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L'hypertension artérielle pulmonaire expliquée

Poumons

Photo : iStockphoto

Radio-Canada

Le mécanisme provoquant l'hypertension artérielle pulmonaire, une maladie évolutive souvent mortelle qui frappe habituellement les jeunes adultes, est identifié par des chercheurs québécois.

La médecine comprend mieux l'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) grâce à des travaux menés par des chercheurs québécois de l'Université Laval.

Le Pr Sébastien Bonnet et ses collègues ont expliqué le mécanisme qui provoque cette maladie rare des vaisseaux sanguins pulmonaires qui perturbe la circulation sanguine à l'intérieur des poumons.

Sur le plan biologique, l'HTAP se caractérise par une multiplication excessive des cellules qui peuplent l'intérieur des artères menant le sang du coeur vers les poumons.

Le rétrécissement des artères pulmonaires causé par la maladie entraîne un effort accru du coeur et provoque sa détérioration.

Voici les principaux symptômes de la maladie :

  • essoufflement généralisé, à l'effort et au repos;
  • douleurs cardiaques;
  • palpitations cardiaques;
  • étourdissements;
  • perte de conscience.

À l'heure actuelle, il n'existe aucun traitement curatif efficace, et plus de la moitié des personnes atteintes meurent dans les cinq années suivant le diagnostic.

La découverte

L'équipe du Pr Bonnet a découvert que le fait d'accélérer le métabolisme des cellules peut en arrêter la multiplication désordonnée, phénomène à l'origine de l'hypertension.

Elle est arrivée à cette constatation en retirant une certaine enzyme du bagage génétique de souris. La fonction de cette enzyme, appelée MDC, est justement de freiner le métabolisme cellulaire.

Elle a ensuite constaté qu'en l'absence de cette enzyme, les rongeurs ne développaient pas d'HTAP.

Après avoir établi le rôle de l'enzyme, les chercheurs ont ciblé deux substances dont les effets stimulants sur le métabolisme des cellules sont reconnus.

Des tests menés sur des animaux et des tissus humains ont montré que ces substances rétablissaient le fonctionnement normal des cellules artérielles pulmonaires, et ce, sans entraîner d'effets secondaires nocifs.

Le Pr Bonnet pense que ces travaux représentent des possibilités thérapeutiques intéressantes pour le traitement d'autres maladies qui présentent les mêmes anomalies cellulaires, comme certains types de cancers et de maladies vasculaires.

Des tests cliniques chez l'humain pourraient commencer dans les prochains mois.

Cette percée québécoise fait la une de l'édition du 11 août de la revue Science Translational Medicine.

Le saviez-vous?

L'incidence de l'HTAP est estimé à 2 personnes par million. (Fondation HTAP)