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Québec désapprouve à son tour

Les résultats du recensement 2002 sont dévoilés aux journalistes à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La ministre Christine St-Pierre s'oppose à la décision du gouvernement Harper de rendre l'exercice du recensement détaillé facultatif, tout comme l'Institut de la statistique du Québec.

D'autres voix s'élèvent contre l'abandon du questionnaire long obligatoire de recensement, dont celle du Québec.

La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, a fait savoir jeudi que le gouvernement Charest s'opposait à la décision du gouvernement Harper de rendre l'exercice du recensement détaillé facultatif.

En entrevue, Mme St-Pierre a dit avoir « un peu de difficulté à comprendre la raison » de cette décision. Le grand recensement effectué aux 10 ans constitue à ses yeux « le portrait le plus complet de la société canadienne ».

Les chercheurs se servent des résultats pour « faire des projections, déceler des tendances et savoir comment une société se comporte », a-t-elle fait valoir.

La ministre de la Culture et des Communications du Québec, Christine St-Pierre, à l'Assemblée nationale, le 26 mai 2009Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La ministre Christine St-Pierre, en mai 2009

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Plus encore, a-t-elle ajouté, le recensement s'avère également « un outil essentiel » pour les décideurs qui façonnent les politiques publiques en fonction des tendances de la société.

À titre de ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française, elle a en outre souligné que les données de Statistique Canada sont « importantes » pour dresser le bilan linguistique du Québec.

Si le questionnaire n'est plus obligatoire, « les gens vont mettre le formulaire sur la table et vont l'oublier », craint-elle. La ministre St-Pierre n'a pas encore discuté avec ses collègues des suites à donner à cette opposition.

L'Institut de la statistique du Québec proteste aussi

Dans une rare sortie publique, l'Institut de la statistique du Québec a lui aussi exprimé son opposition au choix des conservateurs.

Dans un communiqué, l'Institut dit craindre des répercussions importantes. En raison du caractère facultatif du questionnaire long, l'organisme appréhende notamment une baisse du taux de réponse.

Il affirme qu'on y perdra en fiabilité, en cohérence et en comparabilité des données.

Dans la communauté médicale canadienne, on affirme par ailleurs que le recensement détaillé est le seul outil fiable pour connaître le profil exact de la population et déterminer ses besoins.

Des douzaines d'autres groupes de tous les secteurs, dont l'organisme de recherche C.D. Howe ainsi que les partis d'opposition ont eux aussi déjà contesté la décision du ministre de l'Industrie, Tony Clement.

Une coalition est même née pour s'opposer à ce choix.

Mercredi, une citoyenne, Marianne Levitsky, a par ailleurs déposé une pétition demandant au gouvernement de revenir sur sa décision. Disponible en ligne, la pétition compte maintenant près de 6000 signatures.

Le recensement au Canada

Le prochain recensement aura lieu en 2011. Ce portrait de la population se fait tous les cinq ans et constitue la seule source de données démographiques et socioéconomiques détaillées obtenues de petites régions géographiques, y compris les quartiers et les collectivités.

Jusqu'à présent, le questionnaire long n'était obligatoire que pour 20 % des ménages, les autres recevaient une version abrégée. Le questionnaire court ne tient pas compte de la première langue officielle parlée ni de la connaissance des deux langues officielles.

Les données linguistiques obtenues par le questionnaire long servent notamment à développer des politiques publiques et à évaluer la vitalité des communautés de langues officielles. L'enquête de Statistique Canada qui remplacera le questionnaire long s'adressera dorénavant au tiers des ménages canadiens, mais elle sera facultative.

Le ministre Clement prêt à témoigner

Jeudi, le ministre Tony Clement s'est dit prêt à comparaître en comité parlementaire à Ottawa pour discuter des changements apportés, comme le réclamait la veille le Parti libéral. Les libéraux comptent convoquer une réunion du comité parlementaire sur l'industrie cet été.

Le ministre Clement a cependant déjà indiqué que le gouvernement Harper n'entendait pas revenir sur sa décision.

M. Clement a affirmé que plusieurs Canadiens s'inquiétaient des risques que fait peser sur leur vie privée la participation au recensement.

Le ministre soutient avoir reçu des dizaines d'appuis à sa position au cours des deux derniers jours. Ses défenseurs ne se sont cependant pas manifestés dans les médias.

Mercredi, la commissaire fédérale à la vie privée disait n'avoir reçu que trois plaintes au cours des 10 dernières années au sujet du processus de recensement.

Statistique Canada n'a pas fourni le nombre exact de plaintes reçues, pas plus que le ministère de l'Industrie.

Avec les informations de La Presse canadienne

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