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Douch condamné à 35 ans de prison

L'ancien commandant khmer rouge Kaing Guek Eav, à l'ouverture de son procès, le 17 février 2009

L'ancien commandant khmer rouge Kaing Guek Eav, à l'ouverture de son procès, le 17 février 2009

Photo : AFP

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ancien tortionnaire cambodgien « Douch » est condamné à 35 ans de prison. L'ex-Khmer rouge a été responsable d'un centre de torture entre 1975 et 1979, où plus de 14 000 personnes sont mortes.

Un ancien haut responsable des Khmers rouges, Kaing Guek Eav, aussi appelé « Douch », a été condamné lundi à 35 années d'emprisonnement. L'homme de 67 ans est le premier dirigeant à avoir été traduit devant le tribunal mixte chargé de juger les crimes du régime khmer rouge, soutenu par les Nations unies.

Douch a été reconnu coupable de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. L'ancien instituteur a reconnu avoir supervisé la torture et les meurtres de plus de 14 000 personnes dans le centre de détention et de torture S-21, mais a dit qu'il n'avait fait que suivre des ordres.

Il ne purgera que 19 de ces 35 années de réclusion, le tribunal ayant retranché 16 ans de la peine en tenant compte du temps qu'il a déjà passé en prison. Le procureur avait demandé 40 ans d'emprisonnement, et nombre de Cambodgiens réclamaient la perpétuité pour entamer la conclusion d'un des épisodes les plus sombres du XXe siècle.

« La chambre a estimé qu'il y avait des facteurs atténuants importants qui requièrent une peine d'emprisonnement limitée plutôt que la réclusion à vie », a dit le président du tribunal.

Il a invoqué les remords de Douch, son potentiel de réinsertion, les conditions de vie sous le régime khmer rouge et sa coopération avec la cour. Douch avait exprimé, lors de son procès, des « remords extrêmement douloureux » pour les souffrances des victimes.

Un verdict qui suscite l'indignation

« Nous espérions que le tribunal frapperait fort contre l'impunité, mais si vous pouvez tuer 14 000 personnes et ne faire que 19 ans, 11 heures par vie ôtée, qu'est-ce que c'est? C'est une blague », s'est indigné Theary Seng, dont le père est mort au centre S-21. « Mon sentiment profond est que cela rend la situation encore pire pour le Cambodge », a-t-il ajouté.

À l'énoncé du verdict, l'ancien tortionnaire n'a manifesté aucune émotion, mais de nombreux Cambodgiens ont éclaté en sanglots dans la salle d'audience. Des milliers d'autres étaient réunis autour d'écrans de télévision pour assister en direct au jugement.

Khan Mony, dont la tante a été exécutée par le régime, est effondrée : « Le verdict n'est pas juste. [...] Douch a tué tellement de gens. Si ce tribunal était juste, les gens auraient été calmes et l'auraient accepté. »

La prison dirigée par Kaing Guek Eav était le symbole du régime khmer rouge, responsable de la mort de 1,7 million de personnes entre 1975 et 1979, soit un cinquième de la population du pays.

D'autres procès suivront

Quatre autres anciens dirigeants khmers rouges doivent comparaître pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité : l'ancien président Khieu Samphan, le « Frère numéro deux » Nuon Chea, l'ancien ministre des Affaires étrangères Ieng Sary et son épouse, Ieng Thirith.

Outre les processus administratifs lourds, l'obstacle à ces nouveaux procès pourrait venir, estiment les analystes, du gouvernement cambodgien qui n'a jamais entièrement soutenu le tribunal et a encore des liens historiques avec le régime khmer rouge.

De nombreux anciens membres de ce régime occupent des fonctions importantes au sein de l'administration du pays. Les analystes croient qu'ils pourraient vouloir gêner les enquêtes et les activités du tribunal.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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