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L'eau, un droit humain

Un jeune Pakistanais boit de l'eau dans un quartier pauvre situé à la périphérie d'Islamabad.

Un jeune Pakistanais boit de l'eau dans un quartier pauvre situé à la périphérie d'Islamabad

Photo : La Presse canadienne / AP Photo/Vincent Thian

Radio-Canada

Après plus de 15 ans de débats, l'Assemblée générale de l'ONU reconnaît l'accès à une eau de qualité et à des installations sanitaires comme un droit humain. Le Canada s'abstient de voter en faveur de la résolution.

Après plus de 15 ans de débats, l'Assemblée générale de l'ONU a reconnu mercredi l'accès à une eau de qualité et à des installations sanitaires comme un droit humain.

La résolution, présentée par la Bolivie, a été adoptée par 122 voix pour, 0 voix contre et 41 abstentions. Le Canada et les États-Unis font partie des pays qui se sont abstenus.

Le texte « déclare que le droit à une eau potable propre et de qualité et à des installations sanitaires est un droit de l'homme, indispensable à la pleine jouissance du droit à la vie ».

Il souligne entre autres que :

  • 884 millions de personnes dans le monde n'ont pas accès à une eau potable de qualité
  • plus de 2,6 milliards ne disposent pas d'installations sanitaires de base
  • environ 2 millions de personnes, pour la plupart des jeunes enfants, meurent chaque année des suites de maladies causées par une eau impropre à la consommation et l'absence de sanitaires.

La résolution rappelle aussi la promesse de réduire de moitié d'ici 2015 la proportion de personnes n'ayant pas accès à l'eau potable et à des installations sanitaires. En 2000, les dirigeants mondiaux avaient pris cet engagement dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement.

Enfin, la résolution accepte de donner suite à la demande du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, basé à Genève, voulant que l'experte indépendante des Nations unies sur les obligations liées à l'eau en matière de droits de l'homme, la Portugaise Catarina de Albuquerque, fasse un rapport chaque année à l'Assemblée générale sur les progrès en la matière.

C'est un jour historique pour le monde, un grand pas dans la bonne direction.

Maude Barlow, présidente nationale du Conseil des Canadiens et militante pour les droits liés à l'eau

Ancienne conseillère de l'Assemblée générale de l'ONU sur les questions liées à l'eau, Mme Barlow a souligné que certains pays développés s'étaient abstenus de peur « qu'on leur demande de payer la facture » ou que la résolution ne donne « à leurs propres citoyens des outils pouvant être dirigés contre eux ».

Elle a salué le soutien apporté à la résolution par quelques grands pays comme la Chine, la Russie, l'Allemagne, la France, l'Espagne et le Brésil, mais s'est dite « très déçue » de l'abstention de son propre pays, le Canada.

Selon elle, cette décision répond à la volonté du gouvernement conservateur de Stephen Harper d'avoir le droit de commercialiser l'eau. « Ils savent que s'ils disent qu'il s'agit d'un droit de l'homme, ce sera en contradiction avec leur volonté d'en faire une marchandise », a-t-elle expliqué.

De son côté, l'ONG américaine Food & Water Watch a déploré que les États-Unis fassent obstacle à la reconnaissance de ce droit, estimant que les populations pauvres méritaient sa reconnaissance sans plus d'atermoiement.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters