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Le préservatif féminin peine à s'imposer

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au lendemain de l'annonce des résultats d'une étude montrant qu'un gel vaginal microbicide entraîne une forte réduction du risque d'infection au VIH chez les femmes, des ONG constatent que le préservatif féminin peine à s'imposer.

Après l'enthousiasme suscité lundi par les résultats d'études montrant qu'un gel vaginal entraîne une forte réduction du risque d'infection au VIH chez les femmes et qu'un vaccin personnalisé pourrait éventuellement remplacer la trithérapie, les participants à la 18e Conférence sur le VIH/sida sont revenus à la dure réalité du terrain, mardi.

Des condoms, pour femme en haut, pour homme en basAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des condoms, pour femme en haut, pour homme en bas

Photo : La Presse canadienne / John Lehmann

Le préservatif féminin

La présidente de l'association CHANGE, Serra Sippel, a regretté que le préservatif féminin, pourtant aussi efficace que son équivalent masculin, soit beaucoup moins distribué dans le monde.

Les femmes en ont assez de demander l'autorisation pour sauver leur vie.

Serra Sippel, CHANGE.

Mme Sippel a rappelé qu'en 2008, seulement 18,2 millions de préservatifs féminins ont été distribués, contre 2,4 milliards de préservatifs masculins.

Elle a donné l'exemple de l'Afrique subsaharienne, où 60 % des adultes sont contaminés par le VIH. Selon elle, dans cette région, un préservatif féminin n'est disponible que pour 300 femmes.

Elle est étonnée que le préservatif soit toujours l'objet de moqueries, 15 ans après son apparition sur le marché.

La coordinatrice de l'Universal access to female condom (UAFC), Lucie van Mens, s'est demandé pourquoi il n'y avait qu'un seul modèle de préservatif féminin, alors que le masculin est vendu dans divers modèles, tailles et couleurs. La militante appelle les distributeurs à investir dans le développement d'autres modèles afin de mieux répondre aux besoins des femmes.

En outre, un préservatif féminin coûte 50 ¢, comparativement à 1 ¢ pour un préservatif masculin, ajoute Carol Nawina Nyirenda, de l'association CITAM+.

Tous les délégués et journalistes participant à la conférence de Vienne ont eu un échantillon de ce préservatif féminin accompagné d'un mode d'emploi.

La situation en Haïti

Des militants haïtiens sont venus rappeler aux délégués de la conférence les promesses de soutien qu'ils avaient reçues lors des précédentes rencontres et qui ne se sont toujours pas matérialisées, et ce, malgré le séisme de janvier.

Deux Haïtiens participent à une marche contre le sida, à Saint-Marc.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : La Presse canadienne / AP/Ramon Espinosa

Ils ont dénoncé les difficultés vécues quotidiennement par les 120 000 personnes infectées par le VIH en Haïti, qui n'ont parfois plus accès aux ressources les plus primaires que procuraient les associations dont les structures ont été détruites par le tremblement de terre.

Selon Liony Acclus, responsable de la PHAP+, qui regroupe des associations de malades dans tout le pays, à peine 10 % des promesses de dons pour la reconstruction faites par la communauté internationale ont réellement été versées.

M. Acclus rappelle qu'environ 90 % des fonds investis pour la lutte contre le VIH en Haïti viennent de l'étranger.

Il faut arrêter d'aider Haïti sur le papier, il faut passer à l'action.

Liony Acclus

Très critiques envers les autorités gouvernementales haïtiennes, les associations en attendent davantage de Bill Clinton, émissaire spécial de l'ONU en Haïti, que du président René Préval.

L'Europe de l'Est

Russie-sida-enfantsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pas moins de 1500 bébés naissent de mères porteuses du VIH annuellement en Russie.

Photo : AFP / MAXIM MARMUR

La situation est sérieuse en Europe de l'Est et en Asie centrale, où le VIH/sida connaît une importante croissance depuis plusieurs années. Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) a rappelé que la contamination y progresse plus vite que n'importe où sur la planète, y compris en Afrique.

Dans certaines parties de la Fédération de Russie, on signale une augmentation du nombre d'infections par le VIH de 700 % depuis 2006.

Anthony Lake

Selon l'UNICEF, cette situation est nourrie par la toxicomanie, les comportements sexuels à haut risque et un niveau élevé de stigmatisation sociale qui empêche les gens de chercher un traitement ou des informations sur la prévention.

La prévention

Mme Helene Gaye, coprésidente du Groupe de travail international sur la prévention du VIH, qui réunit 50 experts, a déclaré que 10 % des pays seulement disposent de programmes de prévention du sida qui correspondent à leurs besoins. Selon elle, des millions de personnes courent ainsi le risque d'une contamination.

Notre conclusion générale ne dit pas que la prévention échoue, mais que nous échouons en matière de prévention.

Helene Gaye

Des toxicomanes sans traitement

Pas moins de 3 millions des quelque 16 millions de consommateurs de drogues par voie intraveineuse sur la planète sont séropositifs, montre une étude australienne. Selon l'une des auteurs, la Pre Louisa Degenhardt, seulement 4 % d'entre eux reçoivent un traitement et uniquement 10 % des consommateurs participent à des programmes de prévention, comme l'échange d'aiguilles.

Le saviez-vous?

En 2010, 51 pays, dont 15 en Europe, imposent encore des restrictions de l'entrée sur leur territoire aux personnes séropositives.

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