•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Québec « médiocrement » prospère

Bulletin de la prospérité du Québec

Photo : Conseil du patronat du Québec

Louis-André Bertrand
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans son premier Bulletin de la prospérité du Québec, le Conseil du patronat juge que les résultats de la province en matière de prospérité et de création de la richesse laissent place à beaucoup d'amélioration.

Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) estime que le Québec doit « redoubler d'efforts » en ce qui a trait à la prospérité et à la création de la richesse dans la province.

Le Conseil arrive à cette conclusion en analysant son premier Bulletin de la prospérité du Québec, où ont été évalués cinq critères :

  • la disponibilité et la qualité de la main-d'oeuvre;
  • le coût du capital humain;
  • la réglementation;
  • les finances publiques;
  • l'environnement d'affaires.

Les résultats étaient ensuite comparés aux économies de trois autres provinces (Alberta, Colombie-Britannique et Ontario) et de certains pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques sur une échelle de A à D.

La note C a été accordée à tous les déterminants, à l'exception de la réglementation, qui a reçu la note D.

Le Québec a obtenu ses meilleurs résultats par rapport à la diplomation universitaire, la taxation sur les investissements et les dépenses en recherche et développement.

Dans son Bulletin, le Conseil juge problématiques les niveaux d'intégration des immigrants sur le marché du travail dans la province ainsi que la complexité et les contraintes de la réglementation québécoise.

Le CPQ explique son évaluation défavorable de la réglementation par un cadre juridique « favorable » aux syndicats et par le nombre moyen de documents produits par entreprise pour se conformer à la réglementation (29 au Québec, 26 en Colombie-Britannique, 25 dans les Prairies et 23 en Ontario).

L'étude de Statistique Canada sur laquelle se base le CPQ indique cependant que, malgré un nombre supérieur de documents à produire, c'est au Québec que les coûts de conformité annuels moyens par employé sont les plus bas.

Ainsi, selon l'Analyse du coût de la conformité à la réglementation de 2008, le coût de conformité moyen par employé est de :

  • 256 $ au Québec;
  • 263 $ en Colombie-Britannique;
  • 282 $ au Canada;
  • 302 $ en Ontario;
  • et 307 $ dans les Prairies.

Mobiliser tous les acteurs sociaux

Le président du CPQ, Yves-Thomas Dorval, estime que ces résultats sont attribuables non pas à un gouvernement ou à un parti politique, mais à « une société qui, après avoir obtenu des gains, des acquis et des succès, a négligé de mettre en place les meilleures conditions possible afin de prospérer de façon durable dans un contexte de concurrence mondiale. »

M. Dorval ajoute que des actions concertées doivent être mises en place pour créer de la richesse et de la prospérité dans la province.

Intéressant, mais incomplet

Le ministre du Développement économique, Clément Gignac, trouve que le bulletin est incomplet et ne tient pas compte de certains indicateurs comme le contrôle des dépenses et la forte présence des femmes sur le marché du travail grâce aux centres de la petite enfance.

« C'est une étude intéressante qui identifie les enjeux sur lesquels on doit travailler, mais qui, selon moi, est quand même incomplète [puisque] certains indicateurs mériteraient d'[y] être ajoutés. »

— Une citation de  Clément Gignac, ministre du Développement économique

M. Gignac est cependant en accord avec la notion que, au-delà du gouvernement, tous les acteurs sociaux sont appelés à contribuer à la prospérité de la province, notamment en ce qui a trait à l'intégration des immigrants.

Un bulletin pessimiste

De son côté, la présidente la CSN, Claudette Carbonneau, trouve que le bulletin du Conseil du patronat est alarmiste.

« Développer collectivement de l'audace, j'en suis! Mais je trouve que c'est un petit peu mal parti en se dépeignant uniquement en couleurs noires et un peu comme si on était carrément des cancres! »

— Une citation de  Claudette Carbonneau, présidente la CSN

Claudette Carbonneau souligne que la force de l'État québécois lui a permis de bien surmonter la crise, ce qui n'est pas relevé par le bulletin du conseil du patronat.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !