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Avis défavorable au bulletin unique

École

Élèves en classe (archives)

Radio-Canada

Le Conseil supérieur de l'éducation recommande à la ministre tout juste nommée, Line Beauchamp, de ne pas procéder aux modifications relatives à l'évaluation des apprentissages dont l'entrée en vigueur est prévue le 1er septembre.

Le Conseil supérieur de l'éducation recommande à la nouvelle ministre de l'Éducation du Québec, Line Beauchamp, de ne pas procéder aux modifications relatives à l'évaluation des apprentissages des élèves québécois.

Ces modifications, prévues dans le projet de règlement modifiant le Régime pédagogique de l'éducation préscolaire, de l'enseignement primaire et de l'enseignement secondaire, doivent entrer en vigueur le 1er septembre prochain.

Elles doivent notamment se traduire par l'instauration d'un bulletin unique, par l'amélioration de l'information transmise aux parents et par la simplification des pratiques d'évaluation.

Dans un avis publié jeudi, le Conseil soutient que ces changements, qui auraient des « répercussions majeures » sur le système scolaire québécois, « apparaissent prématurés » et vont bien au-delà de ces seules mesures.

Le Conseil dit reconnaître que l'évaluation des apprentissages pose encore de nombreux défis et que des ajustements sont nécessaires, mais conclut que les modifications prévues au Régime posent plusieurs problèmes. Selon le groupe, ces modifications :

  • auraient inévitablement une incidence sur la façon d'enseigner, nécessitant de nouvelles adaptations de la part du personnel scolaire;
  • ne seraient pas cohérentes avec les visées du renouveau pédagogique de rehausser le curriculum et de faire réussir le plus grand nombre d'élèves;
  • fragiliseraient des éléments importants du renouveau tels que l'approche par compétences et l'organisation par cycle d'apprentissage;
  • remettraient en question le choix d'une évaluation conçue pour servir les apprentissages et la réussite.

« L'ampleur et la nouveauté des modifications proposées, le délai de consultation ainsi que la date d'entrée en vigueur du projet de règlement heurtent de front les acteurs du milieu scolaire qui ne sentent pas que sont considérées les contraintes de planification et d'organisation scolaire qui sont les leurs, d'autant plus que le nouveau cadre d'évaluation n'est pas encore disponible », estime le Conseil.

« Par ailleurs, poursuit-il, les modifications ne semblent pas tenir compte des pratiques existantes et du temps de réflexion nécessaire à l'analyse et à l'appropriation de ces changements. »

« Compte tenu de la complexité et de l'interdépendance des changements exigés, soutient le Conseil, la transformation des pratiques professionnelles nécessite du temps, de l'exercice et un rappel constant des visées du renouveau. »

Plutôt que de procéder aux modifications prévues, le Conseil recommande à la ministre Beauchamp de poursuivre l'examen des pratiques d'évaluation des apprentissages en collaborant avec le milieu, notamment avec les enseignants et le personnel de direction des écoles.

D'éventuels ajustements, dit le Conseil, devraient s'appuyer sur un état de la situation qui identifie clairement les problèmes, sur des résultats de recherche fiables et rigoureux et sur l'expertise du milieu scolaire.

Le Conseil, en bref

Le Conseil supérieur de l'éducation a été institué en 1964, au terme de la Commission royale d'enquête sur l'enseignement dans la province de Québec. Il s'agit d'un lieu de réflexion sur le développement global de l'éducation. Composé de 21 membres bénévoles nommés par le gouvernement, il conseille la ministre de l'Éducation sur toute question relative à l'Éducation. Ses avis ne sont pas contraignants.

Les commission scolaires approuvent l'avis du Conseil

La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) a accueilli favorablement l'avis du Conseil supérieur de l'éducation.

« Après une analyse approfondie et la consultation des principaux organismes du réseau scolaire, le Conseil arrive sensiblement aux mêmes conclusions que nous », a affirmé la présidente de la Fédération, Josée Bouchard, dans un communiqué.

La FCSQ indique que comme le Conseil, elle craint les conséquences des modifications proposées sur le système scolaire. Elle partage aussi l'opinion du Conseil qui souhaite repousser l'entrée en vigueur de ces changements au Régime pédagogique. La FCSQ soutient ne pas disposer d'assez de temps pour produire les nouveaux outils d'évaluation nécessaires pour le personnel enseignant avant la rentrée prochaine.

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