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Entrée en vigueur de la gratuité

Laboratoire

Photo : AFP / JOSEP LAGO

Radio-Canada
Mis à jour le 

La couverture des traitements de procréation assistée par la Régie de l'assurance maladie du Québec entre en vigueur ce jeudi. Mais les listes d'attente sont longues, et les économies promises par Québec ne se réaliseront peut-être pas.

Les couples infertiles du Québec pourront bénéficier, à compter de jeudi, des traitements de procréation assistée couverts par le Régime de l'assurance maladie du Québec (RAMQ). Un départ chaotique puisque les listes d'attente dépassent les six mois, et les économies de 100 millions de dollars promises par Québec sont remises en cause.

Geneviève Carroll et Rémi Ostiguy sont comme des milliers de Québécois qui ne peuvent avoir d'enfants sans avoir recours à la procréation assistée. La couverture des traitements par la RAMQ est une bénédiction pour le couple.

M. Ostiguy affirme : « Les coûts qui sont rattachés à ça, c'est exorbitant. [...] Même si vous dépensez de l'argent, il n'y a rien qui est garanti qu'à la fin, vous allez avoir un enfant [...] De voir que le gouvernement va aider [...], ça enlève un stress. »

L'autofinancement mis en doute

Le gouvernement provincial affirme que ce programme s'autofinancera grâce à des économies de 100 millions de dollars, conséquence d'une réduction du nombre de grossesses multiples.

Selon une étude réalisée pour l'Association canadienne de sensibilisation à l'infertilité, le financement de la fécondation in vitro au Québec coûtera entre 35 à 71 millions de dollars par an au cours des cinq premières années.

Mais l'étude indique que ces coûts seront entièrement compensés par les sommes épargnées du côté de l'hospitalisation, des soins postnataux et de l'invalidité à long terme pour les bébés multiples de petit poids à la naissance.

Cependant, seulement 30 % des grossesses multiples proviennent des ovules implantés. Le reste s'explique par d'autres causes, dont la stimulation ovarienne qui sera couverte par le programme provincial.

Le Dr François Bissonnette, obstétricien et gynécologue à la clinique de fertilité OVO, pense que le programme comporte plusieurs lacunes : « L'économie qu'on justifiait au niveau des grossesses multiples n'est pas réelle [...] C'est vrai qu'on ne s'adresse pas du tout à la stimulation ovarienne qui génère un certain nombre de ces grossesses multiples. »

Les cliniques surchargées

Depuis l'annonce du programme par le gouvernement, les cliniques reçoivent des milliers d'appels. Déjà 650 couples sont en attente à la clinique de fertilité OVO.

L'an dernier, 2500 femmes ont eu recours à la fécondation in vitro.
Le programme provincial prévoit augmenter ce nombre à plus de 7000.

Selon le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, le Dr Gaëtan Barrette, les couples en attente d'un traitement de procréation assistée devront faire preuve de patience.

Est-ce qu'on a les capacités de faire ce que l'on annonce? La réponse est évidemment non. On ne pourra pas, jour un, faire le volume de fécondations in vitro qui est annoncé par le gouvernement parce qu'on n'a pas les ressources - ni publiques ni privées - pour le faire aujourd'hui.

Dr Gaétan Barrette
Avec les informations de La Presse canadienne, et un reportage de Michel Rochon

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