre de l'Éducation du Québec, Line Beauchamp, reporte l'implantation du bulletin unique à septembre 2011. Il y aura dorénavant trois bulletins par année et la note de passage sera de 60 % pour tous.

La nouvelle ministre de l'Éducation du Québec, Line Beauchamp, a annoncé vendredi qu'elle reportait d'un an l'implantation d'un bulletin unique dans les écoles primaires et secondaires.

L'arrivée d'un bulletin unique et chiffré, basé sur l'évaluation des connaissances, sera donc implantée pour l'année scolaire 2011-2012. Toutes les écoles de la province devront l'adopter sans exception.

La ministre dit que cet « ajustement » a été décidé par respect pour les professeurs. « J'ai répondu à cet appel qu'on me faisait d'avoir une année de transition et qu'on s'assure que tout près de 90 000 professeurs seront bel et bien formés et vont être en pleine maîtrise de ce nouveau bulletin », soutient-elle.

À quoi le bulletin ressemblera-t-il?

Cliquez ici  (Nouvelle fenêtre)pour voir un exemple du bulletin unique que le ministère compte utiliser au primaire dès l'an prochain.

La ministre a également donné plusieurs détails au sujet des modifications qui seront apportées. Elle a notamment annoncé que les parents recevront dorénavant trois bulletins, qu'elle a décrits comme étant d'une « grande clarté ».

Le premier sera distribué avant le 20 novembre, le second avant le 15 mars, et le troisième, le 10 juillet. Les deux premiers compteront pour 20 % des notes finales, tandis que le troisième vaudra 60 %.

Cette pondération, a dit la ministre, était préconisée dans de nombreux mémoires déposés en commission parlementaire. Elle vise à « s'assurer que l'enfant reste motivé en cours d'année ».

Selon Mme Beauchamp, un premier bulletin comptant pour 40 % de la note finale aurait pu décourager un élève pour le reste de l'année étant donné le chemin à rattraper.

La nouvelle façon de faire préconisée « amène tous les enfants à être motivés à poursuivre, parce qu'ils savent qu'ils ont cette fin d'année très importante et que ça vaut la peine de poursuivre », soutient la ministre de l'Éducation.

Le bulletin évaluera l'acquisition des connaissances. Au deuxième niveau du primaire, par exemple, l'évaluation visera à déterminer si l'élève sait « lire, écrire et communiquer oralement ».

La note de passage sera par ailleurs fixée à 60 %. Il ne sera donc plus possible d'abaisser la note de passage à 55 % voire à 50 %, comme le font actuellement certaines écoles.

Les élèves du secondaire qui échoueront à un cours nécessaire à l'obtention du diplôme d'études secondaires devront obligatoirement le reprendre.

Au primaire, une note inférieure à 60 % déclenchera une intervention de la part de l'école auprès des parents. Cette intervention visera à déterminer si l'enfant a besoin d'un encadrement supplémentaire, de services particuliers, ou s'il est souhaitable qu'il redouble son année.

Les écoles devront par ailleurs communiquer avec les parents au plus tard le 15 octobre pour leur donner un premier aperçu de la progression de l'apprentissage de leur enfant. L'idée générale, dit la ministre, consiste à dire comment s'est déroulée la rentrée scolaire.

Les modifications, prévues dans le projet de règlement modifiant le Régime pédagogique de l'éducation préscolaire, de l'enseignement primaire et de l'enseignement secondaire, devaient au départ entrer en vigueur le 1er septembre 2010.

Elles doivent notamment se traduire non seulement par l'instauration d'un bulletin unique, mais aussi par l'amélioration de l'information transmise aux parents et par la simplification des pratiques d'évaluation.

Avis défavorable

Dans un avis publié le 12 août, le Conseil supérieur de l'éducation avait soutenu que ces changements, qui auront des « répercussions majeures » sur le système scolaire québécois, « apparaissent prématurés » et vont bien au-delà de ces seules mesures.

Le Conseil disait reconnaître que l'évaluation des apprentissages pose encore de nombreux défis et que des ajustements sont nécessaires, mais concluait que les modifications prévues au Régime posent plusieurs problèmes.

« L'ampleur et la nouveauté des modifications proposées, le délai de consultation ainsi que la date d'entrée en vigueur du projet de règlement heurtent de front les acteurs du milieu scolaire qui ne sentent pas que sont considérées les contraintes de planification et d'organisation scolaire qui sont les leurs, d'autant plus que le nouveau cadre d'évaluation n'est pas encore disponible », estime le Conseil.

Plutôt que de procéder aux modifications prévues, le Conseil avait recommandé à la ministre Beauchamp de poursuivre l'examen des pratiques d'évaluation des apprentissages en collaborant avec le milieu, notamment avec les enseignants et le personnel de direction des écoles.

Le Conseil, en bref

Le Conseil supérieur de l'éducation a été institué en 1964, au terme de la Commission royale d'enquête sur l'enseignement dans la province de Québec. Il s'agit d'un lieu de réflexion sur le développement global de l'éducation. Composé de 21 membres bénévoles nommés par le gouvernement, il conseille la ministre de l'Éducation sur toute question relative à l'Éducation. Ses avis ne sont pas contraignants.

La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) avait accueilli favorablement l'avis du Conseil supérieur de l'éducation. « Après une analyse approfondie et la consultation des principaux organismes du réseau scolaire, le Conseil arrive sensiblement aux mêmes conclusions que nous », a affirmé la présidente de la Fédération, Josée Bouchard, dans un communiqué.

La FCSQ indiquait que, comme le Conseil, elle craint les conséquences des modifications proposées sur le système scolaire. Elle partageait aussi l'opinion du Conseil qui souhaite reporter l'entrée en vigueur de ces changements au Régime pédagogique. La FCSQ disait ne pas disposer d'assez de temps pour produire les nouveaux outils d'évaluation nécessaires pour le personnel enseignant avant la rentrée prochaine.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !