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Terroriste ou enfant apeuré?

Dessin juridique du procès d'Omar Khadr, le 12 août
Dessin du témoignage du « colonel W » au procès d'Omar Khadr. Photo: La Presse canadienne / Janet Hamlin

Les procureurs présentent le jeune Canadien comme un terroriste. Son avocat soutient plutôt qu'Omar Khadr n'a pas lancé la grenade qui a tué le soldat Speer. S'il est passé aux aveux, dit-il, c'est uniquement par peur des enquêteurs.

À Guantanamo, les avocats du gouvernement américain et celui d'Omar Khadr ont procédé tour à tour à leurs déclarations d'ouverture, jeudi, présentant deux portraits opposés de l'accusé.

Ces deux allocutions d'une vingtaine de minutes constituaient la première étape concrète du procès du jeune Canadien, qui est le seul occidental toujours détenu à la prison militaire américaine.

Le procureur du gouvernement, Jeff Groharing s'est engagé à prouver qu'Omar Khadr a bel et bien lancé la grenade qui a causé la mort du soldat américain Chris Speer, en juillet 2002, en Afghanistan. D'entrée de jeu, il a affirmé qu'Omar Khadr avait lui-même déclaré : « Je suis un terroriste entraîné par Al-Qaïda ».

Omar Khadr a adopté l'idéologie terroriste et, après sa capture, a décrit les opérations menées contre les forces américaines avec fierté, a-t-il argué.

Omar Khadr a décidé de conspirer avec Al-Qaïda afin de tuer le plus d'Américains possible.

Me Jeff Groharing

Le procureur a également présenté une vidéo montrant un jeune Khadr fabriquer, et apparemment poser, des bombes, en Afghanistan.

L'avocat d'Omar Khadr, Jon Jackson, a pour sa part déclaré que l'accusé n'a jamais lancé la grenade qui a tué le soldat Speer. Il soutient qu'il ne se trouvait sur les lieux que parce que son père, Ahmed Khadr, le lui avait ordonné.

Il était là uniquement parce que la haine qu'Ahmed Khadr avait pour ses ennemis était plus grande que l'amour qu'il avait pour son fils.

Me Jon Jackson

Me Jackson a en outre soutenu qu'Omar Khadr n'est pas criminel de guerre, mais un enfant apeuré et aveuglé.

L'avocat a également rappelé qu'aucun témoin n'a vu Khadr lancer la grenade.

Selon Me Jackson, il a confessé avoir lancé la grenade uniquement parce qu'il avait peur des enquêteurs qui l'interrogeaient. Ils lui ont faire dire ce qu'ils voulaient, a-t-il soutenu, en inventant l'histoire d'un jeune homme violé et tué en prison.

L'engin explosif a été lancé par un autre combattant avant d'être tué par un soldat américain, qui a également atteint son client dans le dos à deux reprises, a soutenu Me Jackson.

Un rapport concluait à la mort du meurtrier du soldat Speer

Le tribunal a également commencé à entendre des témoins, dont l'auteur du rapport sur la mort du soldat Speer, identifié seulement comme le « colonel W » pour des raisons de sécurité.

Dans son rapport rédigé quelques heures après les faits, il avait indiqué que l'assassin du soldat Speer avait été tué.

Devant la cour, l'auteur du rapport a justifié sa conclusion de l'époque en invoquant les chances de survie très minces du meurtrier.

Le « colonel W » a révisé son rapport deux ans plus tard après avoir été contacté par les procureurs qui préparaient la cause contre Omar Khadr.

Le juge a dû suspendre l'audience lorsque Me Jackson a perdu connaissance en interrogeant un témoin. L'avocat a été transporté en ambulance par mesure de précaution après avoir repris conscience.

Notons que la veuve du soldat Speer était dans la salle d'audience.

Le procès devrait durer de trois à quatre semaines. Au moins cinq des sept jurés devront s'entendre pour dire que Khadr est coupable et pour que celui-ci soit condamné. Les sept jurés militaires - quatre hommes et trois femmes - ont été sélectionnés mercredi.

Enfant-soldat

Omar Khadr a été arrêté en Afghanistan en juillet 2002, alors qu'il n'avait que 15 ans.

Il est accusé non seulement d'avoir tué le soldat Speer, mais aussi de tentative de meurtre, de soutien matériel à des activités terroristes, de conspiration d'espionnage pour le compte du réseau Al-Qaïda.

Aujourd'hui âgé de 23 ans, Omar Khadr a plaidé non coupable aux cinq chefs d'accusation. Il risque la prison à vie.

Frédéric Arnould [[exergue]]Le journaliste Frédéric Arnould est à Guantanamo
pendant la durée du procès Khadr.

Lisez son blogue.

Avec les informations de Agence France-Presse, La Presse canadienne, Associated Press, et Reuters

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