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Les morts s'empilent à Moscou

Les Moscovites se promènent avec des masques pour se protéger de la mauvaise qualité de l'air.
Les Moscovites se promènent avec des masques pour se protéger de la mauvaise qualité de l'air. Photo: AFP / Natalia Kolesnikova
Radio-Canada

La chaleur et le smog qui enveloppent la capitale russe font bondir à 700 le nombre de morts par jour, alors que la normale est d'environ 350. Les incendies de forêt forcent les autorités à placer des sites nucléaires sous haute surveillance.

À Moscou, le nombre de morts enregistré quotidiennement a pratiquement doublé, a annoncé lundi le responsable des services de santé de la ville.

La capitale russe, soutient Andrei Seltsovsky, recense maintenant 700 décès par jour, comparativement à une moyenne se situant normalement entre 360 et 380.

M. Seltsovsky impute cette hausse à la vague de chaleur qui s'abat sur la région et à la mauvaise qualité de l'air et au smog qui enveloppe la capitale.

Cette situation est attribuable aux quelque 550 incendies de forêt qui ravagent plus de 1700 kilomètres carrés dans l'ouest du pays, ce qui équivaut à quatre fois la superficie de l'île de Montréal.

Les feux de forêt, qui sévissent depuis trois semaines maintenant, ont fait 52 morts et brûlé plus de 2000 maisons. Des milliers de personnes ont été déplacées sur le territoire russe.

Quelque 10 000 pompiers combattent les brasiers. Ils continueront pour plusieurs jours encore, les prévisions météorologiques ne laissant pas entrevoir de répit.

Hôpitaux et morgues débordent

Les retombées des feux, qui surviennent alors qu'une grande sécheresse sévit dans le pays, sont multiples dans la capitale.

Les hôpitaux sont bondés et les appels pour des ambulances ont augmenté de 25 % à environ 10 000 par jour. Les morgues sont pleines et les salons funéraires font des affaires d'or.

« Aujourd'hui, nous avons 80 corps », a déclaré à Reuters un responsable d'une morgue supposée en accueillir un maximum de 35. « Nous les plaçons n'importe où parce que les réfrigérateurs sont pleins ».

Les polluants atmosphériques atteignent des niveaux nocifs pour la santé. Le niveau de monoxyde de carbone dépasse de deux à trois fois la concentration considérée sécuritaire et l'a même dépassé de 6,6 fois en fin de semaine.

La température extérieure atteint régulièrement les 38 degrés Celsius, soit beaucoup plus que la normale saisonnière, qui se situe aux alentours de 24 degrés.

Nos ancêtres n'ont pas observé une chaleur pareille en 1000 ans [...] Ce phénomène est absolument unique.

Le chef du service météorologique russe, Alexander Frolov

Diarmid Campbell-Lendrum, de l'Organisation mondiale de la santé, n'est pas surpris par la hausse du nombre de décès. Cette situation est comparable, dit-il, à ce qui s'est produit lors de la vague de chaleur qui a balayé l'Europe en 2003.

« L'impact tend à être plus sévère dans les endroits qui ne sont pas habitués à ce genre de température », ce qui est le cas de la Russie.

Des sites nucléaires sous surveillance

Les autorités russes ont par ailleurs décrété l'état d'urgence autour du centre de retraitement et de stockage de déchets nucléaires de Maïak, dans l'Oural, en raison de la propagation des incendies. L'usine retraite 400 tonnes de combustibles par année.

D'autres installations nucléaires sont à risque. Le ministère russe des Situations d'urgence a demandé dimanche à ses services de travailler sans relâche pour éteindre un incendie autour du centre nucléaire de Snejinsk, également dans l'Oural. Il s'agit d'un site de fabrication d'armes nucléaires.

En ce qui concerne le centre nucléaire de Sarov, qui fabrique lui aussi des armes nucléaires, la situation serait réglée. Un responsable a déclaré que « l'équipement et les matériaux explosifs ont été remis dans les installations qui étaient menacées par l'incendie » et que « l'institut travaille normalement ».