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Un vaste nuage de pétrole sous l'eau

Une importante nappe de pétrole
Des équipes tentent de ramasser le pétrole en surface, au large des côtes américaines, dans les semaines qui ont suivi l'explosion de la plate-forme de BP dans le golfe du Mexique. Photo: AFP / USCG/Elizabeth Bordelon
Radio-Canada

Des scientifiques ont localisé un immense nuage de pétrole dans le golfe du Mexique à 900 m de profondeur. Le pétrole se dégraderait moins rapidement que prévu, selon l'étude publiée dans Science.

Des océanographes ont trouvé dans les profondeurs du golfe du Mexique un vaste panache d'hydrocarbures provenant du puits exploité par BP. Ils ont ainsi confirmé l'existence de ce nuage de pétrole, jusqu'alors introuvable.

Le panache s'étend sur au moins 35 km, et mesure 1,9 km de largeur et près de 200 m de hauteur. Il se trouve à plus de 900 m de profondeur, ont estimé les océanographes lors d'une expédition scientifique conduite du 19 au 28 juin à bord d'un navire spécialement équipé.

« Nous avons détecté le panache se déplaçant lentement (0,27 km/h) au sud-ouest de l'endroit où se trouvait la plate-forme qui a explosé », précise Richard Camilli, chef de l'expédition scientifique et principal auteur de cette étude qui paraît dans la revue Science du 20 août.

« Jusqu'alors, ce panache était considéré comme théorique », ajoute-t-il précisant qu'il n'est pas formé de « pétrole pur » mais qu'il contient de nombreux composants pétroliers.

Les analyses d'échantillons confirment la présence de benzène, de toluène, d'éthylbenzène et de xylène.

Les scientifiques ont pu ainsi établir que ce pétrole provenait bien de la marée noire résultant de l'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon le 20 avril, et non de suintements naturels.

La fuite du puits, à 1500 mètres de profondeur, a été arrêtée mi-juillet après que 4,9 millions de barils de brut s'étaient déversés dans l'océan. La plus grande partie du pétrole restait introuvable.

Remise en question du bilan des autorités américaines

Étant donné l'étendue de la masse de ce nuage sous-marin d'hydrocarbures et de résidus, il pourrait subsister dans l'océan plus longtemps qu'on ne le pensait, selon les auteurs.

« Nombre d'experts ont tablé sur une biodégradation rapide des hydrocarbures se trouvant sous la surface de l'eau et ce n'est pas ce que nous avons observé », relève Richard Camilli.

Plus tôt cette semaine, des océanographes de l'Université de Géorgie ont estimé dans un rapport que près de 80 % du pétrole serait encore dans l'océan.

Ils ont ainsi remis en question les évaluations optimistes du gouvernement américain, début août, selon lesquelles 74 % du brut déversé avaient été éliminés par évaporation, biodégradation, récupération ou d'autres moyens.

Des experts devaient être entendus sur ce sujet jeudi au Congrès.

Avec les informations de Agence France-Presse