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L'opposition dénonce le gouvernement

Le ministre de la Défense, Peter MacKay, monte à bord d'un F-35.
Le ministre de la Défense, Peter MacKay, monte à bord d'un F-35. (archives) Photo: La Presse canadienne / Adrian Wyld

Les partis d'opposition déplorent que le contrat avec l'entreprise américaine Lockheed Martin pour l'achat de 65 avions de chasse F-35 a été conclu sans appel d'offres.

À Ottawa, les partis d'opposition dénoncent la manière dont a été conclu le contrat d'achat de 65 avions de chasse avec l'entreprise américaine Lockheed Martin.

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper a confirmé vendredi qu'il achètera 65 F-35 Lighting II à Lockheed Martin pour 9 milliards de dollars. Les premiers appareils seraient livrés en 2016. En tenant compte des coûts d'entretien, la valeur de ce contrat, conclu sans appel d'offres, atteint 16 milliards de dollars.

Le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, avait dénoncé le contrat avant même l'annonce de vendredi. M. Ignatieff a demandé une réunion du comité parlementaire de la défense dès que possible, où le ministre de la Défense, Peter MacKay, aurait à justifier le processus d'octroi du contrat, qu'il juge non transparent.

M. Ignatieff a affirmé que s'il était élu premier ministre, il suspendrait la commande et réviserait les besoins en équipements militaires.

Le député libéral Marc Garneau, en entrevue à RDILe député libéral Marc Garneau

De son côté, le lieutenant de Michael Ignatieff au Québec, le député libéral Marc Garneau, a fait valoir qu'il restait du temps avant de prendre la décision concernant cet achat militaire.

« Nous venons tout juste de dépenser 2,6 milliards pour moderniser notre flotte actuelle de CF-18, et la date de remplacement prévue pour ces appareils n'est pas avant 2017 », a-t-il déclaré lors d'un point de presse. M. Garneau a souligné que l'achat d'avions de chasse était le plus gros projet de la Défense nationale dans l'histoire du Canada.

« On dépense 16 milliards de dollars des contribuables du Canada, alors il faut stimuler une concurrence pour savoir si on fait le meilleur choix », a-t-il mentionné en entrevue à Radio-Canada.

M. Garneau a ajouté qu'il fallait surtout penser aux retombées économiques, particulièrement au Québec, où se trouve la moitié de l'industrie aérospatiale au pays.

Volte-face d'Ottawa

Le ministre MacKay avait assuré au Parlement qu'il y aurait un appel d'offres en bonne et due forme pour la sélection de nouveaux avions, mais le cabinet Harper aurait décidé d'aller de l'avant sans cette procédure.

Des documents ministériels, obtenus le mois dernier par le Globe and Mail, indiquaient que le gouvernement Harper, dans son choix, avait accordé davantage d'importance à sa relation avec les États-Unis qu'au coût du contrat.

Un contrat injustifié, dit le NPD

Le Nouveau Parti démocratique a aussi dénoncé que le contrat ait été octroyé sans passer par un processus d'appel d'offres.

Selon la députée Carol Hughes, établir une compétition entre les différents fournisseurs potentiels aurait davantage servi les intérêts des Canadiens.

« Comment peut-on savoir si c'est le meilleur contrat ou si c'est la meilleure décision si on n'a pas mis en place [un processus transparent d'appel d'offres] », s'est-elle demandé en entrevue à Radio-Canada.

À l'instar des libéraux, elle a aussi mise en doute la décision du gouvernement d'acheter 65 nouveaux avions de chasse alors qu'il a dépensé plus de 2,5 milliards de dollars pour mettre à niveau ses appareils de combat actuels.

Le Bloc veut que le Québec reçoive sa part du gâteau

Le porte-parole bloquiste en matière de défense, Claude BachandLe porte-parole bloquiste en matière de défense, Claude Bachand

De son côté, le Bloc québécois a dit souhaiter que le Québec obtienne sa part des montants qui seront alloués pour l'entretient des avions.

Le porte-parole bloquiste en matière de défense, Claude Bachand, presse le gouvernement de négocier des clauses contractuelles garantissant des emplois en haute technologie pour la province.

« C'est un gros montant et nos compagnies du Québec sont les meilleures au monde pour se mettre en ligne pour ces contrats [d'entretien] et il faut que vous [le gouvernement] l'incluiez dans le contrat. Il ne faut pas laisser aller et une fois qu'on a signé le contrat d'acquisition, dire, maintenant, voyons le contrat d'entretien. Il sera trop tard », a-t-il soutenu à Radio-Canada.

Une question de sécurité, juge Ottawa

Le gouvernement du Canada a justifié le contrat en disant que les F-35 sont les seuls avions de chasse à pouvoir assurer adéquatement la souveraineté du pays.

Le ministre de l'Industrie Tony Clement s'est aussi fait rassurant en disant que l'industrie aérospatiale canadienne profitera du contrat.

« Les mesures annoncées aujourd'hui favorisent grandement le maintien pour les décennies à venir de la capacité concurrentielle du secteur canadien de l'aérospatial. Le Canada et ses industries vont grandement profiter du programme d'avions de combat interarmées. », a-t-il plaidé.

Avec les informations de La Presse canadienne

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