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Dupuis part, Fournier revient

Jacques Dupuis, Jean Charest et Jean-Marc Fournier

Jacques Dupuis, Jean Charest et Jean-Marc Fournier

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le leader parlementaire du gouvernement, Jacques Dupuis, quitte la scène politique. Son départ marque le retour de Jean-Marc Fournier. Laurent Lessard occupera temporairement les fonctions ministérielles qu'occupait M. Dupuis.

Le ministre de la Sécurité publique du Québec, Jacques P. Dupuis, a officiellement annoncé son retrait de la vie politique lors d'un point de presse donné conjointement avec le premier ministre Jean Charest, lundi après-midi.

Il a démenti les rumeurs rapportées par certains médias selon lesquelles il s'associera à une firme d'avocats. Je n'ai fait « aucune démarche en ce qui concerne l'avenir », a assuré M. Dupuis.

Cette « réflexion » sur son départ s'est amorcée il y a plusieurs mois, a-t-il ajouté.

Je pars très honnêtement avec le sentiment du devoir accompli.

Une citation de :Jacques Dupuis

M. Dupuis a remercié ses collègues, la population de la circonscription de Saint-Laurent et M. Charest. « J'ai une profonde amitié et une profonde affection pour le premier ministre », a-t-il déclaré.

Au début du point de presse, le premier ministre avait quant à lui évoqué le départ d'un « ami ». « J'ai eu beaucoup, beaucoup de plaisir à connaître un homme exceptionnel, qui va beaucoup de manquer », a admis le premier ministre.

Les responsabilités qu'occupait Jacques Dupuis seront assumées de façon intérimaire par Laurent Lessard, ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire.

Après avoir été chef de cabinet de l'ex-ministre Pierre Paradis et de l'ex-leader libéral Daniel Johnson, Jacques Dupuis a été élu pour une première fois en 1998 dans le château fort libéral de Saint-Laurent.

Le départ de Jacques Dupuis, 61 ans, survient quelques mois à peine après que son nom a été associé à une controverse entourant le rôle qu'il a joué pour permettre au patron de la firme BCIA, Luigi Coretti, d'obtenir un permis de port d'armes.

Jean-Marc Fournier reprend du service

Le premier ministre a par ailleurs profité de l'occasion pour annoncer le retour de l'ex-député et ex-ministre Jean-Marc Fournier, qui se présentera dans Saint-Laurent, un château fort libéral actuellement représenté par M. Dupuis. Le premier ministre a indiqué que l'élection partielle s'y déroulera sous peu.

M. Fournier était, depuis avril dernier, vice-président principal en planification stratégique de Socodec, une filiale de SNC-Lavalin. Élu pour une première fois en 1994, M. Fournier avait quitté la vie publique en 2008, indiquant alors qu'il ne s'agissait pas d'un départ définitif, mais d'une « pause ».

L'ancien député de Châteauguay a occupé successivement les postes de ministre des Affaires municipales, du Sport et du Loisir; de l'Éducation, du Loisir et du Sport; puis du Revenu.

M. Charest a refusé de dire quel ministère serait confié à M. Fournier, également présent lors du point de presse, se contentant d'indiquer qu'il « aura des responsabilités ».

Les départs de MM. Dupuis et de l'ex-ministre de la Famille, Tony Tomassi, ouvrent la porte à un remaniement ministériel. L'ex-ministre du Travail David Whissell, qui a lui aussi démissionné de son poste à l'automne 2009, devrait aussi être remplacé.

L'opposition reste sur sa faim

Le Parti québécois a critiqué le retour de Jean-Marc Fournier. Déplorant l'absence de sang neuf, le député de Chambly, Bertrand St-Arnaud, a soutenu sur les ondes de RDI que « c'en était presque pathétique. »

« C'est le signe d'un gouvernement qui est de plus en plus fatigué, usé », a-t-il déclaré.

Interrogé sur ce que changerait le départ du leader parlementaire du gouvernement, M. Arnaud a affirmé « qu'honnêtement, ça pourrait difficilement être pire ». L'attitude de M. Dupuis « ne contribuait pas à créer un climat » de collaboration en Chambre, a-t-il ajouté, faisant écho à de nombreuses critiques formulées par le passé à l'endroit de Jacques Dupuis.

L'homologue adéquiste de M. Dupuis, Sylvie Roy, a pour sa part dit comprendre la décision de son adversaire. « C'est lui qui avait à répondre à toutes les attaques demandant une commission d'enquête publique sur la construction. La position [du gouvernement] était devenue insoutenable. »

La leader parlementaire de l'ADQ et porte-parole de son parti en matière de sécurité publique, qui a donc côtoyé souvent M. Dupuis, a en outre salué le travail de l'homme.

Le qualifiant de « politicien aguerri », elle a admis que ses contacts avec lui avaient été pour elle une « bonne école ». « J'ai appris à le confronter, à l'affronter », a-t-elle dit. Reconnaissant que les échanges ont été « acrimonieux » à certains moments, elle a fait valoir que « tout s'est terminé dans une certaine harmonie ». « Je le respecte », a-t-elle ajouté.

« Je suis tout à fait assurée que la dynamique va changer » avec l'arrivée d'un nouveau joueur au poste de leader parlementaire du gouvernement, a conclu la députée de Lotbinière.

Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a de son côté salué en M. Dupuis un « homme chaleureux, extrêmement agréable » et « enjoué ». « Il admettait lui-même qu'il pratiquait une mauvaise foi assumée comme leader du gouvernement », a-t-il dit d'entrée de jeu, en entrevue à RDI.

« Je sentais que M. Dupuis était fait pour [la politique] », a-t-il ajouté. « Malgré nos divergences, j'ai beaucoup d'affection pour lui ».

M. Khadir n'a pas manqué de blâmer le premier ministre.

C'est [Jean Charest] qui aurait assumé les contrecoups de cette dernière année qui s'est déroulée sous les accusations de manquements à l'éthique.

Une citation de :Le député Amir Khadir

Commentant le retour de M. Fournier, il a évoqué une « personnalité politique sûre ». « M. Charest joue de prudence », a-t-il analysé. Mais « pour renouveler et rajeunir [le PLQ], ce sera à refaire », a-t-il conclu.

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