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L'eau, un droit humain

Un jeune Pakistanais boit de l'eau dans un quartier pauvre situé à la périphérie d'Islamabad.

Un jeune Pakistanais boit de l'eau dans un quartier pauvre situé à la périphérie d'Islamabad

Photo : La Presse canadienne / AP Photo/Vincent Thian

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après plus de 15 ans de débats, l'Assemblée générale de l'ONU reconnaît l'accès à une eau de qualité et à des installations sanitaires comme un droit humain. Le Canada s'abstient de voter en faveur de la résolution.

Après plus de 15 ans de débats, l'Assemblée générale de l'ONU a reconnu mercredi l'accès à une eau de qualité et à des installations sanitaires comme un droit humain.

La résolution, présentée par la Bolivie, a été adoptée par 122 voix pour, 0 voix contre et 41 abstentions. Le Canada et les États-Unis font partie des pays qui se sont abstenus.

Le texte « déclare que le droit à une eau potable propre et de qualité et à des installations sanitaires est un droit de l'homme, indispensable à la pleine jouissance du droit à la vie ».

Il souligne entre autres que :

  • 884 millions de personnes dans le monde n'ont pas accès à une eau potable de qualité
  • plus de 2,6 milliards ne disposent pas d'installations sanitaires de base
  • environ 2 millions de personnes, pour la plupart des jeunes enfants, meurent chaque année des suites de maladies causées par une eau impropre à la consommation et l'absence de sanitaires.

La résolution rappelle aussi la promesse de réduire de moitié d'ici 2015 la proportion de personnes n'ayant pas accès à l'eau potable et à des installations sanitaires. En 2000, les dirigeants mondiaux avaient pris cet engagement dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement.

Enfin, la résolution accepte de donner suite à la demande du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, basé à Genève, voulant que l'experte indépendante des Nations unies sur les obligations liées à l'eau en matière de droits de l'homme, la Portugaise Catarina de Albuquerque, fasse un rapport chaque année à l'Assemblée générale sur les progrès en la matière.

« C'est un jour historique pour le monde, un grand pas dans la bonne direction. »

— Une citation de  Maude Barlow, présidente nationale du Conseil des Canadiens et militante pour les droits liés à l'eau

Ancienne conseillère de l'Assemblée générale de l'ONU sur les questions liées à l'eau, Mme Barlow a souligné que certains pays développés s'étaient abstenus de peur « qu'on leur demande de payer la facture » ou que la résolution ne donne « à leurs propres citoyens des outils pouvant être dirigés contre eux ».

Elle a salué le soutien apporté à la résolution par quelques grands pays comme la Chine, la Russie, l'Allemagne, la France, l'Espagne et le Brésil, mais s'est dite « très déçue » de l'abstention de son propre pays, le Canada.

Selon elle, cette décision répond à la volonté du gouvernement conservateur de Stephen Harper d'avoir le droit de commercialiser l'eau. « Ils savent que s'ils disent qu'il s'agit d'un droit de l'homme, ce sera en contradiction avec leur volonté d'en faire une marchandise », a-t-elle expliqué.

De son côté, l'ONG américaine Food & Water Watch a déploré que les États-Unis fassent obstacle à la reconnaissance de ce droit, estimant que les populations pauvres méritaient sa reconnaissance sans plus d'atermoiement.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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