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Marcher pour se souvenir

Des villageois de Nezuk regardent défiler les milliers de personnes qui amorcent leur marche vers Srebrenica.

Des villageois de Nezuk regardent défiler les milliers de personnes qui amorcent leur marche vers Srebrenica.

Photo : AFP / Elvis Barukcic

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En Bosnie-Herzégovine, plus de 5000 personnes entreprennent un périple de 110 km qui les mènera à Srebrenica, où se tiendra dimanche une cérémonie commémorative du massacre qui y a été commis il y a 15 ans par les forces serbes.

En Bosnie-Herzégovine, plus de 5000 personnes ont entrepris, à pied, jeudi, un périple de 110 kilomètres qui les mènera à Srebrenica.

Parties du village de Nezuk, dans le nord-est du pays, elles devraient arriver samedi soir à leur destination, où aura lieu le lendemain une cérémonie commémorative pour marquer le 15e anniversaire du massacre.

À cette occasion se tiendront au cimetière de Potocari les funérailles collectives de plus de 780 personnes, exhumées de fosses communes.

Quelque 3700 autres victimes ont déjà été enterrées dans le cimetière Potocari.

Le massacre de Srebrenica

« Le 6 juillet 1995, les forces serbes de Bosnie, menées par le général Ratko Mladic, lancent une offensive contre Srebrenica, une enclave bosniaque pourtant décrétée « zone de sécurité » par l'ONU. Ils y entreront finalement cinq jours plus tard sans rencontrer de résistance significative de la part des 400 Casques bleus néerlandais chargés de protéger la zone.

Au cours des jours qui suivront, plus de 8000 hommes et garçons bosniaques seront exécutés, au cours du pire massacre commis en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale.
- Extrait de notre dossier La Bosnie, 15 ans plus tard

« Nous avons été séparés le 11 juillet 1995. [Mon mari et mes deux fils] ont fui vers la forêt, et j'ai cru que je les reverrais dans les jours qui suivraient.
J'ai perdu toute ma famille en un jour.
Maintenant, je dois enterrer les trois la même journée. »

— Une citation de  Hatidza Mehmedovic, dont les corps de ses proches seront enterrées dimanche.

La marche a été organisée en l'honneur de 15 000 survivants du massacre, qui avaient réussi à prendre la fuite. Les marcheurs emprunteront le même parcours.

L'identification des victimes : un processus ardu

Les ossements d'au moins six corps différents ont été retrouvés dans ce charnier, mis au jour il y moins de deux semaines.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les ossements d'au moins six corps différents ont été retrouvés dans ce charnier, mis au jour il y moins de deux semaines.

À ce jour, les profils génétiques de plus de 6400 victimes ont pu être établis grâce à l'analyse d'ADN, selon l'International Commission on Missing Persons. Les experts ont pu accoler un nom à 5000 des victimes.

L'identification des victimes est un processus long et difficile. Afin de masquer l'ampleur du massacre de Srebrenica, les troupes serbes ont déplacé plusieurs cadavres après les avoir enterrés. Certains ont été transférés d'un premier site d'enfouissement à un deuxième, puis un troisième, voire un quatrième, à l'aide de bulldozers.

En conséquence, les restes d'une seule victime peuvent être dispersés sur plusieurs charniers.

Les victimes exhumées jusqu'à présent proviennent d'environ 100 sites, en majorité des fosses communes de cinq personnes ou plus.

Les autorités viennent d'amorcer, en juin dernier, des travaux d'exhumation dans un autre site, situé dans le village de Zalazje, près de Srebrenica. Des fouilles doivent encore être effectuées sur une douzaine d'autres terrains, au moins.

Les autorités n'ont pas émis de certificats de décès pour les personnes présumées mortes, mais dont le corps n'a pas été identifié. Par conséquent, 15 ans après le drame, leurs veuves ne peuvent toujours pas bénéficier d'une pension.

D'après un reportage de Jean-François Bélanger

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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