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Le chef de Statistique Canada démissionne

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Munir Sheikh à son arrivée à la tête de Statistique Canada en juillet 2008

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La controverse entourant la décision de retirer le formulaire obligatoire long du recensement a finalement eu raison du directeur de Statistique Canada, Munir Sheikh.

Le directeur de Statistique Canada, Munir Sheikh, a remis sa démission mercredi soir, en pleine controverse sur le questionnaire de recensement.

Dans un communiqué, M. Sheikh explique que sa démission est liée à la décision du gouvernement fédéral de remplacer le long formulaire obligatoire de recensement par un questionnaire volontaire.

« J'aimerais profiter de l'occasion pour faire un commentaire sur un aspect technique d'ordre statistique qui est devenu sujet de discussion dans les médias. Cela est relatif à la question si une enquête volontaire peut remplacer un recensement obligatoire. Elle ne le peut pas.
Dans les circonstances,
j'ai présenté ma démission au premier ministre. »

— Une citation de  Le directeur de Statistique Canada, Munir Sheikh

Plus tôt dans la journée, dans un courriel envoyé à tous ses employés, le patron de Statistique Canada avait annoncé qu'il « réfléchissait à son avenir » au sein de l'agence. Munir Sheikh a annulé une réunion du personnel prévue pour mercredi après-midi et a assuré à ses employés qu'il commenterait bientôt sa note, ce qui avait alimenté les rumeurs sur sa démission.

Dans sa lettre, M. Sheikh affirme qu'il ne peut pas divulguer ni faire de commentaires sur les conseils que Statistique Canada et lui-même ont donnés au gouvernement Harper au sujet du formulaire de recensement parce que cette information est protégée par la loi. Toutefois, affirme-t-il, le gouvernement peut rendre cette information publique s'il le souhaite.

Des sources internes à Statistique Canada ont réfuté les prétentions du gouvernement Harper, qui affirmait que l'agence fédérale avait recommandé le passage d'un sondage obligatoire à un sondage volontaire.

Dans un communiqué, le ministre fédéral de l'Industrie, Tony Clement, a dit accepter « avec regret » la démission de Munir Sheikh. M. Clement a défendu la décision de son gouvernement sur le questionnaire du recensement :

« Le gouvernement a pris cette décision parce qu'il estime que les Canadiens ne devraient pas être contraints, sous la menace d'amendes, d'emprisonnement, ou les deux, de divulguer des informations complètes sur leur vie privée et personnelle, peut-on lire dans le communiqué de M. Clement. Le gouvernement croit qu'il est inapproprié d'obliger les citoyens à divulguer le nombre de chambres de leur domicile, ou l'heure à laquelle ils partent travailler le matin. »

« Le gouvernement cherche à établir un meilleur équilibre entre la collecte de données nécessaires et la protection des renseignements personnels des Canadiens. »

— Une citation de  Le ministre Tony Clement

Le ministre Clement a indiqué que Wayne Smith, statisticien en chef adjoint au secteur de la statistique du commerce et des entreprises, assurera les fonctions de statisticien en chef du Canada par intérim, en attendant la nomination du successeur de M. Sheikh.

De passage au Québec, le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, a dénoncé « des pressions politiques et idéologiques sans précédent sur Statistique Canada » de la part du gouvernement Harper. « Si vous pensez que l'éducation est dispendieuse, essayez l'ignorance. Et ils essaient l'ignorance. C'est ridicule », a-t-il dit.

Le retrait du long formulaire obligatoire de recensement au Canada a provoqué une levée de boucliers dans le monde universitaire et politique.

Qui est Munir Sheikh?

Munir Sheikh a été nommé à la tête de Statistique Canada en juin 2008, succédant ainsi à Ivan Fellegi, qui a dirigé l'agence pendant 22 ans. Cet économiste âgé de 62 ans oeuvre au sein de la fonction publique fédérale depuis le début des années 1970. Il a notamment participé à l'élaboration des politiques du ministère des Finances ayant mené à d'importantes compressions budgétaires dans les années 1990.

Avec les informations de La Presse canadienne

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