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Le ministre Clement persiste et signe

Le ministre Tony Clement

Le ministre Tony Clement en juillet dernier, lors de sa comparution devant un comité parlementaire se penchant sur les changements apportés au recensement.

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En comité parlementaire, le ministre Tony Clement, dont relève Statistique Canada, défend à nouveau la décision des conservateurs d'abandonner le formulaire détaillé obligatoire de recensement.

Reprenant la position martelée par son gouvernement depuis plusieurs jours, le ministre de l'Industrie, Tony Clement, a défendu mardi matin la décision des conservateurs d'abandonner le formulaire détaillé obligatoire de recensement.

Lors du comité parlementaire de l'industrie, des sciences et de la technologie, M. Clement a répété que son gouvernement trouvait inapproprié d'obliger les Canadiens à divulguer des informations privées et personnelles sous peine d'amendes ou d'emprisonnement.

Aucun Canadien n'a cependant été emprisonné pour avoir refusé de répondre au formulaire long. Une information qu'a refusé de donner le ministre, lorsque les libéraux l'ont interrogé.

L'opposition lui a d'ailleurs demandé à plusieurs reprises pourquoi son gouvernement ne retirait pas simplement cette pénalité du formulaire plutôt que de l'éliminer en totalité.

Respecter la vie privée

M. Clement a toutefois répété sans relâche que l'approche des conservateurs - une enquête à participation volontaire - répond au besoin de recueillir certaines données précieuses, tout en respectant la vie privée des Canadiens.

Nous cherchons un équilibre juste entre les besoins des utilisateurs de données et le fardeau imposé aux citoyens.

Tony Clement, ministre responsable de Statistique Canada

Le néo-démocrate Charlie Angus a par ailleurs accusé le ministre de dénoncer une crise fabriquée de toutes pièces, car les menaces à la vie privée ne sont pas celles évoquées par les conservateurs, a-t-il dit.

Le Commissariat à la vie privée n'a reçu que trois plaintes au sujet du processus de recensement en 10 ans.

L'ex-patron de Statistique Canada justifie sa démission

L'ancien chef de Statistique Canada, Munir SheikhAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'ancien chef de Statistique Canada, Munir Sheik

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Le comité parlementaire a également entendu le témoignage de l'ancien chef de Statistique Canada, Munir Sheikh, lors d'une première apparition publique depuis qu'il a remis sa démission la semaine dernière.

Munir Sheikh a d'abord rappelé que le gouvernement avait le droit de prendre la décision de ne plus obliger les Canadiens à remplir ce formulaire détaillé du recensement, même s'il ne l'approuvait pas.

Selon lui, cette décision a toutefois semé un doute dans la population quant à la fiabilité du recensement et a nui à la réputation de Statistique Canada. Dans ce contexte, l'ancien statisticien en chef affirme qu'il n'avait d'autre choix que de démissionner.

Je ne pouvais plus diriger une agence dont la réputation était mise en cause.

Munir Sheikh, ancien chef de Statistique Canada

Plus tôt cette semaine, le ministre Clement avait laissé entendre que Statistique Canada soutenait la décision du gouvernement Harper.

La voix des manifestants

Par ailleurs, la tenue du comité parlementaire a amené des manifestants sur la colline du Parlement pour dénoncer la décision du ministre Clement. Des citoyens, des étudiants ainsi que des représentants des trois partis d'opposition ont exprimé leur mécontentement.

Selon la Fédération universitaire du Québec, la réforme des conservateurs met en péril plus de 75 projets de recherche universitaire. Ces projets toucheraient les immigrants, les autochtones, les minorités linguistiques, entre autres.

L'annonce du retrait du formulaire long obligatoire de recensement, il y a trois semaines, a provoqué un tollé au sein des partis d'opposition, mais aussi chez les statisticiens, les chercheurs, les municipalités et d'autres groupes. Ceux qui s'opposent à la décision arguent qu'elle mettra en péril la validité des données recueillies et qu'elle limitera la capacité des décideurs à faire des choix éclairés.

La Cour fédérale appelée à trancher

La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) a déposé une demande de contrôle judiciaire en Cour fédérale pour forcer le gouvernement à revenir sur sa décision. La FCFA allègue que les données recueillies dans le formulaire long sont nécessaires pour déterminer à quels endroits au Canada les services seront offerts aux minorités linguistiques. La FCFA avait déjà déposé une plainte auprès du commissaire aux langues officielles.

Le ministre Clement a reconnu qu'il n'avait pas consulté les organisations qui dépendent des données du recensement. Il avait déjà dit qu'il ne reviendrait pas sur sa décision.

Avec les informations de La Presse canadienne

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