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Le devoir de mémoire des Pays-Bas

Cimetière de Potocari où sont enterrées les victimes du massacre de Srebrenica.

Cimetière de Potocari où sont enterrées les victimes du massacre de Srebrenica.

Photo : AFP / Elvis Barukcic

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les Pays-Bas assiteront à la cérémonie commémorative qui marquera, dimanche, le 15e anniversaire du massacre de Srebrenica, en Bosnie. À l'époque, l'inaction des Casques bleus néerlandais avait été fortement critiquée.

Les Pays-Bas seront représentés à la cérémonie commémorative qui marquera, dimanche, le 15e anniversaire du massacre de Srebrenica, en Bosnie. Un massacre au cours duquel les soldats serbes ont exécuté plus de 8000 hommes et garçons musulmans de cette ville, qui se trouvait pourtant sous protection de l'ONU.

Le ministre néerlandais de la Défense, Maxime Verhagen, y sera, tout comme plusieurs des soldats qui y avaient été envoyés à l'époque pour protéger la population.

La présence du chef de la diplomatie néerlandaise aura une valeur hautement symbolique, puisque l'inaction des Casques bleus néerlandais avait alors été fortement critiquée. Le pays n'a jamais reconnu officiellement ses responsabilités dans la mort des civils de Srebrenica.

Le 11 juillet 1995, lorsque les soldats serbes du général Ratko Mladic encerclent le camp des Casques bleus, le colonel hollandais en charge de la base ordonne l'évacuation des civils. Les femmes sont déportées par autobus. Tous les hommes, même les plus jeunes, sont massacrés.

La Cour internationale de justice de La Haye a conclu que les troupes serbes avaient commis un génocide à Srebrenica. Le général Ratko Mladic, qui les dirigeait, a été inculpé pour génocide, mais il est toujours en cavale.

Le Bosniaque Hasan Nuhanovic, qui travaillait à l'époque comme interprète pour les Casques bleus, n'a pour sa part jamais pardonné aux officiers néerlandais. Il les poursuit aujourd'hui en justice. Au moment de l'offensive serbe, il avait réussi à mettre sa famille à l'abri sur la base de l'ONU, jusqu'à ce que le colonel hollandais les mette à la porte.

« Ils ont fait sortir mon frère, mon père et ma mère de la base, et ils ont tous été tués. »

— Une citation de  Hasan Nuhanovic, ancien interprète pour les Casques bleus

Mais le drame n'a pas seulement laissé des traces très profondes chez les proches des victimes, il en aussi laissé chez ceux qui étaient censés les protéger. Johan de Jonge, un ancien Casque bleu néerlandais, n'arrive pas à accepter de n'avoir pas réussi à protéger les civils venus trouver refuge sur la base de l'ONU.

« On voulait tellement les aider, mais on n'a rien pu faire », explique-t-il. Lui aussi a l'impression d'avoir été trahi par l'ONU et par la communauté internationale.

D'autres de ses anciens frères d'armes et lui assisteront également à la cérémonie de dimanche.

Plus de 5000 citoyens bosniaques ont par ailleurs entrepris un périple de 110 kilomètres à pied pour y assister. Partis jeudi de Nezuk, dans le nord-est du pays, ils comptent arriver à temps pour les funérailles collectives de plus de 780 personnes, exhumées de fosses communes.

D'après un reportage de Jean-François Bélanger

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