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Levée de boucliers

Marc Garneau

Marc Garneau

Radio-Canada
Mis à jour le 

Alors que plusieurs groupes critiquent l'abolition du long formulaire obligatoire de recensement, les libéraux comptent convoquer dès cet été une réunion du comité parlementaire sur l'industrie pour que le gouvernement explique sa décision.

Les libéraux ont annoncé mercredi leur intention de convoquer dès cet été une réunion du comité parlementaire sur l'industrie pour que le gouvernement explique sa décision d'abolir le long formulaire obligatoire de recensement.

Ils comptent notamment demander au ministre de l'Industrie, Tony Clement, de comparaître.

Le député Marc Garneau, porte-parole libéral en matière d'industrie, croit que la décision du gouvernement fédéral vise délibérément à obtenir des données erronées.

« Les conservateurs veulent miner la capacité du gouvernement de faire respecter la loi et d'offrir les programmes sociaux et fournir des services aux Canadiens les plus vulnérables », a-t-il déclaré lors d'un point de presse, citant en exemple la protection des droits des minorités visibles, des handicapés et des autochtones.

Il a également soutenu que les groupes linguistiques minoritaires seraient eux aussi mal représentés.

« Les conservateurs disent qu'ils veulent rendre les réponses à développement optionnelles pour protéger la vie privée. Il n'est pas question ici de vie privée. Il n'y a jamais eu aucun cas de personne dont la vie privée a été violée par le questionnaire de recensement », a affirmé M. Garneau.

La veille, le ministre fédéral de l'Industrie, Tony Clement, a affirmé que le gouvernement fédéral avait reçu des plaintes de citoyens qui trouvaient que le questionnaire détaillé constituait une atteinte à leur vie privée.

« Il n'est pas question non plus de coûts, a ajouté M. Garneau. Le coût de la nouvelle approche concernant le recensement ne sera pas moindre. »

Soyons clairs : ceci est idéologique et cela touche les Canadiens les plus vulnérables et la capacité du gouvernement fédéral à fournir des programmes progressifs pour les aider. [...] La décision du gouvernement concernant ce recensement est,
vraiment, une décision stupide.

Le député libéral Marc Garneau

Marc Garneau estime qu'en rendant une partie des questions du formulaire de recensement optionnelle, le gouvernement sera privé d'informations essentielles et sera mal guidé dans ses politiques.

Il encourage les organisations qui se sont prononcées contre les modifications du gouvernement au recensement « à continuer à parler, et à ne pas plier sous la pression ou l'intimidation des conservateurs ».

Les critiques s'accumulent

Les critiques ne viennent cependant pas que de l'opposition.

L'organisme de recherche C.D. Howe déplore l'abandon du caractère obligatoire du formulaire long. Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, son vice-président à la recherche, Finn Poschmann, estime que le travail du think tank en sera moins bon.

Même s'il concède que plusieurs questions sont d'ordre privé comme le prétend le gouvernement, M. Poschmann croit que le gouvernement, qui cherche à rationaliser ses ressources, se prive d'informations essentielles pour bien cibler ses décisions.

Une position partagée par un ancien statisticien en chef du pays, Ivan Fellegi, qui a travaillé pour Statistique Canada pendant plus 50 ans. Les questions critiquées par le ministre Clement permettent d'obtenir de l'information qui permet de planifier plus adéquatement les transports urbains et les changements à apporter au réseau routier, notammment, a-t-il fait valoir à Radio-Canada.

Mercredi, une citoyenne, Marianne Levitsky, a par ailleurs déposé une pétition demandant au gouvernement de revenir sur sa décision. Disponible en ligne, la pétition compte plus de 5300 signatures.

La veille, c'était au tour d'une coalition formée de membres appartenant à divers secteurs d'activités de tenter d'infléchir la position du gouvernement Harper. À défaut de quoi, soutiennent-ils, les données recueillies seront pratiquement inutiles, voire carrément nuisibles.

Selon le président de l'Institut de recherche en politiques publiques, Mel Cappe, les données recueillies à partir du formulaire court (obligatoire) et du formulaire long (volontaire) seront peu fiables.

Je dirais même qu'il serait mieux de ne pas avoir de données que de disposer d'informations peu fiables.

Mel Cappe, président de l'Institut de recherche en politiques publiques

Bien qu'il reconnaisse que le formulaire long pouvait sembler intrusif pour certains et qu'il nécessitait du temps à remplir, M. Cappe rappelle que les Canadiens n'étaient appelés à le remplir, statistiquement, qu'une fois tous les 25 ans.

Sans les données du recensement, la directrice du Bureau de santé publique de Toronto, Carol Timmings, a pour sa part soutenu qu'il n'aurait pas été possible de cibler les personnes les plus vulnérables pendant la pandémie de grippe A (H1N1).

Don Drummond, analyste du Groupe financier Banque TD et membre d'un conseil consultatif national de Statistique Canada, estime de son côté que le recensement volontaire entraînera la surreprésentation des Blancs de la classe moyenne.

Quant à la question d'atteinte à la vie privée, M. Drummond ne croit pas qu'il y ait de motifs d'être inquiet. « Statistique Canada protège toute information qui pourrait permettre l'identification, qu'il s'agisse de sociétés ou de personnes », assure-t-il.

Le ministre Clement n'en conclut pas moins que la nouvelle Enquête nationale auprès des ménages (ENM) « constitue une enquête plus appropriée, et c'est pourquoi il ne se penchera pas à nouveau sur le sujet de l'ancien questionnaire détaillé. »

Lundi, le commissaire aux langues officielles du Canada a annoncé son intention d'ouvrir une enquête à ce sujet.

Avec les informations de La Presse canadienne

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