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De la résistance à la ferme

Garmisch-Partenkirchen

Garmisch-Partenkirchen

Photo : La Presse canadienne / AP Photo/Christof Stache

Radio-Canada

L'Allemagne se rallie derrière Munich, mais Garmisch-Partenkirchen fait bande à part. Un groupe d'agriculteurs s'oppose aux Jeux de 2018 pour sauver des terres condamnées à des chantiers de béton.

Qui a dit que l'aventure olympique était un rêve? À Garmisch-Partenkirchen, plusieurs la vivent comme un cauchemar.

Un groupe de 80 paysans locaux est entré en résistance contre la candidature de Munich pour les Jeux d'hiver de 2018. Leur croisade : empêcher que leurs pâturages se transforment en champs de béton.

Si la capitale de la Bavière est choisie par le Comité olympique international (CIO), Garmisch accueillerait toutes les compétitions sur neige, tandis que Munich hériterait des sports sur glace et le lac de Königsee (près de Berchtesgaden), de ceux de la glisse (bobsleigh, luge, skeleton).

Dans une ville d'à peine 26 000 habitants, la construction d'un village olympique pour plus de 2500 athlètes et officiels, d'un centre média pour 10 000 journalistes et d'immenses places de stationnement pose problème. Il faudra empiéter sur des terres agricoles, une solution qui irrite les fermiers au plus haut point.

« On est tout juste capable d'organiser les Championnats du monde (de ski alpin en février 2011), mais les JO, c'est une tout autre dimension, a déclaré Josef Glatz, 50 ans, le meneur des paysans frondeurs. La terre sera finie. Rien ne sera plus comme avant. »

Les organisateurs de Munich 2018 ont bien tenté de calmer le jeu, mais en vain. On a promis aux agriculteurs que seules les infrastructures utiles à long terme seraient conservées, alors que les autres seraient démolies après les Jeux, sans trace apparente après deux ou trois ans.

Mais la grogne vient de plus loin. À Garmisch, nombreux sont ceux qui pensent que Munich a agi par condescendance. « Ils (Munich) sont venus en disant : "Nous sommes les meilleurs, on sait ce qu'il vous faut et voilà comment faire" », estime Alexandre Schwer, journaliste au quotidien local Garmisch-Partenkirchner Tagblatt.

Mea cupla

MunichAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Munich

Photo : La Presse canadienne / AP/ Diether Endlicher

Munich a déjà avoué ses torts. Les autorités municipales ont « reconnu leurs erreurs », soutient le maire adjoint Nahhes Krätz, comme la présentation des plans « avant que les propriétaires terriens ne soient consultés ».

Le projet demeure cependant sur les rails. Il est même « sur la bonne voie », s'il faut en croire Krätz, qui ajoute que « les négociations sont constructives ».

« Des adaptations sur certains aspects » seraient nécessaires si la fronde perdure, mentionne l'architecte Matthias Schöner du cabinet d'architectes Albert Speer and Partners (chargé du projet des JO de 2018), « mais le projet ne va pas s'écrouler ».

Mais au-delà de la grogne des agriculteurs, le projet munichois de 2018 est largement critiqué par les militants verts. Axel Döringer, qui dirige la campagne NOlympia, prédit une véritable « gueule de bois » si les Jeux ont lieu en Bavière, en raison de leurs répercussions sur l'écologie.

« Je pense qu'il ne devrait plus y avoir de JO d'hiver du tout, explique-t-il. Vous ne pouvez pas ruiner une région différente tous les quatre ans, comme ce qui se passe à Sotchi, qui dépasse le pire des cauchemars. »

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