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Trois plaintes en dix ans

Les résultats du recensement 2002 sont dévoilés aux journalistes à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Radio-Canada

Si le gouvernement invoque les préoccupations des citoyens à l'égard de leur vie privée pour justifier l'abolition du long formulaire obligatoire de recensement, le Commissariat à la vie privée du Canada ne dénombre que trois plaintes en 10 ans.

Si le gouvernement invoque les préoccupations des citoyens à l'égard de leur vie privée pour justifier sa décision d'abolir le long formulaire obligatoire de recensement, il semble que les Canadiens ne s'en soient pas plaints outre mesure.

Au cours des 10 dernières années, la commissaire fédérale à la vie privée n'a reçu que trois plaintes au sujet du processus de recensement, contre 42 pour les 10 années précédentes.

Selon les données recueillies par son bureau, sur les 748 plaintes formulées à l'égard des institutions fédérales en 2008-2009, une seule concernant la vie privée visait Statistique Canada.

Les plaintes portaient sur le processus global du recensement, et non pas uniquement sur le formulaire long. Un citoyen jugeait par exemple inacceptable la question sur l'origine ethnique des répondants, une question qui se retrouverait de toute façon dans le questionnaire court appelé à devenir obligatoire.

Dans sa décision d'abolir le questionnaire long et de rendre obligatoire le document intitulé « Enquête nationale auprès des ménages », le gouvernement n'a pas consulté le Commissariat à la vie privée du Canada, a indiqué la porte-parole de l'organisation, Anne-Marie Hayden.

Elle a en outre souligné que Statistique Canada apportait les modifications nécessaires lorsque le Commissariat exprimait des préoccupations.

Statistique Canada n'a pas fourni le nombre exact de plaintes reçues, pas plus que le ministère de l'Industrie.

Le gouvernement ne bronche pas

Son titulaire, Tony Clement s'est refusé à tout commentaire mercredi, renvoyant les journalistes au communiqué diffusé la veille. « Dans le passé, le gouvernement du Canada a reçu des plaintes de citoyens qui trouvaient que le questionnaire détaillé constituait une atteinte à leur vie privée », disait-il dans son communiqué.

Le gouvernement ne croit pas que les Canadiens doivent fournir à Statistique Canada des renseignements tels que le nombre de chambres à coucher dans leur maison, l'heure à laquelle ils quittent leur domicile pour se rendre au travail ou la durée du trajet entre leur maison et leur travail.

Extrait du communiqué du ministre Tony Clement

Quant au député conservateur Maxime Bernier, ancien ministre titulaire du portefeuille de l'Industrie, il a affirmé que des organismes de protection de la vie privée lui ont tranmis plusieurs plaintes lors du dernier recensement de 2006. Il a toutefois soutenu ne pas se souvenir lesquels.

Le gouvernement Harper n'entend pas revenir sur sa décision, malgré la levée de boucliers qu'elle a suscitée.

Mercredi, le député Marc Garneau, porte-parole libéral en matière d'industrie, a qualifié la décision du gouvernement fédéral d'« idéologique » et a dit croire qu'elle vise délibérément à obtenir des données erronées.

Une citoyenne a déposé une pétition demandant au gouvernement de revenir sur sa décision. Même l'organisme de recherche C.D. Howe déplore l'abandon du caractère obligatoire du formulaire long.

Avec les informations de La Presse canadienne

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