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La STM reprend tout à zéro

Métro de Montréal
Radio-Canada

La Société de transport de Montréal juge la candidature de CAF conforme à ses exigences et lancera un nouvel appel d'offres international pour le remplacement des voitures du métro de Montréal.

La Société de transport de Montréal (STM) lancera à l'automne un nouvel appel d'offres international pour le remplacement des voitures du métro de Montréal. Ce nouvel appel d'offres pourrait signifier un délai de 12 à 24 mois, dans un dossier déjà passablement en retard.

Selon le communiqué de la STM publié mardi, le conseil d'administration a jugé la candidature du fabricant espagnol Construcciones y Auxiliar de Ferrocarriles (CAF) conforme à ses exigences, suivant la recommandation d'un rapport d'experts. Légalement, la STM est donc obligée de recommencer son appel d'offres pour permettre à CAF de déposer une soumission.

Québec n'interviendra pas et laissera la STM gérer le processus d'appel d'offres. La porte-parole de la ministre des Transports, Julie Boulet, indique que l'objectif de Québec est d'assurer le remplacement des voitures à un juste prix et de maximiser les retombées de ce contrat pour le Québec.

Québec maintiendra ses exigences de 60 % de contenu canadien.

La direction de la STM a enclenché le processus pour l'acquisition de 765 voitures sur pneumatique, avec des options d'achat pour 288 voitures additionnelles. Le processus devrait cependant entraîner un délai de 12 à 24 mois dans ce dossier, a admis le président de la STM, Michel Labrecque.

M. Labrecque assure que le métro de Montréal n'est pas dans un état si déplorable et peut rouler encore quelques années sans problème.

Litige avec Bombardier-Alstom : rappel des faits

Le consortium Bombardier-Alstom avaient déposé une requête pour faire annuler l'avis public international de la STM, qui avait permis à des entreprises étrangères de témoigner de leur intérêt pour le renouvellement des rames du métro de Montréal. Mais le 30 juin dernier, la Cour supérieure du Québec a tranché en faveur de la STM dans le litige qui l'oppose au consortium Bombardier/Alstom.

Le consortium Bombardier-Alstom va donc faire face à d'autres compétiteurs.

CAF déjà au travail

Le porte-parole de CAF au Québec, Philippe Roy, estime que la décision de la STM de lancer un nouvel appel d'offres est une bonne nouvelle pour tout le monde. « Les Québécois et les Montréalais vont payer leur métro beaucoup moins cher », dit-il.

Un appel d'offres, indique M. Roy, correspond à des économies de 15 % à 20 %. « On n'a jamais chiffré le métro de Montréal, mais dans le marché, une voiture normale, c'est à peu près 2 millions. On verra ce que demande la STM », ajoute Philippe Roy. Il assure que son entreprise sera en mesure de répondre aux besoins de la STM.

On va offrir un métro des années 2010. Les Québécois qui voyagent ont vu ceux de Madrid, de Barcelone. On fait des métros très modernes et de très bonne qualité.

Le porte-parole de CAF au Québec, Philippe Roy

Depuis l'hiver, une équipe technique de CAF travaille au Québec pour rencontrer des fournisseurs afin de répondre aux exigences de 60 % de contenu canadien. Depuis lundi, trois personnes de Madrid se sont jointes aux gens déjà en place.

Le constructeur maintient que ce sera majoritairement des fournisseurs québécois qui seront recrutés. Des sous-traitants se sont déjà engagés avec CAF, indique M. Roy. Le fabricant en a fait part dans les documents remis à la STM, à l'hiver 2010.

Le manufacturier CAF affirme qu'il pourrait livrer les premières voitures 19 mois après la signature d'un contrat. « Dix-neuf mois, cela comprend la construction d'une usine ou adapter une usine. La même chose a été faite par CAF au Brésil en 18 mois et par Bombardier en Inde en 15 mois », précise M. Roy.

Présentement, CAF n'a pas de bureau à Montréal, mais le métro de Montréal devient une bonne raison pour l'entreprise de s'installer au Canada. « On sait que toutes les grandes villes du Canada ont des projets en transport ferroviaire au cours des prochaines années », commente Philippe Roy. CAF envisagerait de s'installer dans l'ancienne usine de Hyundai à Bromont ou dans l'est de Montréal.

La firme mandatée pour analyser la candidature du fabricant espagnol, Hatch, a eu recours aux analyses des firmes d'ingénierie de SNC-Lavalin, de Tecsult et de Dessau pour établir ses recommandations.

Incompréhension chez Bombardier

Usine de Bombardier à La PocatièreAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : La Presse canadienne / Archives

La consternation est totale chez Bombardier. « Les bras nous en tombent », commente le porte-parole de l'entreprise, Marc-André Lefebvre. La déconfiture est telle que la multinationale se dit prête à reconsidérer l'ensemble du dossier.

L'entreprise évaluera la pertinence de soumissionner à nouveau selon sa stratégie de marché, ajoute le porte-parole. Il faudra, dit-il, que la STM démontre la justesse de son analyse auprès des Québécois.

Rien n'est acquis.

Le porte-parole de Bombardier, Marc-André Lefebvre

Bombardier maintient que l'entente signée entre la STM et le consortium Bombardier/Alstom est toujours l'offre la plus rentable pour les Montréalais. « C'est l'offre la plus rapide et au meilleur prix. Penser que l'on peut livrer dans 19 mois, c'est de la fabulation », poursuit Marc-André Lefebvre.

Il fait valoir que tous les projets sont différents et rappelle que le métro de Montréal doit, selon la loi des transports, être en marche et rester moderne pendant les prochaines 40 années. « C'est un véritable défi technologique », lance-t-il.

De son côté, le président du syndicat de l'usine de Bombardier de La Pocatière, Mario Lévesque, rappelle que l'usine est en sursis.

C'est une très mauvaise nouvelle. On a toujours dit qu'on était en danger et la région est en danger.

Le président du syndicat de Bombardier, Mario Lévesque

Le carnet de commandes de l'usine de La Pocatière, située dans la circonscription du député de Kamouraska et ministre Claude Béchard, est vide et l'usine comptait beaucoup sur le contrat de la STM pour assurer son avenir.

Le maire de La Pocatière, Sylvain Hudon, s'inquiète des impacts de cette décision sur l'économie de la région. Le maire, comme le président du syndicat, demandent à Québec de revoir la décision de la STM. Le ministre Béchard, de son côté, n'a pas souhaité commenter la décision de la STM.

Zhuzhou menace de poursuivre la STM

Radio-Canada a appris que la firme chinoise Zhuzhou poursuivra la STM si cette dernière lance un nouvel appel d'offres international limité aux fabricants de métros sur pneumatiques.

Dans une entrevue téléphonique, le représentant de CSR Zhuzhou Electric Locomotive, Glen T. Fisher, a été catégorique : « Les roues en caoutchouc sont désuètes. Nous allons les retrouver [la STM] en cour à ce sujet. »